Yuuki Obata (Mang'Azur 2009) - Interviews - Manganimation.net, Manga Anime, news & reviews
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29/04/2009 | Rukawa

Yuuki Obata (Mang'Azur 2009)


Interview réalisée le 19 avril 2009.

Yuuki Obata, la mangaka de Bokura ga ita était l'invité du Mang'Azur 2009, qui a eu lieu les 18 et 19 avril 2009.

La mangaka n'a pas intrinsèquement intéressé énormément de monde, sa conférence publique était aux trois quarts vide, dans une salle qui ne devait pas compter plus de 80 à 100 places assises. Et pour les séances d'autographes, ce fût pratiquement toujours les mêmes qui y revinrent. Sur ce point, autant en profiter en effet, vu qu'on nous proposait pas moins de 3 séances de dédicace, une le samedi, deux le dimanche, chacune limitée, à 40 personnes. Rythme soutenable et de loin, vu qu'il n'y avait pas 50 personnes demandant une dédicace, mais surtout, la mangaka ne faisait pas de dessin, juste une signature et un croquis rapide de Sumire ou de Nanami, les héroïnes de chacun de ses manga publiés en France. On peut être déçu vu qu'il y avait aisément le temps de faire un vrai dessin tout joli et tout, mais il faudra attendre le dimanche matin pour comprendre.

Elle nous avouera qu'il s'agit de sa toute première fois, toute toute première fois qu'elle signe des autographes pour un public. Ceci n'est pas forcément une excuse à tout prétexte, mais on comprend bien mieux après l'avoir vu dessiner en direct un dessin en public.

En fait, on sent qu'elle n'était pas en confiance, elle gommait beaucoup et dessinait assez lentement, là où un Yoshiyuki Sadamoto attaquait directement au marqueur pour te torcher une Rei Ayanami en 1 minute chrono, il a fallut un peu moins de 10 minutes à Yuuki Obata pour nous faire une Nanami sur une feuille A4, repassage au stylo inclus. On apprend entre autres, qu'elle est encore plus minutieuse sur ce coup là, car habituellement, elle utilise plusieurs crayons de mines différentes. Par contre, malheureusement nous n'avons pu pas avoir une photo de ce dessin. Autant je comprends que certains dessinateurs ne veulent pas qu'on les prenne en photo, mais ne pas vouloir qu'on garde un souvenir de leur dessin réalisé pendant une convention est fort dommage.
La même mésaventure s'était déroulée pendant la Japan Expo 2009, avec Takeshi Obata, l'auteur de Death Note et Hikaru no go, sauf qu'ici Yuuki Obata a quand même répondu elle-même aux questions de fans.

Compte rendu de la conférence publique

Le traducteur a commencé par expliquer que Yuuki Obata était connue en France pour 2 oeuvres : Bokura ga ita (C'était nous) et Sumire wa BLUE (La mélancolie de Sumiré).

La publication de Bokura ga ita s'est interrompue pendant 2 ans au Japon pour des problèmes personnels dont on ne saura toujours pas la raison, mais elle a recommencée depuis quelques temps, puisque 3 nouveaux chapitres du futur volume 13 sont sortis dans le magazine de prépublication, et elle travaille actuellement au 4e, dont elle avait amené des planches de travail.

Voici d'abord les questions, posées par l'organisation du Mang'Azur :

Comment vous est venue la passion du dessin, et à quel âge avez-vous commencé à dessiner ?
Je dessine depuis que je suis toute petite, mais j'avais arrêté pendant un moment. J'ai repris à la fin de mes études, et, au bout de trois ans, j'ai envoyé des dessins à plusieurs maisons d'édition. Heureusement que cela a plu à la Shogakukan, qui m'ont permis de publier mes œuvres, un an plus tard, et ainsi réaliser mon rêve.

Quels sont vis auteurs de manga favoris, ses inspirations ?
J'aime bien les oeuvres de Fusako Kuramochi & Ryou Ikuemi. Elles ne sont probablement pas connues en France.
Ces mangaka sont mes senpai de plus de 10 ans, mais ont grandement influencé le shoujo manga, je souhaite qu'ils soient publiés en France pour que vous puissiez vous aussi apprécier leurs oeuvres.

Aucune oeuvre de Fusako Kuramochi n'est publiée en France, ses oeuvres les plus connues sont A-Girl, 2 volumes en 1984, dont une adaptation en un OVA a été réalisée en 1993 et Tennen Kokkeko, qui sera évoqué plus bas. Sa dernière oeuvre se nomme Eki kara go fun, jousei en 2 tomes chez Chorus, qui a également prépublié Honey & Clover et Happiness.
Par contre pour Ryou Ikuemi, nous avons Honey Bunny et Dites moi que j'existe (Watashi wa itemo inakutemo), édités chez Panini, respectivement 2 et 3 volumes. Depuis 2004, elle dessine Kiyoku Yawaku dans Cookie, qui prépublie actuellement les shoujo Nana, Eden et Girl Bravo. Le 9e tome de Kiyoku Yawaku a été 25e meilleure vente au Japon en décembre 2008.

Quel est le manga que vous préfèrez parmi ses propres oeuvres ?
Je préfère le titre Maru Sankaku Shikaku (Rond, triangle, carré), qui a été dessiné 3 ans après que je sois devenue pro. A l'époque j'étais enthousiaste et tout était nouveau pour moi. C'est pour ça que j'aime bien ce titre.
De plus, Sumire wa BLUE et Bokura ga ita sont des oeuvres assez tristes, mais Maru Sankaku Shikaku est une comédie plus légère, et je préfère qu'on lise ce genre d'oeuvre.

Comptiez-vous faire de C'était nous un titre court, est-ce que vous vous s'attendiez à un titre aussi long ?
Au début, je ne m'attendais pas à ce que ce titre soit aussi long. Mais au Japon, selon les votes des lecteurs, il arrive qu'on demande au mangaka de prolonger l'histoire de son manga. Comme ce titre a été plébiscité par les lecteurs, l'éditeur m'a demandé de le prolonger. Au début, je visais seulement les 5 ou 6 tomes.

Quel est votre personnage préféré parmi ses 2 manga sortis en France ?
Fusako Kuramochi et Ryô Ikuemi sont les auteurs qui m'ont le plus influencé. En regardant leurs techniques de dessin, je voulais rendre mon manga plus réel. J'essaye surtout de faire coller les personnages à la réalité, pas à mes propres choix.

Quelles sont vos sources d'inspiration ?
J'écoute en général de la pop. Mais pendant que je dessine, je n'écoute que des chansons de l'époque où j'étais au lycée.

Pouvez-vous nous faire un scoop sur le développement de l'histoire de C'était nous ?
Dans les 3 nouveaux chapitres sortis, Nanami et Yano se rencontrent.
Il y a aussi un événement très important qui se passe entre Takeuchi et Nanami, mais c'est un secret !

Avez-vous des projets après C'était nous ?
Non, je n'y ai pas encore pensé. Je n'y réfléchirai qu'après avoir fini cette série.

C'est la première scéance de dédicaces que vous faites, y compris au Japon. Quels sont vos  sentiments et vos impressions de vôtre première rencontre avec vôtre public ?
Au Japon, je n'accepte jamais de dédicaces, c'est parce que je ne veux pas donner d'image de moi-même quand on lit mes manga (NdlR : D'où aussi le fait que le staff et l'entourage aient été si stricts avec les photos et vidéos, complètement interdites, et aussi probablement le fait qu'elle ait annulé une conférence prévue en amphithéâtre, où il aurait été impossible de contrôler tout le monde).
Mais comme vous m'avez donné l'occasion de voyager et de découvrir la France, j'ai accepté l'invitation !
Je savais qu'il y avait beaucoup de lecteurs en France, mais je n'avais pas imaginé comment ils étaient. Hier soir, j'ai pu assister à la soirée cosplay, j'ai vraiment été étonnée que vous aimiez autant les manga.
En général, les japonais ne savent pas que les français aiment autant les manga, j'ai été très émue.

Après les questions du staff de Mang'Azur, la parole a été donnée au public :

Seriez-vous intéressée par une coopération avec un auteur de BD européenne ?
(elle répond un peu à côté)
Comme vous le savez, les manga sont en noir et blanc, j'ai été très étonnée d'apprendre que les bandes dessinées européennes sont en couleur. Donc si j'ai l'occasion, j'aimerai bien dessiner une bande dessinée de ce style.

Quel est votre sentiment vis-à-vis de l'anime de Bokura ga ita ?
Ah ? Vous l'avez vu ?
Le réalisateur de Bokura ga ita est un grand fan du manga. Quand j'ai regardé l'adaptation, j'ai été très surprise et contente qu'il ait fait un aussi bon travail. Il n'a pas cassé l'image du manga.
Mais franchement la voix de Nanami est très loin de ce que j'avais imaginé.

Akitarô Daichi, le réalisateur de l'adaptation anime est également celui de Fruits Basket, de Ima, Soko ni Iru Boku (L'autre monde) et de Animation Runner Kuromi.
La voix de Nanami est une seiyuu qui débutait avec ce rôle, Nozomi Sasaki.

Avez-vous eu un cursus scolaire pour apprendre à dessiner ?
En fait, les japonais n'apprennent pas à dessiner dans une école. On commence à dessiner depuis tout petit et en persévérant on peut devenir mangaka.

Pouvez-vous nous donner quelques titres parmi l'oeuvre des 2 mangaka que vous avez cité en référence ?
En fait, toutes les oeuvres de Fusako Kuramochi et de Ryô Ikumei sont très bonnes, donc je n'arrive pas à en choisir une. Mais si vous voulez vraiment que je vous cite un titre, ce serait Tennen kokekko (Cocorico Spontané) de Fusako Kuramochi, car elle dessine notamment très bien les paysages de campagne.

Tennen kokekko est un manga de 14 tomes qui a gagné le prix Kodansha (alors qu'il n'est pas édité chez eux) catégorie shoujo en 1996.
Ce manga a également connu une adaptation en un film live-action en 2007.

Comment organisez-vous vos journées, votre travail, vos planches ?
Le travail de mangaka est très dur, il faut pouvoir supporter les insomnies. La durée de travail est assez variable, mais je dessine pour un mangashi publié mensuellement chez la Shogakukan. Pendant un mois, c'est environ 3 semaines de dessins, où mon travail consiste pour 90% à faire des planches. Puis je discute avec mon manager pour voir s'il faut changer des choses.

Il y a eu une dernière question par une retardataire sur le fait que devenir mangaka était bien son rêve. Puis la mangaka remercia son public en disant qu'elle n'avait jamais imaginé que des français puissent apprécier son oeuvre, vu qu'elle dessine surtout pour les petites filles japonaises.

Interview

Pouvez-vous détailler votre parcours pour devenir mangaka, si vous avez été assistante ou eu des mentors par exemple ?
J'ai commencé à envoyé des dessins pour avoir l'occasion de devenir mangaka, et j'ai eu la chance de gagner un concours (prix Shogakukan du nouveau mangaka en 1998). Pendant que j'envoyais mes dessins, j'ai eu l'occasion d'être assistante une seule fois, mais ce n'était pas vraiment pour apprendre.

Dans Sumire wa BLUE, il y a un élément important de l'histoire en anglais, et dans Bokura ga ita, Nanami est très forte en anglais. C'est un point qui revient également dans certaines histoires courtes du recueil Kimi no kachi. Est-ce que c'est quelque chose dont vous aimez parler, un point que vous aimez mettre dans ses scénarios ?
Comme l'anglais est une matière scolaire obligatoire, il est facile de remarquer une fille qui se débrouille bien dans cette matière. Mais pour Sumire wa BLUE, ce n'est qu'un hasard. En fait, quand j'ai créé ce manga, j'ai été inspirée par cette phrase ( « Roses are red, violets are blue. Sugar is sweet, and so are you » ). Votre question m'intrigue !

En fait, nous pensions que vous aviez fait une fac d'anglais ou que vous êtes passionnée par cette langue.
J'aime bien cette langue, mais je n'ai pas fait de fac d'anglais. Cependant, j'ai étudié l'anglais durant 2 mois dans une famille d'accueil, à Cambridge.

Les personnages de Yano (Bokura ga ita) et Shinobu (Sumire wa BLUE) sont très possessifs, est-ce un trait dont vous aimez aussi parler, est-ce que ça dénote quelque chose de personnel ?
Je n'y avais pas fait attention, mais en effet, c'est vrai. Par contre, j'étais partie sur ce comportement pour le personnage de Shinobu, et c'était ensuite assez facile à dessiner.

Quelle est la genèse de vos 2 oeuvres traduites en France, comment vous sont venues les idées du scénario ?
Pour Bokura ga ita, mon tantou de l'époque m'avait demandé de sortir un peu des histoires habituelle que je dessine, c'est-à-dire la vie lycéenne. Je me suis souvenue qu'un de mes amis était un peu dans la situation que vit Yano à la fin du manga. Je l'ai donc contacté pour qu'il me raconte un peu son histoire. Depuis, ce tantou a changé de poste.
Pour Sumire wa BLUE, j'avais un autre tantou, une femme cette fois. Elle était persuadée qu'un homme, pour être classe, doit faire du sport. Elle voulait donc absolument que le héros soit un sportif. Et comme à Kushiro, la ville où j'ai grandi, il y avait un club de hockey assez réputé, j'ai naturellement choisi ce sport.

Le club de la ville de Kushiro se nomme Nippon Paper Cranes, il fait parti de l'Asia League Ice Hockey, championnat qui rassemble les meilleurs clubs japonais, chinois et sud-coréen.

Que pensez-vous du titre français de La mélancolie de Sumiré qui peut se traduire par 'Sumire no Yuuutsu', qui n'est qu'un seul des 2 sens du titre ?
"Sumire" signifie "violette" (la fleur), et dans ce cas là, ce n'est plus "le blues de sumire", mais "les violettes sont bleues" référence au poème dont il est question dans le manga.
Comme je m'en doutais, il est vraiment dommage de ne pas pouvoir traduire toutes les significations du titre japonais, mais je comprend que ce soit difficile à retranscrire. Cependant, le choix du mot "mélancolie" est plutôt une bonne adaptation, j'en suis satisfaite.

Il y a beaucoup de personnages dans vos manga qui sont à peine nommés, soit par leurs prénoms seulement, soit carrément par un diminutif, et on a parfois aucune informations sur eux, pourquoi ?
Il m'est venu naturellement de ne pas les nommer. On peut dire que c'est pour mieux contraster avec les personnages principaux. D'ailleurs, c'est la même chose pour le dessin, où les protagonistes principaux ont plus de détails, et dont les dessins sont plus accentués.

Intrigués par ce que vous aviez dit à propos de la voix de Nanami dans l'anime de Bokura ga ita, nous aimerions savoir comment vous-même aviez imaginé la voix de votre héroïne ?
J'imaginais plutôt une voix très active et vivante, alors que celle de l'anime était plutôt faible. J'aurai préféré une voix ressemblant à celle attribuée à Mizuchin.

La seiyuu de Nanami, qui a donc débuté sur ce rôle, est Nozomi Sasaki (qui chante aussi certains thèmes de fin de l'anime), et celle de Mizuchin est Kaori Shimizu.

En lisant le tome 12, on se doute que c'est bientôt la fin du manga. Combien de tomes comptez-vous encore faire de Bokura ga ita avant la fin ?
Je pense que si j'arrive à parfaitement organiser l'histoire, le manga devrait faire au total 14 volumes.


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