Metropolis - Reviews - Manganimation.net, Manga Anime, news & reviews
Network
     

↓

21/06/2002 | Rygel

Metropolis


Titre VO : メトロポリス
D'après l'oeuvre d'Osamu Tezuka
Studio :  Madhouse
Réalisateur : Rintarô
Character-Design : Yasuhiro Nakura
Scenariste : Katsuhiro Ôtomo
Compositeur :  Toshiyuki Honda
Diffusion au Japon :  26 Mai 2001
Sortie en France : 5 Juin 2002
Genre :  Science fiction
Licence Française : 

Metropolis est récemment sorti en France et a pas trop mal marché au Japon tout en recevant une très très bonne critique, que ce soit de la part des "professionnels" que des spectateurs. Il y a d'ailleurs un petit topo dans l'Animeland de ce mois ci, juste après les deux pages sur Hellsing (miam :p)
Le film est adapté d'un manga d'Osamu Tezuka, c'est donc normal qu'au niveau character-design, c'est le même style qu'Astro le petit robot, que les plus vieux d'entre nous connaissent sûrement. Enfin, en voyant les dessins vous comprendrez tout de suite.
Pour le scénario c'est Katsuhiro Otomo, qui s'y est collé. Je précise, c'est l'auteur d'Akira pour les deux incultes du fond.  Rintarô, le réalisateur, est aussi maître en la matière.

L'histoire se passe dans le futur, dans une gigantesque ville découpée en plusieurs zones et avec le monde de la surface où vivent les gens aisés et le monde qui se trouve au dessous où vivent les pauvres, sans lumiere et parmis les detritus. Pour ceux qui ont joué au début de FF7, la ville est à 95% la même que Midgar.

Les robots humanoïdes cohabitent avec les humains tout en restant sous leur controle.
A la tête de la ville se trouve un homme qui a commandé un robot super perfectionné et qui aura pour destin de gouverner le monde entier. Paradoxalement, son fils, lui, est le fondateur d'une organisation semi-secrète qui se charge d'éliminer les robots qui sortent de leur territoire et il ne supporte pas l'idée que ce soit un robot qui gouverne le monde.

Le robot super perfectionné : Tima, est en fait une fille qui est receuillie par Ken'ichi, un garcon plein de bonne volonté et lui apprend à parler. Ils se lieront d'affection avant que son destin ne la rattrape.

Que dire d'autre à part que c'est du très bon anime, très réalisé, la 3D étant notament très bien incorporée. La bande son est digne de Cowboy Bebop c'est à dire un mélange de sons "futuristes" contrastant avec du jazz des années 50.
Le concept n'est certes pas très novateur mais la manière de l'aborder l'est.
Ce qui est claire c'est que ce film est bourré de symboles qu'une seule vision ne permet pas d'assimiler.

L'ANALYSE (spoiler à donf)

On arrive dans un univers urbain où les décors réalisés en image de synthèse écrasent les personnages dessinés à la main presque vulgairement pourrait-on dire. Le contraste est si grand entre le design des bâtiments qui sont grandioses et celui des personnages, aussi bien des robots que des humains, qui semble sommaire voire caricatural qu'un étrange sentiment d'oppression naît dans l'esprit du spectateur. Manifestement la ville ou plutôt la metropolis est un personnage à part entière qui a son propre rôle dans cette histoire.

Mais revenons justement aux personnages de cette histoire: un vieux détective privé avec une grosse moustache, son neveu Ken'ichi, un homme influent qui tire les ficelles du pouvoir, son fils adoptifs chef de la milice, le président de Metropolis, un vieux savant cybernéticien. Voilà pour les humains. 
Mais les robots ont eux aussi un rôle dans cette histoire, et plus spécialement le robot de la police qui aide le détective, le robot chargé de l'entretien, et enfin Tima. 
Tima qui est le personnage principale de cette histoire avec Ken'ichi. 
Très vite on se rend compte que l'amour nait entre les deux protagonistes et l'on craint être emporté dans une histoire à l'eau de rose, heureusement il n'en ait rien. En fait Metropolis recèle sous bien des aspects une société à deux vitesses: la ville du haut et la ville du bas (clin d'oeil à Midgar dans FF7?), la bourgeoisie et le prolétariat, le pouvoir dictatorial et la révolution, les humains et les robots...

Que d'opposition même dans une ville aussi grande que Metropolis. Il apparait donc évident que la situation est explosive, mais encore faut-il une étincelle pour mettre le feu aux poudres. Cette étincelle intervient dans le personnage de Tima, personnage pur et angélique mais enjeu de nombreuses envies et ambitions. Elle est au coeur de l'histoire mais pourtant elle semble s'en démarquer curieusement (un peu comme le personnage d'Akira dans l'oeuvre du même nom). Mais le plus remarquable c'est l'ambiguité de son personnage, la dualité qui ressort de sa nature même. Est-elle un robot, une vulgaire machine destinée à dominer le monde ou bien est-elle un être humain voué à l'amour? Le réalisateur nous montre d'abord la Tima humaine, être innocent fragile mais attachant puis la Tima robot, être impitoyable voire démoniaque et enfin la Tima à la fois robot et à la fois humaine en nous montrant une Tima dont la moitié du corp a perdu sa chair et laisse paraître sa mécanique et dont l'autre moitié est intact et laisse percevoir ses fragments d'humanité perdue. 
Ainsi Tima sauve metropolis en unissant ce qui s'opposait avant et la fin du film où Kenichi choisit de rester parmi les robots montre symboliquement que l'union ou plutôt la fusion entre les machines et les hommes est accomplie. Fusion dans le sens où les robots semblent plus humains, comme si ils avaient hérité de cette partie de Tima.

Pour ce qui est de l'ambiance générale, les rebondissements sont nombreux et l'action omniprésente, le tout est désservi par une excellent bande originale style jazzy. Musique qui semble étrange voire malvenue dans cette univers mécanique, mais si on y réfléchit bien elle semble logique. En effet il manquait une opposition au personnage froid et asseptisé de Metropolis, cette opposition est incarnée par cette musique chaude et humaine. Et la destruction de métropolis sera marquée par la victoire assourdissante de la musique qui retentira dans une hymne finale à l'humanité.

Pour conclure on notera que la morale de cette histoire n'est pas tant le fait que les robots sont des êtres comme nous mais plutôt qu'il ne faut pas réprouver notre caractère humain, ne pas tout confier à la dangereuse perfection de la robotique, mais plutôt cultiver cette humanité qui nous est si chère car c'est la seule chose que l'esprit humain n'a pas encore réussi à reproduire.

Petit bijou au point de vue technique, ce film s'appéciera seulement si le spectateur va au-delà des apparences. Loin de la poésie de Chihiro, loin de la violence d'Akira, loin du charme de Mon voisin Totoro et loin de la mythologie de Princesse Mononoke, ce film inaugure l'apparition hors du japon d'un nouveau genre de film d'animation. Un genre dans lequel habituellement les producteurs européens hésitaient à investir. Mais heureusement l'arrivée de la mode de la japanimation a ses points positifs. Et je dirais que Metropolis est un très bon film bien que je trouve qu'il manque un peu d'ambition. Et c'est pourquoi il arrive dans mon coeur après Chihiro.
Mais peut-on comparer deux genres si différents, c'est peut-être la vrai question à se poser.


Commentaires

2011-11-05 17:25:08 | Rygel

ouh laa c'est vieux comme review... je m'excuse à l'avance pour le style et les fautes. La partie analyse est heureusement un peu mieux écrite. Par contre je vois que je fais beaucoup référence à FF7. En réalité c'est plutôt FF7 qui s'inspire de l'univers de Tezuka plutôt que le contraire !

Ajouter un commentaire

Shinji Ikari est le héros de quelle série ?



Se connecter

Pôle Emploi

recrutement
Tout le monde en parle

Please RT