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05/08/2009 | Rukawa

The Sky Crawlers


Titre VO : スカイ・クロラ
Basé sur une série de romans écrits par Hiroshi Mori et illustrés par Kenji Tsuruta
Studio :
Réalisateur : Mamoru Oshii
Character-Design :Tetsuya Nishio
Compositeur : Kenji Kawai
Diffusion au Japon :
Genre :
Licence Française :
Durée :

Sky Crawlers de Mamoru Oshii

L'homme guerrier ne veut pas se battre de nouveau et il conditionne son fils dans la même veine d'opposition aux guerres, mais les petits-fils apprennent à voir la guerre comme romantique.

Quincy Wright

Look ! Up in the Sky ! It's a Bird... It's a Plane...

Dans un présent alternatif, où les guerres ne sont que vestiges d'un lointain passé, deux sociétés rivales, Lautern et Rostock, organisent un conflit fictif pour le spectacle. Cette mise en scène est un mal nécessaire afin de ne pas oublier que, si la paix est aujourd'hui établie, c'est grâce à cette atrocité.
Mais cependant, ce sont des humains génétiquement modifiés qui sont envoyés au front : les Kildrens. Il s'agit en fait d'adolescents, qui ne peuvent vieillir et dont la seule possibilité de décès est le champ de bataille ... Yuichi Kannami est l'un d'entre eux.
Nous suivrons son quotidien, ses journées à la caserne, en attendant d'aller au front.

Malgré un sujet de base intéressant, ce film s'avère quand même quelque peu ennuyeux, où même les combats aériens ne sont guère passionnants, il est vrai, peu aidés par une narration très lente. On pourrait les accuser de casser le rythme ... si seulement il y en avait un ... On peut néanmoins constater que ce spectacle demeure magnifique.
En effet, dès les premières images, le spectateur est frappé par la qualité technique du film. Comme à son habitude sur ce point, Mamoru Oshii nous livre une animation en avance sur son temps. Autre retour à la bande son, l'ami de toujours du réalisateur, Kenji Kawai. Ce dernier nous offre une composition toujours aussi agréable à l'écoute, avec des musiques s'adaptant parfaitement aux diverses situations.
On peut aussi remarquer quelques clins d'oeil aux oeuvres antérieures du réalisateur avec un personnage nommé Kusanagi ou un autre Jinrou, en effet Oshii ayant été le scénariste de Jin-Roh, la brigade des loups.
Autre point récurrent, le réalisateur nous transmet un message philosophique : des enfants avec un esprit d'adulte, jouant le jeu d'une guerre organisée par les adultes, dans un but non avoué, mais qui peut être mis en relation avec la société de divertissement actuelle -surtout japonaise- où des adultes continuent a se réfugier dans des univers parallèles et acceptent les règles établies.

Si vis pacem, para bellum

Toutefois, il s'agit d'une guerre avec des contours mal définis, même si elle nous rappele vaguement la seconde guerre mondiale.
Mais sans plus, car on pourrait plutôt assimiler cette guerre à une sorte de Big Brother à pions interchangeables, où Kannami débarque au début de l'histoire pour remplacer un autre Kildren, tombé au champ d'honneur.
Cependant, ce point de l'histoire n'est pas développé dans le film. Des 'gentils' se battent contre un ennemi invisible dont on ne saura pas grand chose au final. Il y aura tout de même un cri dans la nuit sur le sujet 'mais pourquoi doit-on se battre ?', mais guère plus, pas vraiment de pamphlet sur 'la guerre c'est mal' ou encore 'ce n'est pas ma guerre'.
De ce fait, même si nous n'assistons en rien ici à une critique directe de la guerre, on peut légitimement se poser la question, justement sur ce retour cyclique des conflits, car l'homme n'a fait que guerroyer depuis la nuit des temps.
La guerre serait-elle donc appréciable ? Ou est-elle inévitable et vivons-nous par habitude dans cet éternel recommencement ? La guerre est-elle la seule manière de maintenir une paix illusoire ? Après tout, il s'agit bien ici-même de louer les bienfaits de cette mascarade grandeur nature, car sans elle, il est bien indiqué que ce monde en paix ne serait pas là. Et pour préparer la paix, il faut faire la guerre ...

Plus haut, je louais les qualités artistiques des combats aériens de ce film. Cependant, en dépit de leur beauté plastique, ces combats me semblent sans d'âme, aucune émotion n'étant véhiculée. Une certaine froideur souffle dans ce grand bleu céleste et vide, où même les morts n'ont pas besoin de compassion.
Est-ce là un moyen de justifier qu'après tout, les soldats ne sont que des pions ? Surtout que ce film est totalement amoral. On pourrait alors faire un comparatif facile, dire que ces Kildrens ne seraient que de simples salariés. Après tout, cette guerre, c'est leur boulot à eux. Travailler est l'un des rares moyens de couper l'ennui, vu que l'objectif n'est pas de s'amuser. C'est ainsi, à partir de là, que certains peuvent connaître des désillusions résultant des diverses circonstances de la vie, où chaque enfant, une fois devenu adulte, rentrera dans le moule d'une société uniforme (notamment la japonaise, encore plus stricte à ce niveau que notre Occident). Dans la majorité des cas, tout humain vit les meilleurs moments de sa vie avant l'âge adulte, là où on ne connaissait encore que l'insouciance. Mais aujourd'hui, même cela on l'oublie, et on vit comme si on était poursuivi.
Et pourquoi devenir adulte s'il faut mourir demain ? Voilà une manière de justifier la métaphore de ces adolescents soldats, qui eux peuvent jouir de l'immortalité et de cette insouciance, même s'ils ne sont que des moutons instrumentalisés.

Une mélancolie désarmante ...

En fait, ce qui est imposé est le point de vue neutre du héros, Kannami, qui ne se pose pas de questions et n'obéit qu'aux ordres : parce que c'est amusant, ou plutôt, parce qu'il n'a rien d'autre à faire de ses journées, alors pourquoi pas. Après tout, ce n'est encore qu'un gosse et qui n'a jamais joué à la guerre étant petit ?
En fait, on pourrait différencier trois points de vue : celui de Kannami ou des garçons en général, nonchalant voire carpe diem, et celui des filles, avec Kusanagi d'un côté qui en a assez de cette immortalité et sur l'inutilité de la guerre qui ne l'amuse plus, et Mitsuya qui se pose aussi la question de pourquoi être née si c'est pour ne servir que de chair à canon et d'autres questions métaphysiques.
On retrouve le thème des femmes fortes qui essayent désespérément de se sortir du cercle infernal de leurs renaissances en se posant les bonnes questions alors que le héros se laisse vraiment porter, apathique et amorphe pendant près de deux heures. Elles s'interrogent sur leur place dans un monde qui ne leur accorde qu'une seule perspective d'avenir, où la mort et le suicide ne sont que des échappatoires temporaires et où survivre ne sert qu'à sombrer un peu plus dans la déchéance en regardant les compagnons perdus revenir à la vie sans aucune souvenir.
Les filles seraient donc plus enclins à se remettre à question et vouloir casser l'ennui de leur propre initiative ? Ce n'est pas faux, quand on sait que la plupart des ruptures amoureuses viennent du fait que l'homme n'est plus capable de distraire sa bien-aimée et est incapable de casser le piège ce que tout le monde appelle la monotonie du couple.

Toutefois sous le son de ces bombardements, le film arrive tout de même à se conclure sur une note hyper positive : 'Même si on marche tous les jours sur la même route, ce ne sont pas les même décors que l'ont voit'.
La vie n'est donc pas si monotone que cela selon Mamoru Oshii, vu que ce ne sont pas les mêmes personnes que l'on rencontre, ni le même chemin que l'on emprunte. Mais, de là à prendre ceci comme un message d'espoir pour casser l'ennui perpétuel ...
Au-delà de ces divagations, ce film demeure plus un constat qu'autre chose, Oshii pose un état de fait, ne répond pas aux questions, n'en pose pas vraiment non plus, mais sans laisser les jeunes livrés à eux-mêmes : c'est maintenant à la jeunesse de se débrouiller, car ce n'est pas à des vieillards d'établir un ordre nouveau.

Malgré ses problèmes de rythme, récurrents dans les oeuvres de Mamoru Oshii, Sky Crawler reste un bon film. Mais cependant, une question me taraude l'esprit ... Un film sur l'ennui doit-il lui-même être ennuyeux ?

The Sky Crawlers © Hiroshi Mori / Sky Crawlers Production Committee


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