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07/02/2005 | Rygel

Death Note


Titre VO :  デスノート
Scénariste : Tsugumi Ôba
Dessinateur : Takeshi Obata
Date de création :  2004
Genre : Policier
Prépublié chez :  Shûkan Shônen Jump
Editeur Français : /
Nombres de tomes lus :  6, série en cours.

 

Death Note

Death Note est le nouveau manga de Takeshi Obata, sorti en avril 2004. On voit d'ailleurs tout de suite la maîtrise du dessin d'Obata, après 23 tomes d'Hikaru no go. Il est d'ailleurs amusant de noter que le talent de ce mangaka éclipse en grande partie la maîtrise scénaristique de ses collaborateurs (Yumi Hotta pour Hikaru no go et Tsugumi Ôba pour Death Note).

A l'origine, ce manga ne devait etre qu'un one shot (un seul et unique chapitre dans ce cas) mais le succès fut tel que l'éditeur a décidé de sérialiser ce manga, et bien leur en a pris ...

Comme vous allez rapidement le comprendre en lisant les lignes qui suivent, Death Note doit sa réussite essentiellement à deux éléments : le scénario et les personnages.

Un pouvoir divin entre des mains innocentes
YAGAMI Light, le héro machiavélique de l'histoire
Ryûk, ou la vision du Dieu de la Mort par Obata

Light Yagami, étudiant brillant et exemplaire, découvre un jour un étrange cahier dénommé "death note". Il y est expliqué qu'on peut tuer quelqu'un en y écrivant simplement son nom. Après quelques essais, Light est obligé d'admettre qu'un tel pouvoir existe. Le principe de base est simple : on écrit le nom d'une personne en ayant son visage en tête, et 40 secondes plus tard, il meurt d'une crise cardiaque. Evidemment il y a des variantes que je vous laisse découvrir en même temps que Light, ou bien en lisant le "how to use".
En fait, les vrais détenteurs des death note sont des shinigami (Dieu de la Mort) et c'est Ryûk qui, s'ennuyant de son immortalité, décide de laisser au hasard son death note à un humain pour voir ce qu'il va en faire. Distrayant non ?

Rapidement, Light décide de laver le monde de tous les criminels à l'aide du death note. Il fait quelques essais pour connaître les possibilités multiples du livre et très vite son existence commence à être connue de tout le monde. Light, ou plutôt ses actes, sont désormais connus du monde entier sous le pseudonyme de "Kira".

La police fait alors appel à un détective aussi efficace et célèbre que discret, surnommé de lui-même L, pour résoudre ce cas de meurtres en série à la limite du paranormal...

C'est le début d'une partie de bras de fer entre Light/Kira et Ryuuzaki/L.

 

Deux cerveaux entrent en guerre

La confrontation entre Light et L est passionante.
Une vraie partie d'échecs. Tous les coups sont mûrement réfléchis. Prendre sans être pris, tel est l'enjeu.

A priori, Light est hors d'atteinte car le pouvoir qu'il détient est immense, mais sa série de tests le mettra à mal, car dans le même temps, L, avec l'aide des autorités qui lui donnent carte blanche, testera aussi celui qui deviendra son rival. Encore plus surprenant, L n'a absolument aucune difficulté à envisager la possibilité de l'existance d'un pouvoir paranormal.

C'est ainsi que de fil en aiguille, il arrivera à reserrer Light dans ses derniers retranchements. Par exemple, le père de Light, Sô'ichiro Yagami, se trouve être le chef de la police locale. C'est un atout majeur pour Kira qui peut ainsi compter sur une éternelle longueur d'avance. Mais L analyse avec perspicacité toutes les situations et il n'hésitera pas un instant à porter Light en suspect numéro un.

L'apogée, selon moi, arrive quand Ryûzaki se présente directement face à Light en tant que L, comme s'il engageait sa pièce maîtresse dans le camp adverse. Tous les autres pions peuvent prendre la Reine, mais ce serait alors ouvrir une brèche énorme qui mènerait indubitablement au mat. Sauf que là, le mat est symbolisé par la mort.

 

Des mains vraiment innocentes ?

Outre son concept original, ce sont vraiment les personnages qui donnent toute leur consistence à ce manga hors norme. Ryûk aurait laissé son death note à quelqu'un d'autre, ça n'aurait jamais pris ces proportions. Et on touche là un point très important.
Habituellement, les shônen suivent un carcan bien huilé parmi lequel l'identification au héro et à ses valeurs joue un rôle très important. Ici, le personnage principal est un adolescent qui n'a rien en commun avec les autres de son âge. Il est tout d'abord très intelligent et surtout conscient de l'être. Le death note lui fait un peu peur au début, mais très vite il accèpte son existence et décide de son propre chef de devenir un tueur en série, pour le bien de l'humanité. Mais ça, c'est ce qu'il veut nous faire croire, car il est évident que c'est le pouvoir qui le gouvèrne. Et pour assouvir son sentiment de supériorité, il est près à tout. Evidemment il ne trouvera le repos que lorsque son rival aura mordu la poussière, ce qui revient à éradiquer L/Ryuuzaki, et pour parvenir à ses fins, il peut même aller jusqu'à tuer les membres de sa famille si besoin.

De son côté, L est également ambigu. Il incarne au début du manga la droiture et la classe (peut-être parce que son design n'avait pas encore été arrêté ?) et sa première apparition révèle en fait une sorte d'anti héro. Il est jeune, du même âge que Light, mais est complètement son opposé. C'est un personnage marginal, très intelligent certes, mais qui vit reclus avec son identité secrête. il nous apparaît comme quelqu'un de négligent envers son apparence à l'allure nonchalente, maniaque, mal coiffé, les yeux exhorbités soulignant des cernes énormes. Bref, l'anti-classe quoi.
Et au niveau de la droiture ce n'est pas non plus la panacée. La première rencontre télévisuelle entre L et Kira aurait dû nous mettre la puce à l'oreille : comme son homologue "maléfique", L n'hésite pas à sacrifier des vies humaines pour acculer son opposant. Et par la suite, il échafaude des plans qui mettent à mal les acteurs de l'investigation de l'affaire "Kira". Ses collaborateurs seront même souvent en désaccord avec lui, mais faute de trouver des plans plus efficaces, il devront toujours se plier à ses situations délicates. Ceci étant dit, L essaiera quand même dans la mesure du possible de sauver la vie de ses partenaires de fortune (car ils ne lui arrivent pas à la cheville en matière de réflexion et lui sont "fournis" par la police) en se servant de sa capacité d'analyse et de raisonnement très rapide.

L'énigmatique et ténébreux L du début du manga surprend aussi par son apparence et ses manies étranges...

Death Note, c'est donc l'histoire du duel entre deux personalités très fortes et plus semblables qu'elles ne le paraissent. Je vous rassure il y a aussi une palette de personnages secondaires assez impressionante, et il ne font pas toujours que de la figuration. En outre cela donnera des tas d'occasion pout tendre des pièges à l'un et l'autre des deux partis.

Bienvenue dans le monde de la manipulation !

 

Le fantastique au service de la tension

L'idée du Death Note est diabolique et terriblement exploitée. Ses possibilités sont multiples et la découverte de ses capacités par tests successifs est passionante. La démarche est claire, le scénario tortueux mais maîtrisé. Light se verra plusieurs fois poussé dans ses derniers retranchements, ce qui produira des chapitres entiers où on sentira la tension entre toutes les cases. Chaque action ne peut se faire au hasard et il faut sans cesse anticiper les conséquences pour choisir la meilleure solution. Il en résulte un stress quasi permanent avec quelques pics de ci de là.

Revers de la médaille, ce procédé inhérent à ce type de récit conduit à un intérêt en dent de scie. Quand la tension atteint son paroxisme, elle descend inévitablement et rapidement jusqu'à tomber très bas. Heureusement les rebondissements sont fréquents, et si les personnages secondaires sont souvent dans le coup, c'est bel et bien la seule présence du Death Note qui relance de lui-même la série. En effet, Ooba, par l'intermédiaire de l'espiègle shinigami Ryûk, distille sporadiquement des fonctionnalités nouvelles du livre maudit. L'élément le plus intéressant est sans doute la possibilité d'échanger la moitié de sa vie contre les yeux du shinigami, ce qui permet de connaître l'identité de n'importe qui rien qu'en le regardant. Et là Death Note fait encore très fort, car contre toute attente Light refusera l'offre, mais cette possiblité planera toujours au dessus du couple Kira/L.

 

Les 40 secondes les plus longues de l'histoire du manga...

Malheureusement, comme je l'ai expliqué plus haut, peu de temps après la série s'essoufle rapidement, et c'est finalement l'arrivée d'un second Death Note qui donnera une bouffée d'air frais, à une série qui en avait bien besoin. Ce deuxième Kira, de toute évidence naïf et peu réflexif, arrivera à mettre à mal Light, ce qui lui donnera une bonne leçon d'humilité. Ooba en profitera pour nous montrer toute l'étendue de son talent scénaristique, en ramenant au gout du jour des fonctions du death note laissées vacantes, comme le fameux oeil du shinigami.

On sentira la fin se profiler, mais ce satané death note nous surprendra encore une fois pour un retournement de situation qui mettra le manga pendant quelques temps sur de nouveaux rails, malheureusement moins haletants, stagnants, et surtout sans lien avec le début de l'histoire. C'est donc tout un pan de la série qui manque clairement de punch et pourrait presque nous faire nous écarter de ce manga.
C'est d'ailleurs peut-être pour cette raison que les chapitres incriminés ne sont pas encore sortis en relié. Quoi qu'il en soit, l'intérêt est encore une fois relancé une première fois grace à un personnage secondaire de l'équipe d'investigation qui surprend nos deux cerveaux en agissant contre toute attente de son propre chef, et une seconde fois lorsque la véritable nature de Kira se dévoile enfin à nos yeux.

Le dessin au service de la tension

Obata est désormais en forme et maîtrise pleinement son style.
Les 23 tomes d'Hikaru no go ont en effet forgé un dessinateur de talent. Si on peut voir une amélioration graphique notable entre les premiers et les derniers tomes d'Hikaru no go, ici on a de la haute qualité dès le premier chapitre.

Mieux que ça, Obata a réussi à ne pas tomber dans le travers qui consisterait à reprendre le design des nombreux personnages entourant Hikaru. Son style est là, bien présent, mais toute ressemblance avec des personnages fictifs ayant déjà existés serait purement fortuite. Et cerise sur le gateau, les Shinigami sont effrayants de froideur. Et là, impossible d'y reconnaître un ancien personnage d'Obata.

Un match de tennis donne l'occasion à Obata de nous montrer qu'il sait aussi dessiner des scènes d'action.

Le dessin est donc une composante majeure de Death Note. Comme je le disais en introduction, le simple fait d'évoquer le nom de Takeshi Obata suffit à attiser la curiosité du lecteur.

Passée la surprise du premier chapitre, les suivant se dévorent aussi vite que Ryûk mange ses pommes, et le seul reproche que je trouve à faire à ce manga est la trop grande quantité de dialogues, souvent des monologues même, qui font retomber la tension de plus en plus bas, et dans ce genre de récit ça ne pardonne pas.

 

 

 

 





D'autres "death notes" ?

Dans Full Moon wo Sagashite, sorti en manga en 2001 et adapté en anime en 2002, Mitsuki fait la rencontre inattendue de deux shinigami venus lui annoncer sa mort prochaine. On est très loin de la noirceure dégagée dans Death Note, mais le concept reste le même, puisque ces Dieux de la Mort ont recours eux aussi à un livre magique qui, si le principe s'éloigne un peu de celui décrit dans la présente review, peut sans mal être assimilé au Death Note de Ryûk.

Dans nos contrées occidentales on a également recours à une matérialisation de la mort, connue sous les traits de "la Mort" ou de la "Faucheuse".


Les "shinigami" occidentaux,
sans death note, mais avec une jolie faux.


Death Note © Takeshi Obata, Tsugumi Ôda, Shueisha


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