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18/07/2013 | Ryuurei

Tatsuyuki Tanaka (Peace Eco Smile - Japan Expo 2013)


Tatsuyuki Tanaka - PESTwitter - Site personnel

Le réalisateur Tatsuyuki Tanaka est venu en France à l'occasion de l'évènement Toyota x Studio 4°C meets ANA à la Japan Expo 2013.
Il a présenté son nouveau clip video intitulé Kôshin, faisant partie du projet Peace Eco Smile, une série de 7 courts métrages d'animation co-produit par Toyota et le Studio 4°C. Vous pouvez visionner ces dernier sur la chaîne youtube Nasubi TV. Cependant, Kôshin se démarque nettement avec un visuel bien moins coloré, d'autant plus qu'il n'est pas fini.

Tatsuyuki Tanaka a bien voulu nous répondre à quelques questions concernant ce clip et ses anciens travaux dont nous pouvons en voir des illustrations dans l'artbook Cannabis Works.

 

Tanaka Tatsuyuki - Kôshin

 

Quelle est votre implication sur le projet Peace Eco Smile ? Est-ce seulement en rapport avec le clip « Kôshin » ou avez-vous également participé sur les différents courts métrages ?

En dehors du vidéo clip, il y a également un court métrage animé d'une quinzaine de minutes sur lequel je travaille, mais il n'est pas encore terminé. Il sera terminé au mois d'août, mais ne sera disponible que cette automne, à partir de septembre.

 

Quel a été le déclic qui vous a poussé à travailler dans le milieu de l'animation ?

J'ai toujours adoré le monde de l'animation, notamment Hayao Miyazaki. Quand j'ai commencé, il y a eu Katsuhiro Ôtomo qui sortait du lot et j'ai pris la décision de suivre cette voie, j'ai dû arrêter le lycée en cours. J'ai toujours hésité entre les mangas et l'animation, et j'ai d'ailleurs toujours envie d'aller vers le manga.

 

Comment s'est passée votre rencontre avec Katsuhiro Ôtomo ?

C'était au début de la production d'Akira, j'ai postulé pour travailler sur ce projet. Je n'étais qu'un animateur parmi d'autres, sans être spécialement disciple de Katsuhiro Ôtomo.

 

Du coup, concernant la scène que vous avez animé dans Akira, la mutation du bras de Tetsuo, étiez-vous choisi spécifiquement pour cette scène ou était-ce le coup du hasard ? Puisque grâce à celle-ci, votre potentiel a pu être remarqué.

C'était vraiment du hasard. Parmi les animateurs, chacun avait ses préférences mais dans mon cas, comme je suis vraiment arrivé vers la fin du projet, j'ai pris les scènes qui restaient, et je pense que j'ai eu une chance incroyable.

 

Concernant Nadia et le secret de l'eau bleue, vous avez dessiné les imageboards des épisodes 19 à 29, à une période où Hideaki Anno se trouvait en retrait. Comment s'est passée cette expérience ?

Sur ce projet, Hideaki Anno avait annoncé dès le départ qu'il ne s'occuperait que des 10 premiers épisodes et de la fin. Pour tout le reste, les imageboards étaient confiées à d'autres animateurs. Ce n'était pas tout à fait un scénario mais des scènes expliquées en trois lignes.

Tanaka Tatsuyuki - Nadia Film Image Board

Nadia et le secret de l'eau bleue - Imageboard du film

 

On peut donc dire que vous aviez une totale liberté ?

Pas tout à fait, il y avait une ligne directrice prévue dès le départ, mais je devais m'occuper de trouver des idées pour combler.

 

Vous êtes rapidement devenu indépendant après Akira, et vous vous êtes tourné vers des projets d'OVA et des films d'animation, avec Kôji Morimoto par exemple ou encore avec Yasuhiko Yoshikazu. Aviez-vous prévu cela dès le début ou était-ce une opportunité ?

Puisque c'était des opportunités, je n'ai pas l'impression d'avoir fait ce choix de carrière. Je suis allé vers ce qui me plaisait le plus, ce qui m'a semblait le plus intéressant.

 

Et donc, si un jour on vous proposait de faire une série d'animation, accepteriez-vous volontiers de la réaliser ?

Cela va être vraiment difficile. Je suis quelqu'un qui souhaite contrôler tout le projet de bout en bout et ça serait difficile dans le cas d'une série d'animation hebdomadaire.

 

Nous en arrivons à Cannabis, votre artbook, et d'abord, nous voudrions savoir pourquoi vous avez choisi ce nom ?

J'ai été character-designer du jeu Linda³ et c'est à partir de là que j'ai dessiné des illustrations d'un univers étrange. En fait, je voulais me mettre dans la peau d'un étranger, et j'avais lu le sens du mot cannabis dans un livre. Au niveau de la consonnance, j'ai pensé que ça sonnait un peu comme Moëbius. J'aime bien le travail de Moëbius, mais j'ai avant tout utilisé ce nom pour la sonorité du mot.

 

Concernant vos illustrations, que l'on peut également voir dans le court métrage Tôjin Kit. Que peut bien représenter l'élément coloré par rapport à un arrière-plan d'ensemble assez sombre voire crade typique de l'univers cyberpunk ?

Ce type de design était aussi présent dans le clip que vous avez vu à la conférence publique, et en fait c'est une espèce de super réalité qui se trouverait derrière la réalité. Je ne voulais pas que tout soit trop sombre.

 Tatsuyuki Tanaka - Tôjin Kit

 Extrait de Tôjin Kit

 

Comme le nounours qui grossit grossit et explose d'un million de couleurs ?

Oui, en fait j'aime bien les trucs kawaii et les choses qui sont un peu bêbêtes, Cependant la réalité est plutôt sombre. Chacun doit s'adapter à sa réalité, et chacun devrait y mettre un peu de couleur. J'ai voulu mettre ces visions qu'on a durant l'enfance, à l'époque de l'insouciance, et que même dans cette réalité nous pouvons faire ressortir quelque chose de joyeux.

 

Qu'est-ce que vous adoriez regarder quand vous étiez petit, en dehors des réalisations de Hayao Miyazaki ?

J'aime bien Grendizer, je sais que vous avez un nom différent en France.
(on lui souffle)
Voilà, j'aime bien Goldorak. Et évidemment Mazinger Z, Great Mazinger, Getter Robo, entre autres.

 

Pourtant, on a pas l'air de voir cet aspect Super Robot dans vos œuvres !

Non mais par contre, je suis beaucoup influencé dans des endroits qui ne sont pas forcément visible. Comme sur cette image, la combinaison de la jeune fille fait penser à Ultra Seven.

Tatsuyuki Tanaka - Cannabis Ultra Seven

 

Et sur celle-ci, on voit un partie de la tête de Mazinger Z

Tatsuyuki Tanaka - Cannabis Mazinger

Mais si, dans le coin en haut à droite !

 

Toujours parmi ces influences, vous appréciez David Lynch et Akira Kurosawa, entre autres, parmi ces nombreux réalisateurs, quels oeuvres conseilleriez-vous dans le but de mieux comprendre votre univers ?

C'est bien difficile, il y en a tellement ! (rire)
Eraserhead de David Lynch, parmi tous ses films. Dans un univers totalement différent je citerai les Sept samurais de Kurosawa. Récemment en réalisateur français, il y a Gaspard Noé avec Carne et Irreversible. Sans oublier Jean-Pierre Jeunet avec Amélie Poulain et La cité des enfants perdus, j'ai pu visiter Montmartre ! J'adore Delicatessen également.

 

Quel regard portez-vous sur l'animation actuelle ? Et comment pensez-vous qu'elle puisse changer ?

Je n'ai pas de vision vis à vis des animateurs, je ne peux pas changer quelque chose, mais rien que le fait de ne pas aimer suivre une voie toute tracée et qu'on me permette de réaliser mes projets, c'est déjà une victoire. Ça ouvre des voies, et en cela je pense changer quelque chose dans le monde de l'animation. Ce n'est pas moi qui irait dire qu'il faut augmenter le salaire des animateurs ou ce genre de chose.
Comme c'est le cas pour Mamoru Hosoda, j'ai mon propre univers, et si on aime Hosoda, on ira voir son prochain film. Dans ce sens, on pourrait plus créer des courants d'animation, qui nous donne envie de voir le prochain.

 

Sachant que Mamoru Hosoda a désormais fondé Chizu, son propre studio, est-ce que finalement voudriez-vous monter le vôtre et créer un nouveau courant ?

Non, à cause du droit d'auteur qui était quasiment inexistant auparavant, je pense que nous devrions aller vers une reconnaissance des auteurs plutôt que sous le nom d'une société ou d'un groupe.

 

Il y a une mouvance actuelle avec les sakuga MAD, c'est plus ou moins une sorte de reconnaissance envers les animateurs.

En effet. En fait comme avant, dans les films de science-fiction où on parlait de Douglas Trumbull comme ayant participé à certaines scènes. Ce fait-là donnait envie d'aller voir ces films.
J'ai l'impression que la mouvance actuelle de l'animation le permet aussi, avec des scènes qui sont sous l'égide de tel ou tel animateur, comme Takeshi Honda par exemple, qui en participant à telle série, donne alors envie aux fans de regarder son projet suivant. C'est en cela une reconnaissance qui me plaît beaucoup. Après il ne faut pas trop en faire non plus, sinon on passe pour un maniaque.

 

Tatsuyuki Tanaka, Japan Expo 2013

CANNABIS WORKS © Tatsuyuki Tanaka
Peace Eco Smile © PES Studio 4°C x Toyota

Traduction : Kazuma Fujiyama
Remerciements à Julia Inisan & Midori Saitô

Plus d'informations

http://www.kojimorimoto.net/fr/studio4c_tanakat.htm


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