[Manganimation.net] Viewing Journal

Le Portrait de Petite Cosette

Fil des billets - Fil des commentaires

lundi, février 28 2005

OAV 02



Un rythme très lent dans cet OAV, nébuleux au début, puis lyrique avec beaucoup d'images, presque mystique à la fin avec des allers et retours entre réalité et monde parallèle (l'esprit de Cossette ou Eiri ?). En tout cas on contemple beaucoup dans cet épisode, et c'est un peu dommage car d'une part on suit un peu le même schéma narratif que dans le permier oav, et d'autre part je trouve qu'il est moins beau et moins bien animé.

Cela dit, je retiens une excellente ambiance sonore. Tous nos sens sont en éveil ici, tout comme ceux des personnages. C'est ainsi par exemple que l'on verra des ampoules s'allumer en gros plant, en entendant distinctement la circulation de l'électricité lors de la mise en marche. La musique tient elle aussi une part importante, avec quelques scènes sans parole. Revers du choix de Yuki Kajiura en compositrice, on retrouve un peu trop son style (Noir et .Hack) surtout lors des passages au violon...

Côté histoire, Eiri rencontre Cossette de plus en plus souvent et se détache de sa vie sociale. Le nom de Marcello le hante et il n'aura cesse de demander des détails à Cossette, qui semble peu loquace et énigmatique sur le sujet : Eiri a été scellé à Cossette par le sang dans l'épisode précédent et il doit se contenter de rester là et souffrir. Ce n'est que plus tard qu'on apprendra ce que l'on redoutait, à savoir que ce fameux Marcello, emprunt de folie, a tué Cossette et cette dernière se venge par l'intermédiaire d'Eiri, qui acceptera sa peine par amour.

Les amis d'Eiri s'inquiètent de ce qui lui arrive et une amie essaiera de rompre le charme grace à des pouvoirs psychiques. Quant à l'autre, dont on suppose qu'elle est amoureuse, elle tiendra certainement un rôle important dans l'oav final, car c'est la seule à voir les effets physique dévastateurs des attaques psychiques de Cossette.
Ces attaques sont d'ailleurs très métaphoriques et j'avoue rester perplexe devant toutes ces scènes. Espérons que le troisième et dernier OAV tranchera avec les précédents et nous offrira un bon final...

dimanche, mai 23 2004

OAV 1


Whaou. Wabadabadou même. Pour une fois, je ne tarirais pas d'éloges sur ce qui apparaît pour moi comme le meilleur anime de cette rentrée japonaise. Il sort réellement de la masse de fan service que l'on nous a servis cette fois (attention, je ne dénigre pas, mais ça manque quand même d'originalité tout ces robots et magical girls). Tant au niveau graphique que scénaristique, cet anime commence d'une manière extraordinaire. Tiens, lancer le d/l avant de lire ce viewing journal, ça vous fera gagner du temps.

Commençons par ce qui frappe de prime abord : la qualité graphique. L'animation est tout à fait dans la norme de ce qui se fait en matière d'OAV. Il n'y a pas de saccade, les mouvement sont fluides, les effets très sympathiques (je pense particulièrement aux mers de sang vers la fin). Rien à dire de ce côté-là, mais rien d'exceptionnel non plus étant donné qu'il n'y a pas de scènes rythmées à proprement parlé (on est pas dans Macross Zero).

Pour ce qui est de l'ambiance graphique en elle-même, l'anime fait se succéder des plans style aquarelle (comme le plan d'introduction) avec d'autres très réalistes et sombres, ainsi que des images colorées. Mais attention, quand je parle de couleurs, ce n'est pas comme dans un shôjô pour adolescent pré-pubère. Cela ressemble à une cathédrale, pleine de tons rouges, bleus, jaunes, imprimant une sensation de malaise constant. Cette ambiance gothique à souhait est relevée par une scène finale qui tient du rêve, où le héros se noie dans des marres de sang, volant au beau milieu d'un squelette géant...

Cela nous ammène à la mise en scène de l'anime, elle aussi remarquable. On savait les japonais doués pour les plan sortis de nulle part. Ici, nous en avons une belle démonstration. Une bonne partie des dialogues sont vus " de loin ", à savoir d'une pièce éloignée à travers une porte ou bien d'un trou de souris, par exemple. Et, en opposition à ce genre de plans très éloignés, on passe directement aux visages des protagonnistes, puis une fixation sur un élément du décor, et ainsi de suite. C'est une chose très marquante dans cette mise en scène, à tel point que, par moment, on perd le fil de l'action, tant la caméra bouge. Une différence non négligeable, marquant encore une fois, l'originalité de cet anime.

La musique de Yuki Kajiura sert merveilleusement cette ambiance. Autant on sent énormément sa trace (entendre par là qu'elle se repose un peu sur ses lauriers la petite, et ne joue pas la nouveauté comme une Yoko Kanno, changeant de style à chaque OST), autant cela accompagne extrêmement bien l'anime. L'élecronique et les voix se mêlent très bien, renforceant le gothique de la production. Il y a également de très bonnes partitions comme lors du flash-back du héros sur sa première rencontre avec Cossette. Toutefois, une petite déception subsiste, probablement car malgré le soin apporté, cela reste un peu trop commun.

Le dernier point, et l'un des meilleurs, est le scénario. Au revoir Haibane Renmei et son conte mélancolique, bienvenue à cette fable fantastique travaillée. On comprend ce qui se passe malgré le mystère et le glauque qui entourent l'anime. C'est d'ailleurs un point fort de l'anime. Il ne joue pas la carte du " secret mystérieux, appelons scoubidou " comme pouvait le faire Lain ou Blame!. L'histoire est complexe, mais l'on est pas submergé sous un flot d'informations inutiles, destiné à perdre le spectateur. On ne peut qu'applaudir cette initiative. Mais attention, le flou est toujours présent, et il faudra probablement attendre la fin pour que tout s'éclaircisse, comme la dernière partie par exemple, où le héros se transforme en une sorte de vampire-démon bizarre ou encore le " Sleep in peace eternlay " de Cossette.

On peut remarquer que ce genre fantastique reste relativement rare dans l'animation. A part Boogiepop Phantom, et dans une certaine mesure (graphique) Soul Taker... Et vu la qualité de cette production, on ne peut que s'en plaindre. Mais ici, pas de boules de feu, de love story enfantine : place à un univers très adulte comme ceux de Lovercraft ou Maupassant.

Une petite crainte quand même : comment les scénaristes vont-ils géer cela sur les deux prochaines OAVs ? C'est certes très impressionnant sur un épisode, mais qu'en sera-t-il sur la globalité ? Vu la faible durée de la série, on peut espérer que l'histoire ne se perdra pas en détours rocambolesques... Reste qu'il s'agit là d'une énorme réussite, tant au niveau graphique que scénaristique, disposant d'une ambiance vraiment prenante.