Tomoki Kyoda (Juillet 2008) - Interviews - Manganimation.net, Manga Anime, news & reviews
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07/07/2008 | Rukawa

Tomoki Kyoda (Juillet 2008)


Eureka seveN suit les archétypes posés par Yoshiyuki Tomino et Gundam, avec des influences de Hideaki Anno et Evangelion. Est-ce que vous avez envisagé la série sous cet angle, lors de sa création ?
Quand on crée un anime de mecha au Japon, il est normal qu'il y ait de l'influence, vu que ces deux oeuvres sont incontournables. Je suis de la génération qui a grandi avec les anime de Yoshiyuki Tomino. C'est un peu comme les réalisateurs américains de science fiction qui ont grandi avec Star Wars et Star Trek. Comme j'ai grandi en voyant ces oeuvres, même inconsciemment, on s'y inspire. Cela vient tout seul.

Justement, quelles sont les séries de mecha que vous appréciez le plus ?
Je ne sais pas vraiment. Si on parle de Gundam, je citerai la première série de 1979 et les OVA de Gundam 0080: War in the Pocket.
J'apprécie également beaucoup Galaxy Express 999. Et ce qui concerne le film, il ressemble plus à cette dernière.
Tsunenori Saito, le directeur de l'animation sur le film, est également un grand fan de cette série. La première scène du film dans la neige ressemble à la scène qui se déroulant également dans la neige dans Galaxy Express 999, sans qu'on le veuille. Nous nous en sommes rendu compte en vérifiant les roughs. Cela en est devenu un sujet de plaisanterie entre nous, mais en même temps un soucis, avait-on besoin de pousser aussi loin l'hommage ? Mais finalement on l'a laissé tel quel.

Dans Eureka seveN, les mechas sont plus un simple élément de la trame principale qu'un moyen de finalité, est-ce un mal nécessaire pour toucher un nouveau public ?
Pour le film ce n'est pas tout à fait vrai. Il s'articule autour de Renton, Eureka et du Nirvash, qui ont une forme autre que celle du mecha. Et pour la série TV, les mecha sont avant tout des véhicules.
Mais non, ce n'est pas une obligation pour toucher un nouveau public. J'ai aussi reçu une grande influence de Macross. Ichirô Itano avait aussi réalisé des scènes d'action extraordinaires avec les valkyries. J'adore aussi les scènes d'action mécanique animées par Hideaki Anno. Depuis tout petit, j'adorais leurs scènes de mecha au point de les revoir au ralenti image par image.
Là aussi sans m'en rendre compte, les influences de ces deux animateurs en ressortent sur le film.

La particularité de Eureka seveN sont ces robots surfeurs, d'où est venu le concept des robots surfeurs dans le ciel ?
Lorsque nous avons élaborés le scénario original, nous avions imaginé que sur la planète où se déroulerait l'action dans la série, avec 2 grandes tours où des vaisseaux feraient des allers-retours.
Le concept de base était que ces vaisseaux, qui ne sont pas des avions, flotterait sur un nuage de particules, le trappal, qui recouvrerait toute la planète. Au début, les robots ne devaient pas voler dans le ciel.
Lorsque j'ai discuté avec Shôji Kawamori, le designer des LFO, on s'est dit « Si les bateaux flottent sur la mer, pourquoi pas les robots ? ». Il suffisait donc de mettre les robots sur les trappals.
C'est une perle qui est sortie un peu de nulle part, lors d'une discussion anodine. Au final, on s'est quand même dit que çà avait la classe, un robot sur une planche de surf qui vole dans le ciel.

Comment vous est venu le thème principal du film, avec le Neverland, Peter Pan, Wendy ?
Si vous regardez le monde de la série TV, par rapport à la réalité, c'est un peu comme un monde qui se passerait dans un rêve. À partir de ce point du scénario, selon lequel ils vieillissent plus vite que la normal, c'est très lié au concept du temps.
C'est très difficile à expliquer, quand j'ai eu cette idée, en gros, je voulais donner l'impression que Eureka était un être qui vient du Neverland. On peut dire effectivement qu'elle récupère le rôle de Wendy.
Dans le film, j'ai laissé tout le monde croire cela, mais au dernier moment, j'ai complètement renversé la situation.
On peut imaginer une opposition entre le monde du rêve des enfants, et le monde de la réalité des adultes, on pourrait se dire que ça colle tout à fait à Peter Pan.
Désolé de pas pouvoir être plus clair dans ma réponse.

Mais Renton évolue contrairement à Peter Pan...
En réalité, çà serait plutôt Holland et l'équipage du Gekko State dans le rôle de Peter Pan et des enfants perdus. J'ai justement voulu créer cette surprise. Un thème récurrent du film est de recréer son propre mythe mais au final, c'est Eureka et Renton qui crééent leur propre mythe. 

Est-ce que la série TV pourrait être ce mythe ?
C'est tout à fait ça. Dans le monde du film, l'histoire de la série existe en tant que mythologie. 

Le film de Rahxephon est traversé par le livre "De l'autre côté du miroir" de Lewis Carol, pour Eureka seveN TV, c'est "Le rameau d'or", et dans le film c'est "Peter Pan". La littérature est-elle votre une source principale ?
Oui les références sont exactes. Aussi la littérature est pour moi une très grande source d'inspiration, je lis environ une centaine de livre par an, mais je pense que cela doit être pareil pour tous les autres réalisateurs. Personnellement, j'aime particulièrement lire les livres à caractère philosophique. Je m'intéresse aussi à l'économie, car le monde actuel est complétement régit par l'économie, et connaître l'économie c'est comprendre le monde et son fonctionnement.

Eureka seveN traite de nombreux sujets, de l'écologie, du racisme, quel thème aimeriez-vous exploiter dans une prochaine oeuvre ?
Je voulais que la série TV de Eureka seveN soit comprise par un public large dans le monde entier.
La société japonaise a évolué dans une mauvaise direction, en général. Je me posais la question « Qu'est-ce que le Japon ? », creuser cette question pour trouver de nouveaux thèmes.
Au Japon, on s'intéresse de moins en moins aux peuples du monde extérieur. La société japonaise ne peut pas se renfermer sur elle-même. Je pense qu'avoir des relations avec l'étranger est très important.
Penser à « Qu'est-ce que le Japon ? » peut aussi amener à se demander « Qu'est-ce que le monde ? »
J'y ai réfléchi pendant la réalisation du film de Eureka seveN, cela va m'amener à penser à d'autres thèmes pour des prochaines oeuvres.

Le studio est réputé pour la bonne qualité technique de ses oeuvres, comment Bones arrive à se démarquer ?
Le studio a énormément d'animateurs de très haut niveau. On arrive à bien équilibrer entre talent artistique et business. C'est le meilleur côté du studio Bones. L'animation est aussi un business, mais il ne faut pas négliger le côté artistique. C'est là ou les animateurs sont très talentueux car ils arrivent à concilier ces deux faits. 

Comment ressentez-vous l'approche des fans français sur le film ?
J'ai ressenti la même chose à l'Anime Expo aux USA qu'à la Japan Expo en France, les fans s'éclatent. Chaque pays à sa façon de s'amuser et de profiter des oeuvres. Cela me donne l'impression que les fans français ressemblent aux fans japonais. C'est à dire que ma façon de gérer l'intéraction entre les fans français n'est pas différente qu'avec les japonais. Il n'y a aucun malaise et je trouve ça extraordinaire car je peux rester moi même en donnant l'impression d'être chez moi. Les fans éprouvent tellement de respect pour les auteurs qu'ils se mettent naturellement en rang pour des auteurs japonais. Leur façon d'exprimer leur passion pour l'animation japonaise et similaire à celle des fans japonais. À mi-chemin entre la timidité et le respect. En soit, on pourrait citer « Nous ne sommes pas digne ».
J'allais aussi au comiket il y a 20 ans, à l'époque c'était un comiket qui n'était pas encore une machine commerciale, et je ressens un peu ce genre de chose. Et c'est ce type d'atmosphère qui me fait ressentir qu'il y a un futur pour l'animation. La France me laisse une très bonne impression et j'en suis très heureux.

Traduction : Stéphane Lapie


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