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29/04/2009 | Fenril-Anoma

Bokura ga ita


Titre VO : 僕等がいた
Titre VF : C'était nous
Auteur : Yûki Obata
Date de Création : 2002 - en cours
Genre : Shôjo
Prépublié chez : Betsucomi (Shogakukan)
Editeur Français : Soleil
Nombres de Tomes Lus : 12 / 14 ?
Autres : Anime de 26 épisodes réalisé par Akitaroh Daichi

 

 

Un shôjo académique en apparence

 

Nanami Takahashi, jeune fille de 15 ans en Seconde dans un lycée de Sapporo, débute sa nouvelle année scolaire avec pour ambition première de se faire des amis, à commencer par sa voisine en cours, Yuri Yamamoto, bien que celle-ci ne soit pas très réceptive à sa bonne humeur. Nanami est plutôt mignonne, assez enfantine, un peu niaise et pas très bonne en classe. Le portrait habituel d'une héroïne d'histoires d'amour à l'eau de rose en somme. Elle va rapidement faire la connaissance de Yano Motoharu, en apparence le garçon parfait et tout le contraire d'elle : un charme indéniable, dragueur, intelligent. Nanami va immédiatement tomber amoureuse de lui et de son sourire sans savoir que ce dernier cache de terribles blessures...

En effet, Yano sortait avec la grande soeur de Yuri, Nana, d'un an son aînée. Malheureusement, cette dernière est morte dans un accident de voiture l'été dernier, alors qu'elle était en compagnie d'un autre. Depuis, Yano a refermé son coeur et ne peut plus faire confiance à une fille. Mais, touché par la gentillesse de Nanami, il finira par céder et tomber amoureux à son tour avec la promesse que celle-ci ne s'éloignera jamais de lui et ne le trahira pas. Mais le spectre de son ancienne petite amie n'a toujours pas disparu de sa mémoire et le jeune homme n'arrive pas à s'en détacher malgré tous ses efforts et ceux de Nanami pour aider celui qu'elle aime et alléger son fardeau. Voyant, à son grand désespoir, que Yano ne peut se défaire de ce souvenir douloureux, elle décide de le quitter, s'apercevant bien qu'elle ne pourra pas le rendre heureux. S'en suivront de nombreuses péripéties, Yano essayant de reconquérir sa belle malgré l'entrée en scène de son meilleur ami, Masafumi Takeuchi, qui aime secrètement Nanami et ne supporte pas de la voir malheureuse...

 

La première partie de C'était nous ne brille certes pas par son originalité. En effet, les personnages sont relativement stéréotypés, même si attachants, les situations sont conventionnelles et le déroulement de l'histoire sans réelle surprise. Dès le début, on se doute que Yano n'a pas oublié son passé, que l'image de Nana est encore profondément gravée en lui et que Nanami n'aura pas les épaules assez larges bien longtemps pour pouvoir supporter les doutes de ce dernier. Elle-même ignore si elle pourra rendre Yano heureux, d'autant plus que ce dernier n'est pas complètement innocent et possède une part d'ombre que la jeune fille découvrira peu à peu.

 

 

Ce pan de l'histoire conserve tous les codes de la comédie sentimentale lycéenne avec un triangle amoureux qui finit par se dessiner assez tardivement. Takeuchi est l'archétype du meilleur ami dont les sentiments n'aboutiront jamais ou pendant un bref laps de temps avant de devoir se retirer. Yuri est la fille de remplacement qui ne pourra jamais oublier celui qui a posé brièvement les yeux sur elle afin de l'utiliser pour combler sa tristesse de la perte de l'être aimé.

De nombreuses questions nous sont présentées par l'intermédiaire de Nanami : comment rationnaliser les sentiments ? Comment triompher d'un souvenir, aussi douloureux soit-il ? L'amour entre deux personnes suffit-il à les rendre heureux ? Bref, des interrogations classiques que l'on suit sans surprise mais avec une attention touchante. Le style graphique de Yûki Obata se révèle très agréable, au fur et à mesure qu'elle progresse techniquement. Malgré les conventions, elle parvient à livrer des personnages qui ne tombent jamais dans la mièvrerie et un récit qui ne connait pas de temps mort.

 

" Plus les souvenirs sont beaux... Et plus ils font mal. "

 

Mais ce constat n'est valable que pour les 8 premiers volumes énoncés. En effet, l'histoire prend une toute autre dimension dans sa seconde moitié lorsque l'on découvre notre héroïne des années plus tard alors qu'elle se prépare à rentrer dans la vie active. Toujours accrochée au souvenir de Yano, voyant encore Takeuchi qui n'a pas abandonné l'espoir de conquérir son coeur, Nanami se trouve à un nouveau tournant de son existence et pense enfin pouvoir aller de l'avant, tant sur le plan professionnel que sentimental. Mais des doutes subsistent : pourquoi Yano après un an de correspondance a-t-il subitement disparu ? Qui est cette fille, Sengenji Akiko, qui semble si bien connaître Nanami alors qu'elles se rencontrent pour la première fois ?

 

 

On reste relativement impressionné par le changement de ton de cette seconde partie (encore inachevée, 14 volumes sont actuellement parus) qui se veut beaucoup plus adulte et sombre dans ses thématiques puisque l'on constatera que la vie n'a pas épargné nos héros. On nous présente un panel de personnages, écorchés vifs, ne sachant pas faire le deuil de leurs souvenirs et de leurs choix d'adolescents, se demandant en permanence s'ils ont pris les bonnes décisions à une époque où ils étaient incapables d'en mesurer les conséquences. Comment et à quel moment abandonner ses illusions et rentrer de plein pied dans un présent incertain, qui n'offre aucune garantie par rapport à un passé insouciant et heureux mais qui ne reviendra jamais ? Les sacrifices émotionnels deviennent légion et chaque personnage se rend compte de son incapacité à aimer l'autre avant d'avoir balayer ses doutes et avoir appris à se pardonner ses échecs. Certains s'acharnent en vain, d'autres prennent la fuite mais tous sans exception regrettent, ne se rendant pas compte qu'ils n'auraient probablement pas pu faire mieux.

J'exagérerai en parlant de leçons de vie mais l'ambiance entourant cette histoire force l'attention et la réflexion. On est touchés et attentifs aux destins de ces héros qui tentent de se relever péniblement et de commencer enfin à vivre. D'autant que l'auteur n'a pas montré toutes ses cartes et que de nombreux rebondissements scénaristiques surviennent, nous laissant impatients de découvrir comment les personnages ont pu en arriver là. Surtout que le fil des destinées de Nanami et de Yano est loin d'être définitivement tranché...

 

 

Il faut également saluer le travail scénaristique de Yûki Obata, notamment sa construction du orécit qui se révèle très intéressante et élaborée, pas linéaire pour deux sous. Elle use de nombreux flash-backs pour éclairer petit à petit les zones d'ombre encore existantes. La narration n'est pas entâchée de passages inutiles, l'action et les révélations arrivent à un rythme soutenu et on s'ennuie pas une seconde.

Je ne peux que vous inviter à vous pencher sur C'était nous, fort classique de prime abord (et si vous pouvez passer outre les quelques problèmes des premiers tomes de l'édition française comme le papier ou les nombreuses fautes d'orthographe) mais qui se révèle complètement dans sa deuxième partie, vous ne le regretterez pas.


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