Jin-Roh - Reviews - Manganimation.net, Manga Anime, news & reviews
Network
     

↓

11/03/2003 | Akisunera

Jin-Roh


Titre VO :  人狼 (L'homme loup)
Titre VF : Jin-roh, la brigade des loups
Studio : Production I.G
Réalisateur & Character-Design : Hiroyuki Okiura
Scénariste : Mamoru Oshii
Compositeur :  Hajime Mizoguchi
Sortie au Japon : 3 juin 2000
Sortie en France : 17 novembre 1999
Genre :
Licence Française :
Durée :  1 heure 42 minutes

 Jin-Roh, la brigade des loups

Promenons nous dans les bois ...

Une dizaine d'année après la "grande défaite" de la Seconde Guerre Mondiale (WW2), alors que le Japon se relève, des groupuscules anti-gouvernementaux se développent, faisant régner un climat de terreur.
Le gouvernement opte pour la création d'une unité de combat lourdement armée destinée à lutter contre ces groupes: la Posem. Cette initiative arrive à dissoudre la plupart des ces groupes anti-gouvernementaux, mais des rebelles s'allient pour former un nouveau rassemblement, appelé "la Secte".
Il en résulte de nouveaux affrontements, notamment avec la Panzer, unité d'élite au sein de la Posem.

Fuse est un de ces combattant d'élite faisant partie de l'unité Panzer, mais tout bascule le jour ou Nanami Agawa, un chaperon rouge (filles vêtus de rouge, utilisées par la secte pour le transport de bombes) se suicide devant lui avec sa bombe, alors qu'il hésitait à la tuer ...
Bien qu'il ressorte indemne physiquement de cette explosion, les séquelles psychologiques seront loin de s'effacer si facilement. C'est alors qu'il rencontre la soeur de cette fille, avec qui il va petit à petit s'attacher ...

Jin-Roh la brigade des loups nous raconte donc un passé hypothétique de l'après-guerre, mêlant les ambiances glauques des égouts de Tôkyô au conte du Petit Chaperon Rouge (Rotkäppchen), le tout dans un design magnifique. Les émotions paraissent même sortir de l'image tant le character-design les retranscrit bien !!
L'histoire tourne autour de la limite entre homme et animal ("Jin-Roh" peut se traduire par "homme loup"), et les musiques accompagnent très bien le récit, nous donnant au final un chef d'oeuvre d'animation à ne pas manquer !!

 

Et le loup dévora l'enfant...

Le scénario de Jin-Roh s'inspire donc d'un conte que tout le monde connait : le Petit Chaperon Rouge (Die Rotkäppchen en Allemand). En effet qui ne connait pas le célèbre Petit Chaperon Rouge ? C'est selon la morale de cette histoire que s'accomplit le scénario de Jin-Roh selon des réfèrences plus ou moins fortes. Cependant, le film ne fait pas allusion à la version que l'on entend dès notre plus jeune age où le dénouement y est heureux, mais à une version bien plus 'macabre', souvent méconnue.
Le scénario semble structuré autour d'une version bien précise du conte, mentionnant le port d'une armure par la fillette et s'orientant vers un repas cannibale.
La version suivante est une version orale du petit chaperon rouge, recensée en 1870 par Jean-Baptiste Victor Smith de la bouche d'une enfant de 10 ans de Vorey en Velay (Haute Loire).

C’était une petite fille qui voulait se rendre chez sa mère car elle ne l’avait pas vue depuis sept ans.

On l’habilla de fer en lui disant :
« Tu iras chez ta mère une fois ton vêtement usé ».
Alors la fillette se frotta contre les murs jusqu’à ce que son armure se déchire.

Après avoir rempli son panier de beurre, de fromage et de pompe elle s’en fut.
A la croisée des chemins, elle rencontra un loup.
Il lui demanda où elle allait, quel chemin elle comptait prendre :
« Le chemin des Epinglettes ou celui des Aiguillettes ? »
« Le chemin des Epinglettes » répondit l’enfant.

Le loup prit le chemin des Aiguillettes, se rendit chez la mère
de la fillette, la dévora, puis mit de côté sa chair et son sang.

La fillette, arrivée à la maison s’exclama :
« Mère ! Ouvre-moi la porte. »
Le loup l’invita à entrer mais, comme elle n’y parvenait pas,
elle passa par un trou.
« Mère j’ai faim. »
« Prends la viande et mange-la » répondit le loup.
De la chatière, un gros chat s’écria :
« Tu mange la chair de ta mère ! »
Le loup rétorqua :
« Jette-lui ton sabot ma mie, jette-lui ton sabot ».
La fillette s’exécuta.

« Mère, j’ai soif »
Le loup lui conseilla de boire le vin, et,
tendit que l’enfant buvait, un oiseau dans la cheminée siffla :
« Tu bois le sang de ta mère ».
Le loup réplique : « Jette-lui ta coiffe, ma mie, jette-lui ».
La fillette fit ce qu’on lui dit.

« Mère, comme j’ai sommeil », soupira t’elle enfin.
Et le loup de répondre :
« Viens coucher près de moi ».
Une fois dans le lit, à la vue du corps de sa mère,
la fillette s’étonna :
« Oh ! Mère, ces grands ongles que vous avez »
- « C’est de vieillesse, ma mie, c’est de vieillesse »,
- répondit le loup.
- « Ces grands cheveux que vous avez ! »
- « C’est de vieillesse, ma mie, de vieillesse ».
- « Mère, que vous avez de grandes dents ! ».
- « C’est pour te manger, ma mie ».

Et le loup dévora l’enfant
Comprendre ce qui s'est passé avant Jin-Roh et ce qui se passera après

La trame de Jin-Roh est intimement liée à l'histoire du Japon d'après-guerre. Même si le film retrace une vision imaginaire du Japon à cette époque, l'ensemble est fortement inspiré de faits réels. Une chronologie est nécessaire pour définir les enjeux politiques, stratégiques ou bien même économiques du Japon que l'on peut comprendre à travers Jin-Roh.

En 1960, il y a eu une série d'émeutes organisées par les syndicats de travailleurs et d'étudiants contre le traité de sécurité. C'est le point de départ du film. Or, cette situation n'est pas sans rapport avec l'époque actuelle, car on peut sentir le même besoin d'émancipation, pour des raisons différentes, aujourd'hui au sein de la société japonaise. En effet tout le monde connait les conséquences morales de la guerre sur le Japon. Le Japon performant et travailleur que nous connaissons tous n'est pas arrivé tout de suite, mais plutôt une suite d'évènements qui se sont voulus revendicatifs et dérangeant pour la politique Japonaise.

Cependant, dans Jin-Roh, le conflit entre opposants et police prend une tout autre ampleur puisque le gouvernement a le feu vert et dispose d'une puissance d'attaque phénoménale (ce qui était improbable en vrai après le contrôle des USA sur le Japon...). Tout de même, il semble que ce scénario, dans certaines mesures, soit tout à fait concevable. C'est sa vision personnelle de l'histoire d'après guerre que Mamoru Oshii veut nous montrer.

Jin-Roh est le dernier film d'animation entièrement réalisé à la main !

Le film a nécessité un travail énorme pour la production. Il aura mobilisé l'intervention de plus de 500 animateurs, intervallistes et coloristes alors que ces métiers sont largement remplacé par l'informatique de nos jours. On peut dire que le réalisateur Hiroyuki Okiura n'a pas choisi la voie de la facilté pour construire Jin-Roh.

En dépit des scènes très difficiles a réaliser à la main comme les mouvements de foules, Okiura pense qu'utiliser les méthodes traditionelles d'animation des années 60 donnera un plus à son film. Il l'explique dans le livret accompagnant le DVD :
'Certains sujets lyriques ou romantiques se marient mal avec la froideur de l'ordinateur. J'aime penser que notre manière d'opérer a apporté un petit supplément d'âme au film. Avec le développement des techniques numériques, l'animation traditionnelle devient obsolète. J'espère qu'avec Jin-Roh nous avons apporté la preuve que des méthodes classiques permettaient encore d'obtenir un résultat magnifique'

On retrouve dans Jin-Roh un réalisme étonnant. L'équipe de production a par exemple utilisé l'emploi des nuances de couleurs qui a permis de peindre au plus juste les expressions de chaque personnage (alors qu'on utilise souvent la technique des ombres portées grisées) :
'Pour moi, le plus important était de restituer le jeu de chaque personnage avec le plus de naturel possible. Pour cela, j'ai apporté beaucoup d'attention aux expressions des visages, et aux détails dans le smouvements des personnages'

On retrouve ce souci du détail dans les décords et les lumières. Par exemple la ville de Tôkyô a été le sujet d'importantes recherches à partir d'archives des années 50. Hiromasa Ogura, directeur artistique explique :
'Ce n'est pas parce que ce sont les années 50 que tout à l'air vieux. Il y avait des bâtiments neufs à l'époque. Le problème était de trouver comment traduire cela à travers les formes et les couleurs. Jin-Roh a quelques chose des vieux films d'actualité que l'on voyait au cinéma autrefois. C'est un film d'animation mais l'atmosphère est proche d'un film en décords réels. J'ai aussi beaucoup travaillé sur la lumière. De nombreuses scènes se passent dans l'obscurité notament la nuit dans les quartiers animés de Tôkyô ou dans les espaces plus sombres comme les égouts. Dans les années 50, les rues étaient mal éclairées. J'ai donc crée plusieurs types d'obscurité et j'ai essayé de rendre les scènes de jour les plus lumineuses possibles. Je voulais ainsi renforcer les contrastes.'

La production 'artisanale' de Jin-Roh a ainsi duré 3 ans. Elle a réuni les plus grands animateurs du Japon comme Shinji Otsuka et Toshio Kawaguchi qui ont collaborés à toutes les oeuvres produites par le studio Ghibli.

La production de Jin-Roh fut un véritable marathon. Il a fallu photographier image après image plus de 100 000 celluloïds dessinés à la main alors que certains films assistés par ordinateur n'en utilisent seulement 10 000. Les prises de vues furent longues, l'équipe technique ne voulant jamais tomber dans le piège de la précipitation afin de donner une qualité exemplaire au spectateur. Les celluloïds s'empilaient donc sur la vitre du banc-titre puis, ce dernier les pressait pour octroyer une netteté parfaite au plan enregistré. Cette opération s'est reproduite plus d'un million de fois !!!

Pour toutes ces raisons, Jin-Roh est l'un des projets les plus ambitieux de l'histoire de l'animation.


Commentaires

Aucun commentaire

Ajouter un commentaire

Que signifie la lettre T dans GTO ? Il s'agit d'une profession et en français ce mot se traduit par professeur.



Se connecter

Pôle Emploi

recrutement
Tout le monde en parle

Please RT