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20/11/2014 | Rukawa

Dragon Ball


Titre VO : ドラゴンボール
Auteur : Akira Toriyama
Date de création : 1984-1995
Genre : Humour, Aventure, Baston
Prépublié chez : Weekly Shônen Jump
Editeur Français : Glénat
Nombres de tomes lus : 42/42

Pour casser son train train quotidien, la riche et surdouée Bulma part à la recherche des mystérieux Dragon Balls, capables de réaliser n'importe quel souhait. Elle rencontrera un enfant à queue de singe Son Gokû, possesseur de la boule à 4 étoiles léguée par son grand père décédé au court d'une nuit de pleine Lune. Le naïf Gokû étant plutôt doué pour le combat, Bulma décide d'en faire son garde du corps et les voilà partis pour une grande aventure ! Une fois la première recherche des Dragon Balls réalisée, Gokû ira s'entraîner avec Krilin sous la tutelle de l'ermite Tortue Géniale pour le budôkai, un tournoi des arts martiaux. Une fois ce tournoi fini, son maître lui annonce qu'il n'a plus rien à lui apprendre et l'encourage à chercher sa voie en voyageant autour du monde.

Gokû devenant de plus en plus fort, il affrontera de terribles adversaires qui souhaitent être les maîtres du monde, comme Pilaf, l'armée du Ruban Rouge ou le Roi Démon Piccolo. Ce n'est qu'une fois adulte et père posé de Son Gohan qu'il découvrira ses origines extraterrestres contre Vegeta le prince Saiyan qui l'amènera sur Namek, la planete d'origine des Dragon Ball, affronterer le tyran Freezer, qui lui aspire à être le maître de l'univers. Puis viendront des cyborgs programmés pour assassiner Gokû, ainsi que Majin Buu un monstre dont l'amusement principale est la destruction et le chaos.

Gokû team
Les premiers amis de Gokû

Librement inspiré du conte chinois Le Voyage en Occident, Dragon Ball épuisera vite la trame de ce roman. Son Gokû étant en effet Sun Wukong le roi des singes et Bulma étant Xuanzang, le bonze qui le libéra de sa prison pour aller chercher des sûtras. Si les combats s'enchaîneront avec l'avancée de l'oeuvre, la recherche des Dragon Balls reste cependant le sujet de 3 arcs, le premier avec Bulma donc, le second pendant sa quête initiatique où il affrontera l'armée du Ruban Rouge et enfin sur Namek.

Bien que Akira Toriyama donna ses lettres de noblesses au shounen actuel, le mangaka n'a pas réellement inventé grand-chose. Si Dragon Ball fait aujourd'hui figure de guide de comment faire un manga qui peut plaire à tous, tant sa réussite a été transgénérationnelle, c'est grâce à d'autres facteurs : Ce qu'il a fait de mieux était justement de prendre toutes les règles de base établies entre la fin des années 60 et le début des années 80 pour les améliorer.

Dans les années 70, le tournoi était principalement établi comme une structure narrative forte. Si on prend Ashita no Joe ou Tiger Mask, un tournoi, c'était avant tout l'affrontement de deux hommes, le reste faisait un peu office de remplissage, c'est à peine si on voyait des sans-noms se battre pour la troisième place. L'un des apports de Dragon Ball, c'est aussi de se servir du tournoi pour introduire des nouveaux personnages, redéfinir les dynamiques entre les anciens personnages et les nouveaux.
Comparons avec Captain Tsubasa : quand l'équipe du Japon va faire son tournoi en Europe, elle n'est quasiment composée que d'adversaire ayant affronté Tsubasa ! Personne de l'autre parti du tableau ! Dragon Ball réussit à maintenir cet équilibre, à la grande joie du lecteur qui aura droit à voir plus de combats inédits pour mieux s'attacher  aux personnages secondaires, voire aux tritagonistes, adversaire d'un jour qu'on ne reverra plus qu'on caméo.
Le tournoi est pour Toriyama autre chose qu'une vulgaire présentation des personnages secondaires ou des adversaires coriaces, c'était aussi la possibilité de faire du fanservice d'une manière intelligente : qui n'a jamais rêvé de voir un héros de manga affronter son mentor ? Toriyama lui, a réussi à le faire pour justement montrer que notre jeune héros Gokû doit encore progresser ! C'est d'ailleurs les combats parmi les plus funs du manga, avec notamment le passage en slow motion pour expliquer au public incapable de suivre la rapidité des combattants.

Ce genre d'humour c'est son domaine de compétence : Akira Toriyama pense comme un gosse, le manga est rempli de blagues dont seuls les gamins peuvent rire, tellement elles sont débiles. Dr Slump en est la preuve mais Dragon Ball n'est pas en reste. Du moins le début, tout le monde l'a remarqué.
En exemple le fameux combat contre Bacterian qui finira par un « Mais, Krilin, tu n'as pas de nez », c'est du pur Toriyama. Dragon Ball avant d'être un shounen de combat, était d'abord un gag manga.

Le Roi Pilaf Freezer Perfect Cell
Le malchanceux roi Pilaf, le tyran galactique Freezer, et la machine parfaite Cell,
Les trois adversaires les plus coriaces que Gokû rencontrera.

De Tenshinhan jusqu'à Cell, la série enchaîne quasiment que des combats, qui ne sont pas à tendance loufoques. Bien sûr il restera quelques personnages mythiques pour leur ridicule comme les forces spéciales de Ginyu ou Mister Satan mais sans plus. C'est cependant très loin de la prolifique armée du Ruban Rouge, où quasiment tous les méchants avaient leur particularité burlesque comme cette pédale de Général Blue ou bien le Ninja Murasaki aux techniques frôlant la supercherie ou encore le dangereux Tao Pai Pai capable d'assassiner avec sa langue !
C'est avec le dernier arc que le mangaka se refait à nouveau plaisir sur ce point. Ses idées de génie étaient parmi les plus loufoques comme la danse de la fusion contrastant avec la surpuissance que son résultat dégage. Si la saga Buu est ainsi, c'est parce que Toriyama en avait marre de faire que des combats pour du combat et a voulu un retour aux sources, c'était certainement sa seule condition pour continuer le manga. Récréer un méchant au look ridicule, c'est du pur Toriyama de la première époque.

PAF PAF
Tu veux faire PAF PAF ?

Même si Dragon Ball plaît surtout aux enfants et aux adolescents en manque de sensations fortes, ce manga possède plusieurs niveau de lecture que d'autres, tant un gamin aura du mal à se rendre compte à quel point certaines phrases sont ambigües, vu leurs salacités. Et ce très souvent. C'est ce qui caractérise principalement ce manga : de l'humour en dessous de la ceinture assemblé à des combats efficaces. Un exemple tout bête, quand Bulma apprend que les Nameks sont des êtres asexués, la première chose qui lui passe par l'esprit est cette phrase « On ne doit pas s'amuser beaucoup chez les Nameks ».

Enfin, Bulma est un cas à part, si au début elle est la cible principale du fanservice du manga, le personnage reste entier, ne soyez pas choqués si la première phrase qu'elle adresse à Vegeta quand elle le voit en chair et en os est « Viens chez moi, tu dois te sentir seul ». Soyez pas étonnés qu'ils fassent un gosse après. N'oublions pas non plus que dès le premier chapitre du manga, elle propose d'échanger la boule à 4 étoiles contre le fait de toucher ses fesses... Oui, déjà !

L'une des spécificités du manga, c'est aussi l'art de faire de retournements de situations incroyables. Qui aurait imaginé que ce serait Gohan qui battrait Cell ? Qui pensait d'ailleurs qu'il y aurait un new challenger en plus des 2 cyborgs ? Et surtout qui aurait imaginé que le premier vœu qu'exaucerait le Dragon Shén Lóng serait d'offrir une culotte à Oolong ?

Gokû en Super SaiyanLe coup du Super Saiyan légendaire, tout le monde fantasmait dessus, Vegeta nous spammait avec, avant de rendre l'âme. Le fan le voulait de tout son cœur et voilà que Son Gokû se transformera en Super Saiyan contre Freezer, devant nous, les yeux plein d'étoiles ! Aucune surprise, c'est un cadeau totalement gratuit de la part de Toriyama.

C'est çà le vrai fanservice !

C'est d'ailleurs à partir de ce passage que Dragon Ball construit sa propre mythologie, et entre dans une autre dimension.
Bien sûr, Freezer est un méchant qui n'a pas un background très détaillé et reste très éloigné des idées de Machiavel. Mais ce n'est pas grave, on s'en fout au final.
Sur la projection de puissance, l'auteur est allé plus loin que la limite de l'entendement humain.

Akira Toriyama fut aussi l'un des premiers mangaka à réussir à exploiter les cliffhangers d'une manière plus qu'insoutenable. Que ce soit Hokuto no Ken, Saint Seiya ou Ashita no Joe, il n'y a pas énormément de cliffhangers pour attendre la semaine prochaine avec un climax à fond. Vous vous rendez compte que contre Cell, Gokû a mis 6 pages étalés sur 2 chapitres pour lancer son Kamehameha ?

Combats épiques avec cette surenchère de power ups et de super pouvoir qui dans la répétition lasseront certains fans de la première heure ou au contraire les convaincra encore plus que Dragon Ball est le meilleur shounen de tous les temps. C'est parce que parfois c'est gras, que Dragon Ball, c'est la vie.

Si Toriyama multiplie les combats à partir du Roi Démon Piccolo, il arrive cependant à surprendre agréablement son lectorat. Si l'humour disparaît jusqu'à revenir en beauté dans l'arc Majin Buu, en attendant, des anciens ennemis charismatiques rejoignent Gokû? L'auteur abandonna ainsi des personnages trop lisses comme le pauvre Yamcha qui n'a jamais gagné un seul combat !

Z Fighters
Les Z-fighters au presque complet. Vegeta boudait comme d'habitude.

Vous remarquerez alors que, plus que les plus forts restent, ce sont surtout les plus charismatiques qui restent. C'est aussi le caractère de ses personnages qui font la force de la série.
C'était l'époque qui voulait cela, hors combat nos héros ne sont pas très développés et n'ont pas un background énorme. Ce sont leurs faits et gestes durant ces échanges virils qui montrent la personnalité de nos hommes, tout comme les premiers combats servaient l'humour. Le Gokû naïf du début devient un combattant extrêmement puissant. Mais il en veut toujours plus. Quand Futur Trunks lui apprend qu'il va mourir avant de pouvoir affronter les cyborgs, sa première réaction est la déception ... parce qu'il ne va pas combattre ! C'est aussi un type qui se permet de dire à Freezer, l'être le plus puissant de l'univers qu'il vient de battre sur Namek « Si tu veux une revanche, entraîne-toi et reviens quand tu veux ». Inimaginable !

Gokû se bat surtout pour lui car il aime les défis. Quand Vegeta sort de la salle du temps et de l'esprit pour la première fois, il dira à notre héros que ce n'est pas la peine qu'il y aille car il ne va plus rien rester de Cell. Que répond Gokû ? Qu'il espère que Vegeta le battra. Gokû se moque de qui il affrontera, ce qu'il veut c'est affronter le plus fort. Vegeta n'est d'ailleurs pas en reste, c'est l'homme à la plus grande fierté et arrogance dans l'univers. Toriyama trouve même une justification pour ces saiyans drogués de combat avec leur origine extraterrestre !

Gokû VS Vegeta Gokû VS Freezer
Une spécialité de Toriyama, le changement d'angle de vu à 180° après un coup porté.

Mais plus que la structure narrative, c'est le découpage de planche qui permet de distinguer Toriyama du commun. Il est facile de s'entraîner à mieux dessiner, plus quelqu'un s'exercera mieux il dessinera.
Le découpage des planches, c'est souvent instinctif, c'est dans cet art surtout qu'on peut qualifier Akira Toriyama de génie. C'est la fluidité naturelle et les enchaînements des séquences qui mettent en admiration sur son niveau de maîtrise.
On peut d'ailleurs noter  que, si les dessins des humains restent assez simples et qu'il est doué pour faire du monster design varié, Toriyama est aussi un excellent mecha designer, avec lui tout appareil mécanique a sa particularité.

Gokû VS Buu Gokû VS Bu
Voilà comment on fait un combat dynamique.

Des combats dynamiques, des plot twists inimaginables, une intégration habile du fanservice même si parfois en abuser comme les power ups, ces ingrédients ont permis à Dragon Ball d'avoir l'honneur d'être le premier manga d'aventure épique s'étalant en longueur, 42 tomes c'était un miracle à l'époque pour un manga d'aventure ! Ce qui n'était pas un miracle, c'est que ce manga ait marqué toute une génération.

Merci Akira Toriyama !

 

Dragon Ball © Akira Toriyama, BIRD STUDIO


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