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13/03/2004 | Rukawa

Nana


Titre VO : ナナ
Auteur :  Ai Yazawa
Date de création : 2000
Genre : Shoujo
Prépublié chez : Cookie
Editeur Français : Akata/Delcourt
Nombres de tomes lus : 8/10 (série en cours)

Nana, le manga de Ai Yazawa

J'étais bien mieux avant, câliné par maman (*Air connu*)

Ce manga pourrait bien s'intituler : "Deux femmes : destins croisés au départ d'une nouvelle vie". Deux jeunes filles portant le même prénom, Nana (aucun lien de parenté avec Nana Mouskouri), ayant le même âge et que tout sépare, se rencontrent, par hasard, dans un train les menant à Tokyo et deviennent les meilleures amies du monde.

La première, Nana Komatsu, est très superstitieuse, assez naïve et rêve plus que tout de rencontrer un jour le prince charmant qui la comblera. La seconde, Nana Ôsaki, est posée et réfléchie et veut aussi accomplir un rêve mais d'un tout autre genre : devenir une star de J-Rock.

Le premier tome se divise en deux parties, racontant chacune l'histoire d'une Nana. Un prologue en quelque sorte, afin de mettre en place les deux protagonnistes principales. Le récit commence réellement avec le second volume, lors de leur rencontre fortuite...

Bon, c'est vrai, je n'ai pas fait de réel résumé, je vous laisse le soin de lire le livre vous même. J'ai simplement posé les bases de l'intrigue, la réunion, donc, de deux filles aux caractères totalement opposés. Je vais plutôt vous décrire un peu plus en détails les deux héroïnes avec un léger risque de spoils. Vous voilà prévenu si vous n'avez pas encore découvert ce petit chef-d'oeuvre...

 

Mon nom est Na... Nana...

Nana Komatsu :

Le premier chapitre commence par un monologue décrivant sa situation initiale : elle a une vie assez banale dans une ville de taille moyenne, est cadette d'une famille de trois enfants et ses parents ne sont ni riches ni pauvres. Elle est de nature très superstitieuse et se croit maudite par le "Roi des Démons". En effet, le chiffre 7 se dit nana en japonais, et notre charmante héroïne pense que tout ses malheurs proviennent de là.

Le chiffre 7 a un caractère rituel à la base de la métrique japonaise, voire de l'Asie (influence chinoise en général, néanmoins). Presque tout fonctionne par 7 : la fête du Tanabata, qui célèbre la légende chinoise du Bouvier et de la Tisserande, qui se déroule le 7e jour du 7e mois (en réalité, ce serait plutôt vers le 15 août, vu que les japonais utilisent le calendrier chinois...), vous savez, cette fête estivale qui apparaît souvent dans les animes japonais, avec feux d'artifice et kimonos de sortie. Les décès sont célébrés pendant 7 jours au Japon, les 7 Fujukin (divinités du bonheur, priées lors du Nouvel An japonais, représentant la richesse, la réussite, la santé, la sagesse, l'amour, le travail honnête et le fait de ne pas manquer de nourriture), les 7 boules de cristal dans Dragon Ball Z, les 7 cicatrices de Ken symbolisant la Grande Ourse dans Hokutô no Ken, Blanche Neige et les 7 nains... Hum non, là, je m'égare...

Nana Komatsu Nana Komatsu Nana Komatsu

La douce, frivole, sur-excitée et surtout versatile Nana... Rêver sans jamais savoir ce qu'elle veut réellement... Toujours besoin d'un soutien, d'une épaule sur laquelle s'appuyer, et pourtant, elle renferme une gentillesse extrême...

Donc, Nana est assez superficielle et instable niveau amour. Une situation difficile à gérer lorsque l'on tombe si facilement amoureuse (avec attirance particulière pour les personnes d'âge mûr). Elle jongle aussi avec les baito (petits boulots).

Sa meilleure amie s'appelle Junko qui, au contraire d'elle, sait ce qu'elle veut : entrer dans une école d'art. Après avoir obtenu son bac, Nana suit Junko en fac et rencontre Shoji, qui deviendra son meilleur ami, amitié se transformant peu à peu en amour. Un homme ne peux pas devenir ami avec une femme, c'est connu, et encore moins le rester lorsqu'il y a eu rapport pendant leur séjour à Tokyo. Ils y passeront des examens et seront tout deux recalés... Mais ce dernier décidera de rester dans la capitale alors que Nana rentrera dans son patelin. Cette relation [téléphonique] durera un an jusqu'au moment où notre héroïne montera à nouveau en ville pour habiter avec l'homme de sa vie. Mais, tout n'est pas si facile et ce manga ne serait pas intéressant s'il n'y avait pas un " mais " nommé Sachiko.

Même si Shoji essaye d'abord de l'éviter, par superstition, il en tombera malheureusement amoureux. En effet, au début, Nana, qui a décidément une imagination débordante, avait inventé le personnage de Sachiko en croyant que Shoji la trompe avec cette " enfant sage "... Ironie du sort, ce qui n'était que le fruit d'une rêverie devient une pure réalité... Nana devra s'accrocher pour surmonter son désespoir...

Qui ne tomberait pas sous le charme d'un tel regard sensuel et suppliant ? Des yeux dans lesquels on aurait envie de plonger, de se perdre... De contempler pour l'éternité son reflet dans ces pupilles pleine de douceur..

On pourra rajouter que Nana est assez simplette (est-elle blonde ? cela expliquerait pas mal de choses...), immature et capricieuse. L'archétype d'un personnage détestable. Mais pourtant, tout ses défauts apportent une des touches d'humour du manga. C'est une fille sentimentale et rêveuse qui arrive à nous toucher. Elle est aussi très déterminée, malgré les apparences. Ainsi, elle deviendra de plus en plus mature au fur et à mesure que l'histoire progresse. C'est certainement un des traits les plus intéressants du manga : la voir évoluer. Pour quelq'un qui a le QI d'un Pokémon, on ne pouvait pas trouver meilleur terme...

Elle sera vite surnommée Hachi (huit en japonais) par Ôsaki Nana... Je suis sûr qu'elle ferait un malheur dans Gundam Wing avec Hiro (1) Duo (2), Trowa (3), Quatre (4), Wu-Fei (5)...

 

 

Nana Ôsaki :

Idem pour elle, le premier chapitre la concernant commence par un monologue décrivant sa position de départ dans l'aventure. Elle a eu une enfance assez rude (elle est orpheline et a été élevé par ses grands parents) et de ce fait est assez indépendante. Nana est chanteuse dans un groupe de rock, où elle a rencontré le grand amour de sa vie, Ren, le beau bassiste brun ténébreux.

 

Mais celui-ci devra faire un choix pour sa carrière professionnelle et sa petite amie : en effet, une opportunité s'offre à lui : rejoindre un groupe de J-Rock à la mode : TRAPNEST. C'est là que leurs chemins se séparent. Ne se décourageant pas, Nana décide, elle aussi, de quitter le groupe et d'aller vivre à Tokyo pour réussir seule dans la musique. Oui car elle veut rester toute seule et qu'à 20 ans, on est invincible et rien n'est impossible. C'est là-bas qu'elle rencontrera Komatsu Nana. A peine auront-elles fait connaissance que Nobu, le guitariste du groupe, montera également sur la capitale pour convaincre Ôsaki Nana de continuer à chanter avec lui.

 

Nana accepte à une seule condition : trouver quelqu'un prêt à devenir meilleur bassiste que Ren. Ce sera chose faîte avec Shin'ichi, un mystérieux gamin de 15 ans, n'allant pas à l'école et ne semblant pas avoir de domicile fixe, mais ne vivant vraisemblablement pas dans la rue. Après une longue hésitation, le batteur, Yasu, les rejoint pour recréer BLAST...

 

Ôsaki Nana a un caractère totalement opposé à celui de l'autre Nana. Elle est plutôt terre-à-terre, réaliste, et ne mâche pas ses mots. Cette jeune fille n'a pas l'air de travailler, on peut se demander comment elle fait pour survivre et s'acheter tout ses vêtements... Nana semble avoir un mental à toute épreuve mais reste quand même une personne sensible, comme lors de ses retrouvailles avec Ren, où elle laisse éclater ses sanglots. Nana est aussi très déterminée et sait ce qu'elle veut. Une sorte de rivalité va ainsi naître entre elle et la chanteuse de Trapnest. Elle est également très possessive, comme le montre le cadenas que porte Ren autour de son cou.

 

Nana Ôsaki Nana Ôsaki Nana Ôsaki

Et bien, j'ai écrit beaucoup moins de choses sur Ôsaki Nana car la narratrice principale est plutôt Komatsu Nana. Mais elle n'en est pas moins follement intéressante. Certes, elle ne changera pas énormément de comportement mais au fur et à mesure de l'histoire, on percera un peu mieux sa personnalité, ainsi que celle des membres du groupe. En effet, il est assez complexe de dissocier les pérégrinations de cette Nana de celles de Nobu et Yasu, principalement, et de Shin, néanmoins.


Nana Nananana I can't stand your nagging any more (*Air connu*)

En fait, je ne lis pas souvent de shôjô, je les trouve, pour la plupart, chiants et ennuyeux (Angel Sanctuary pour n'en citer qu'un, mais cela reste mon avis.

 

Bref, Nana est un des rares shôjô que je trouve bien et que j'ai réussi à lire facilement. Mais celui-ci est mon grand coup de coeur du moment (je dois être en manque d'amour... D'ailleurs je cherche une copine, si vous êtes intéressée, n'hésitez pas).

 

L'intrigue, somme toute assez basique, parvient néanmoins à rester passionnante : la vie quotidienne de deux jolies jeunes femmes, d'une vingtaine d'années, totalement opposées en tout point. Mais on pourrait dire que leur relation est complémentaire. C'est un duo assez surprenant, tellement ce contraste est bien organisé, et Hachi rajoute une belle touche de spontanéité et de fraîcheur dans ce " couple ". Même si la trame principale de l'histoire gravite autour des 2 Nana, l'auteur développe également la personnalité des autres personnages secondaires qui ont, bien sûr, leur propre charisme.

 

Le dessin est loin d'être exceptionnel (les corps sont un peu trop maigrelets, on va dire... l'auteur est-elle anorexique ?) mais la manière dont ressortent les sentiments est assez surprenante. Les visages des protagonistes sont faits de telle façon que, par moment, on arrive presque à discerner les émotions dans les yeux de nos héros. On peut d'ailleurs se concentrer exclusivement sur cette partie du corps, qui donne toute leur âme aux personnages. Par contre, les décors ne sont pas très élaborés, bien que cela ne soit pas gênant.

Je trouve que le manga devient encore plus intéressant à partir de l'apparition de Sachiko (la vraie, pas la fille imaginaire ^^). Tout démarre de ce point précis, Komatsu Nana peut vraiment commencer sa nouvelle vie, sans se soucier du passé et avec ses autres fréquentations qui font partie, en l'occurence, du petit monde de l'autre Nana.

 

Il y a également un sujet qui donne envie de suivre cette petite épopée jusqu'à la fin : de petites phrases de la " narratrice " qui semble être Komatsu Nana. Ces quelques notes, disséminées à la fin de certains chapitres, créent un petit suspens sur fond de tragédie... On a la vague impression que tout est déjà terminé et qu'elle se remémore des événements antérieurs... La fin du manga risque donc de faire couler quelques larmes...

 

Par contre, il manque à ce manga une adaptation en anime digne de ce nom avec une OST contenant des chansons J-Rock de Blast et de Trapnest (Yeah, comme les Bee-Hives et Creamy Mami !!!). Je pense que là, les fans seraient comblés.

 

Je vous conseille de découvrire cette excellente série, si cela n'est déjà fait. Surtout que Akata/Delcourt a produit un très bon travail avec énormément de notes explicatives. Par contre, l'éditeur a commis l'erreur de sortir un peu trop vite les tomes. En effet, la France va bientôt rattraper l'édition japonaise et l'attente deviendra de plus en plus longue pour les aficionados... Notons néanmoins une grande première, la traduction du Data Book (le volume 7:8) pour Septembre 2004. De quoi se faire apprécier des fans.

 

Ai Yazawa nous signe ici une oeuvre bien plus mature des habituels shôjô débarquant en France. Et pour une fois que j'apprécie un shôjô, il serait idiot de ne pas en profiter.


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