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05/01/2003 | Rygel

Hikaru no go


Titre VO :  ヒカルの碁
Studio : Pierrot
Réalisateur :  Susumu Nishizawan (1-15), Jun Kamiya (16-58), Tetsuya Endô (59+)
Character-Design : Hideyuki Motohashi
Compositeur : Kei Wakakusa
Diffusion au Japon : A partir du mercredi 10 octobre 2001 sur TV Tôkyô
Genre : Shônen sportif
Licence Française : /
Nombres d'épisodes vus :  59/64+, série en cours.

Hikaru no Go, la review de l'anime

Nombreux sont les anime qui traitent de sport, jouant et abusant parfois du côté spectaculaire de la chose que ce soit Captain Tsubasa (foot), Hajime No Ippo (boxe) ou Slam Dunk (basket).
Eh bien, celui dont je vais vous parler maintenant réalise le challenge aussi incroyable qu'improbable de situer son sujet dans un jeu de plateau vieux de plusieurs milliers d'années et pourtant pas très populaire : le Go.

Yumi Hotta et Takeshi Obata, les auteurs du manga dont est adapté l'anime Hikaru no go, sont de vrais génies ! Comment est-il possible de construire un scénario intéressant autour du jeu de go et compréhensible par tous de surcroit ? Sérieux, vous imaginez un dessin animé français ayant pour thème les échecs ?

Le concept génial de cette série est le suivant :

Sai est un très grand joueur de go. Sans doute même le meilleur de tous les temps. Il ne vit que pour une chose : le go ; et il recherche plus que tout la maîtrise du coup divin. En tant que meilleur joueur de son époque, il est l'enseignant personnel d'un personnage très haut placé.

Mais Sai est mort il y a déjà bien longtemps...

Hikaru Shindô est un collégien espiègle tout ce qu'il y a de plus normal. Le go ? je crois bien qu'il ne sait même pas ce que c'est, ou alors très vaguement. Et pourtant...

Un jour, il visite le grenier de son grand père à la recherche d'objets de valeurs susceptibles d'être revendus. Parmi toutes les reliques se trouve un goban (i.e. un plateau de jeu de go), Hikaru n'y prête pas attention, d'autant plus qu'on peut y voir une tache de sang. Sauf qu'il est le seul à la voir... et à entendre une voix.
L'esprit de Sai se trouve ainsi libéré du goban dans lequel il sommeillait et transféré dans le corps de Hikaru, sans pour autant en prendre le contrôle. Il devient alors son compagnon invisible.

Après lui avoir expliqué les circonstances de sa mort, Sai demande avec insistance à Hikaru de jouer au go par son intermédiaire. Le refus de du jeune garçon emplit Sai de tristesse, laquelle est immédiatement ressentie par Hikaru. Ce dernier accepte alors de suivre les directives de son "maître spirituel", le temps d'une partie de go.

Leur adversaire sera Akira Tôya, un enfant du même âge que Hikaru, rencontré dans un salon de go. Akira est le fils de Kôyô Tôya, surnommé Tôya Meijin du fait de son palmares : il est considéré comme l'un des meilleurs joueurs du monde. Et Akira a un avenir très prometteur, quasiment pro, malgré son jeune âge. Mais tout ceci, Hikaru et Sai l'ignorent.
L'issue du match est inévitable. Sai l'emporte haut la main, en jouant style "shidougo/didactique" (donc pas à son meilleur niveau) mais Akira ne voit pas Sai en face de lui, mais Hikaru, un enfant de son âge, qui ne sait même pas tenir les pierres correctement.

Une rivalité entre les deux protagoniste commence à naître.

Sai multiplie les parties, Hikaru n'étant que sa matérialisation physique. Mais, à force de faire jouer Sai, Hikaru commence à s'intéresser au jeu et suit quelques cours pour mieux le comprendre. Il fonde ensuite un modeste club de go dans son école et refuse de rejouer une troisième fois contre Akira, que Sai a déjà battu deux fois. Akira va le forcer à le rencontrer lors du tournoi inter école. Mais Hikaru ayant vraiment pris goût au jeu, empêche Sai de jouer contre Akira, qui l'emporte facilement, non sans être frustré de ne pas avoir d'aversaire à sa mesure.

A partir de là, Hikaru, qui veut jouer par lui-même et non par l'intermédiaire de Sai, pourchassera Akira, lequel pourchassait l'ombre de Hikaru.

Une seule solution : devenir pro.

Franchement, faire le résumé de Hikaru no go n'est pas chose aisée, car même si l'histoire principale tourne autour de la rivalité Shindô/Tôya, il y a une multitude d'intrigues et de personnages plus ou moins secondaires.

Hikaru no go, c'est bien plus qu'une simple histoire de rivaux, c'est carrément une plongée dans un autre monde, le monde du Go. En effet, même si l'histoire est pure fiction et les personnages inventés, le fond lui est bien réel. Et c'est tellement bien raconté que même le parfait néophyte se prendra à comprendre les enjeux et même le jeu en lui-même.

Au contraire d'un Katsuhiro Ôtomo, pour qui les lieux avaient plus d'importance à ses yeux que les protagonistes, les personnages de Hikaru no go ont tous une énorme richesse, ils sont tous crédibles, ils évoluent...

Le personnage central est bien sûr beaucoup mieux décrit, et son déchirement entre son désir de jouer par lui-même ou de laisser jouer Sai est très bien retranscrit.

Mais un autre protagoniste justifie à lui seul de regarder Hikaru no go : Sai.

Déjà c'est lui le moteur de l'anime. Sans Sai, il n'y a plus d'histoire, ou alors beaucoup moins accrochante. Et il sera malgré lui à l'origine de nombres questions. Vraiment ce concept est grandiose !

Mais Sai c'est bien plus que ça. Même si personne, sauf Hikaru, ne peut le voir, ses mimiques valent vraiment le détour. Je suis écroulé de rire à chaque fois que je le vois dessiné SD (super deformed) avec les traits arrondis et son air penaud ! Son tempéramment de gamin, en apparence, est excellent et c'est toujours un plaisir d'assister aux joutes verbales de Sai et de son hôte.
Mais là où il est le plus impressionant, c'est devant un goban. Notre gentil esprit se métamorphose alors : il arbore un ton impérial et directeur, et fait montre d'une énorme capacité d'analyse.
Enfin, Sai joue aussi le rôle de narrateur et on le verra souvent commenter de manière très juste l'évolution de Hikaru ainsi que des parties de go.

Oui, des parties de go on en voit, et pas qu'un peu. Et pourtant aucune lassitude, alors qu'il n'y a aucun coup spécial, pas d'action. Que des pierres qu'on dépose sur une planche quadrillée. Mais ça, ce serait digne d'un anime français ou américain. Ici, les parties revêtent une toute autre dimension, et on vit chaque match avec intensité. En tant que duel, le go se gagne aussi et surtout mentalement. Les coups d'intox, la détermintion des joueurs, l'atmosphère pesante... Tous ces éléments qui font le charme d'un match de go sont étonnemment bien retranscrits. On vit littéralement chaque partie de l'intérieur. Et comme il ne se passe pas un match sans spectateur, on aura toujours droit à des commentaires avisés qui rendent chaque match encore plus palpitant.

En ceci, Hikaru no go réalise déjà un coup de maître.

Mais ça ne s'arrête pas là !

A l'instar de Dragon Ball ou Saint Seiya, Hikaru no go est un manga "fleuve". C'est à dire qu'il y a une histoire globale, que chaque épisode se suive, et que si on voulait ça ne s'arrêterait jamais !

Et là où Hikaru no go fait vraiment très fort, c'est que tout coule naturellement. Il y a bien des "séquences" distinctes mais tout est lié et se suit sans cassure. Par exemple avec Dragon Ball Z, on peut faire des découpages bien distincts dans l'histoire, et quand un épisode est passé, on peut l'oublier ça ne dérangera pas la progression générale. Dans Hikaru no go, chaque épisode a son importance et il n'est pas rare que les derniers fassent référence à des "détails" des premiers épisodes. C'est sans doute ce fréquent va-et-vient qui confère à cet anime cette continuité unique. Cette façon de procéder a aussi un énorme avantage : l'évolution. Les personnages grandissent "normalement" au fil de l'histoire, et si c'est particulièrement frappant pour Hikaru, c'est également vrai pour tous les autres.

J'aimerais bien savoir combien de temps, Yumi Hotta, la scénariste, a passé à l'élaboration de l'histoire, tellement c'est bien ficelé, et bien documenté.

Si tous ses éléments scénaristiques font de Hikaru no go un chef d'oeuvre, il ne faut pas non plus oublier le reste, à savoir la technique.

Et là, franchement, y a rien de bien grandiose, mais qu'importe, c'est bien réalisé, et ça suffit amplement. Au contraire, ici il n'y a pas de fioriture et c'est pas plus mal.

En tout cas, le character design originel de Takeshi Obata, lui, est particulièrement bien réussi. Je ne connais pas beaucoup d'animes qui peuvent se targuer d'avoir une panoplie d'apparences aussi variée pour un même personnage. L'animation, sans atteindre des sommets, est plus qu'honnête. Les génériques sont soignés. La musique est répétitive mais sans agacer. Je veux dire par là que les thèmes reviennent souvent, mais au bon moment ; et ils savent se faire discrêts.

Alors, Hikaru no go est-il l'anime de l'année 2002 ?
Peut-être, peut-être pas, mais en tout cas, c'est cultissime.

Attention, si vous décidez de vous mettre à cette série, vous risquez de devenir fan !


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