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02/08/2016 | Rukawa

Ad Astra - Scipio to Hannibal


Titre VO : アド・アストラ -スキピオとハンニバル-
Auteur : Mihachi Kagano
Date de création : 2011
Genre : Historique.
Prépublié chez : Ultra Jump
Editeur Français : Ki-oon
Nombres de tomes lus : 7/10+

Ad Astra

En 512 après la fondation de Rome, la Guerre Punique entre Carthage et Rome finit par une victoire de la République latine. Rome prend ainsi le contrôle de la Sicile, de la Sardaigne et de la Corse, et le tribut que Carthage doit payer est très lourd financièrement. La cité punique humiliée rêve de retrouver sa gloire et le commandant vaincu Halmicar Barca, fait promettre à son fils Hannibal de vouer une haine éternelle à Rome. Carthage se relève, et 22 ans plus tard soumet, ville après ville, la côte hispanique grâce à Hannibal, nouveau commandant-en-chef carthagineois. Quand le fils d'Hamilcar traverse l'Èbre, Rome décide de ne plus rester neutre : la Seconde Guerre Punique est déclarée.

Ce récit raconte le destin exceptionnel de deux des plus grands tacticiens militaires de tous les temps, le carthaginois Hannibal Barca et le romain Scipion l'Africain.

Hannibal Scipion l'Africain

Vincere scis, Hannibal; victoria uti nescis

Faire un manga d'Histoire est toujours un exercice difficile. Entre d'un côté respecter les exactitudes historiques et de l'autre romancer afin d'accrocher le lectorat, il y a un équilibre qui n'est pas facile à trouver.
Le plus gros reproche à faire à Ad Astra n'est pas son historicité imparfaite. Après tout, il faut bien romancer une histoire pour qu'elle soit plus agréable à raconter mais surtout plus vivante. Ainsi, même si les tenues des légions romaines mêlent des éléments de la période République Romaine avec celles de l'Empire, les faits historiques évoqués dans le manga sont plutôt fidèles à l'Histoire. Mihachi Kagano s'est plutôt bien documenté sur le sujet, en particulier sur les grandes batailles qui retranscrivent bien les stratagèmes d'époque.
Il est évident que l'auteur s'est permis de romancer beaucoup de choses : l'introduction de Scipion fils en est certainement l'exemple le plus représentatif.
Le futur Scipion l'Africain est en effet extrêmement valorisé dans le manga alors qu'à cette époque, il n'était en effet encore qu'un simple soldat de second rang lors des batailles du Ticinus et de Cannae. Il faudra en fait attendre la campagne d'Hispanie contre Hasdrubal pour voir son premier fait de gloire, 7 ans après le début des hostilités. Bien présent dans le manga, le jeune Scipion fait souvent des analyses assez justes des stratégies carthaginoises et se permet de faire beaucoup de réflexions sur des sujets, qu'ils soient politiques ou militaires, en tant que spectateur des erreurs de ses compatriotes. Le novice se permet même de citer Machiavel, 1500 ans avant l'écriture du Prince ! Scipion se comporte ainsi en vrai héros, que ce soit dans la ville ou dans sa légion, ce rusé qui a de bonnes idées et qui est toujours de bon conseil.

C'est justement là que la faille s'est ouverte. À force de trop en faire pour Scipion, ce qu'on peut reprocher au mangaka, c'est qu'il impose à Hannibal un culte de la personnalité en tant que héros historique sans vraiment réussir à lui donner du charisme en tant que personnage de manga. Le commandant est dressé de louanges à tout moment pour tout et n'importe quoi parmi son camp où des Celtes et Numides impressionnés vont se rallier à lui. Hannibal obtient une confiance aveugle et sans faille de la part de ses alliés, auquel il faut rajouter aussi le jeune Scipion fils qui a une confiance absolue dans le génie militaire de sa future nemesis, là où au contraire, il considère parfois ses propres alliés comme des boulets impatients qui manquent de jugeote. Seuls les décideurs romains sous-estiment Hannibal, jusqu'à la fameuse Bataille de Cannae. De ce point de vue, l'histoire est racontée de manière naïvement manichéenne, ce qui est un peu triste pour un seinen.

Ingrata patria, ne quidem habebis ossa mea

Il n'en reste pas moins que le génie tactique d'Hannibal est bien décrit, comme dit plus haut, et les batailles sont plutôt bien narrées, avec l'ajout de commentaires là où il faut. Les exploits militaires ayant été référencés par les historiens, ils sont faciles à retrouver après quelques recherches.. C'est à partir du tome 5 que Kagano montre toute la richesse de sa documentation, avec un hommage conséquent au génie militaire d'Hannibal.
En effet, Ad Astra consacre presque 3 tomes au plus grand fait d'Hannibal, la glorieuse Bataille de Cannae, avec une fidélité exemplaire. C'est un tournant essentiel qui eut lieu le 2 août -216, l'un des récits les plus meurtriers de l'Histoire qui fit plus de 80 000 morts en une seule journée, auquel il faut ajouter 10 000 captifs romains.

Bien sûr, si on veut en savoir plus, il est évident qu'il vaut mieux lire Tite Live et Polybe comme sources premières ou encore les analyses de Yann Le Bohec et Alfred von Schlieffen, mais ces textes-là n'ont pas d'aussi jolies images! Il faut cependant avouer que le design assez dur des personnages est en dehors des carcans et pourra ne pas plaire à tout le monde. Par contre, les décors et costumes sont énormément détaillés, il n'y a rien à redire sur ce sujet, c'est très beau.

Ce qui est romancé, ce n'est pas la tactique, c'est la petite histoire dans la grande Histoire. Kagano se permet donc, à juste titre, d'inventer des détails, notamment en imaginant ce que peuvent penser les soldats sur les champs de bataille. C'est appréciable de voir le côté humain des fantassins, leur abnégation et leur dévouement, eux qui veulent prouver leur valeur, mourir pour leurs idéaux, pour le Sénat et le peuple romain.
Tout n'est pas noir ou blanc, on peut ainsi nous montrer des généraux imbus, trop sûr d'eux faisant défaut d'orgueil ou simplement la couardise ou la perte de confiance des troupes face à une mort certaine.
Pour illustrer certains propos, le mangaka n'hésite pas non plus à faire référence à des grands hommes du passé. Il se permet ainsi d'instruire le lecteur avec certaines anecdotes concernant Alexandre le Grand, Pyrrhus ou encore Archimède.

Aut inveniam viam aut faciam

Cependant, Mihachi Kagano n'insiste pas énormément sur certains points qui pourraient rendre le manga plus épique. Prenons par exemple la traversée des Alpes par Hannibal, qui a été jugée par les historiens comme un moment majeur de la légende d'Hannibal. Ici, elle est expédiée en une seule page et pire, elle est surtout racontée par des romains extérieurs à la scène ! Bref, cela ne montre pas à quel point les conséquences ont été importantes. Peut-être est-ce dû à une question d'audience, on n'a ainsi pas d'action d'anonyme héroïque comme dans un shounen. L'humain doit se souvenir qu'il doit être mortel.

Le casus belli de la Seconde Guerre Punique est également très vite expédié, sans vraiment d'explications ou d'introduction.
Le manga débute donc la guerre de façon très simplifiée : Carthage a envahi l'Hispanie et Rome intervient pour arrêter leur politique expansionniste. Le premier chapitre montre l'humiliation de Carthage et le vœu de vengeance d'Hannibal lors de la Première Guerre Punique et le second chapitre, introduit un Scipion fils adolescent avec Rome se préparant en guerre. Il aurait peut-être été plus intéressant de démarrer avec plus de chapitres concernant la Première Guerre Punique et quelques batailles d'Hamilcar Barca, le père d'Hannibal, ou encore la Révolte des mercenaires contre ce même Hamilcar qui avait suivit la défaite carthaginoise. Bien que les livres d'Histoire encensent surtout Hannibal, il faut en effet savoir que son père était également l'un des plus grands tacticiens de l'Antiquité, et il n'aurait pas été inintéressant de montrer que, si Hannibal est un génie, c'est notamment parce qu'il a bénéficié d'un excellent mentor.

Ad Astra est encore en cours avec 9 tomes disponibles au Japon. Beaucoup d'événements sont encore à venir, comme les délices de Capoue, ou l'ouverture du front en Hispanie et en Numidie, ce qui devrait laisser le manga encore quelques années devant lui. Il reste encore un peu de marge à Mihachi Kagano pour tenter de développer un peu plus certains points historiques et amener la rivalité Hannibal-Scipion vers les étoiles.
Si vous êtes amateurs d'Histoire et pas trop pointilleux, vous devriez tomber sous le charme de ce titre édité par Ki-oon. Par contre je préfère vous prévenir, il y a des romains qui se vouvoiement dans leur édition, cela peut être choquant.

Ad Astra -Scipio to Hannibal- © Mihachi Kagano, Shueisha


Commentaires

2017-01-05 22:48:27 | Sirius

Tiens j'ai eu le même ressenti à propos de la traversée des Alpes. C'est pourtant la seule chose que retiennent mes élèves quand je leur fais cours sur les Guerres Puniques ^^'

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