Takeshi Honda (MCM London 2016) - Interviews - Manganimation.net, Manga Anime, news & reviews
Network
     

↓

28/02/2017 | Rukawa

Takeshi Honda (MCM London 2016)


Takeshi Honda est un des meilleurs animateurs japonais. Il a été l'invité @TheAnime pour le MCM London Comicon de novembre 2016.
Originaire de la préfecture de Ishikawa, il est diplomé de l'Academie de Design de Tôkyô. Il rentre chez la Gainax en 1987, où il participe à Top wo Nerae! Gunbuster, puis à Fushigi Umi no Nadia, où il fut l'un des plus jeunes directeur de l'animation et évidemment Evangelion. Il obtient la reconnaissance mondiale en étant directeur de l'animation sur Millenium Actress de Satoshi Kon.

Takeshi Honda, animateur

Quels sont les anime qui vous ont donné envie d'être animateur ?
Le premier anime qui m'a marqué, c'est évidemment Mirai shounen Conan, que j'ai vu quand j'avais 10 ans. J'ai beaucoup été marqué par les anime de Hayao Miyazaki, j'aime aussi beaucoup Haha wo tazunete sanzenri et Alps no shoujo Heidi.

Ces trois anime ont été diffusés en France, respectivement sous le nom de Conan fils du futur, Marco et Heidi.

Euh ces 2 anime, c'était Isao Takahata le réalisateur de Haha wo tazunete sanzenri et de Heidi
Ah oui c'est vrai. *rires*. Hmm ... Miyazaki a fait les layouts dessus. *rires*
Dans Mirai shounen Conan, même si l'histoire était assez basique, Miyazaki a su mêler des éléments de science-fiction dedans, c'est ce qui m'a intéressé.  J'ai donc ensuite regardé d'autres séries de lui comme Lupin III.
Il y a eu ensuite le boom de l'animation au Japon avec des séries comme Gundam et Ideon. Je n'étais déjà plus un enfant quand je les ai regardés mais cela m'a tout de même donné envie de rejoindre ce milieu.

Et donc comment vous êtes rentré dans le milieu de l'animation ?
Je venais de finir le lycée, je ne savais absolument pas comment devenir un animateur. Cependant je savais qu'il fallait aller à Tôkyô pour en avoir l'opportunité. J'ai donc tout d'abord décidé de faire mes études là-bas. J'ai vu une annonce pour travailler chez Atelier Giga, j'y ai déposé un CV et ils m'ont embauché.

Au début de votre carrière vous avez travaillé chez Gainax, pouvez-vous nous raconter une anecdote de cette époque ?
Ah Gainax, cela remonte à loin. Oui j'ai de bons souvenirs là-bas. *rires*
J'avais à peine débuté en tant qu'intervalliste que 6 mois plus tard, Atelier Giga a fait faillite. *rires*
Donc du coup, j'étais libre, j'ai recommencé à envoyer des CV un peu partout, et j'ai été convoqué pour un entretien chez Gainax. Sur un CV, on écrit son expérience, j'ai donc bien sûr écrit « Atelier Giga ». J'ai passé l'entretien avec Hideaki Anno et Yoshiyuki Sadamoto. Ils m'ont posé la question « Vous avez vraiment travaillé chez Atelier Giga ? ». J'ai acquiescé, puis ils ont éclaté de rire. J'ai pensé qu'ils étaient vraiment mesquins sur le coup. *rires*

Pourquoi ils ont rigolé ?
Des rumeurs disaient depuis un moment que Atelier Giga allait mettre les clefs sous la porte et ils se demandaient entre eux dans combien de temps il allait fermer. *rires*
Ils ont trouvé drôle que quelqu'un de là-bas postule chez eux. C'était assez atypique, pour eux, qu'une compagnie dure si peu de temps.
Du coup, j'ai été embauché, mais je pense que cela n'avait aucun rapport avec mes qualités. *rires*

Au studio Gainax, on disait que vous étiez le spécialiste quand il fallait animer les belles femmes. Que pensez-vous de cette réputation ?
Chez la Gainax, on aimait bien les jolies formes, mais je pense que les filles que je dessine ne sont pas très sexy. *rires*
J'ai le sentiment d'être plus des standards normaux plutôt qu'aller vers la sensualité.

Vous avez comme surnom 'Shishou', soit 'Maître'. Comment est venu ce surnom ? Il semble que le premier à vous avoir l'affublé soit Takahirô Kishida.
C'était pendant l'épisode 8 de Bubblegum Crisis. Takahiro Kishida était le directeur de l'animation des mechas et c'est lui qui m'a donné ce surnom en effet. J'avais fait des esquisses sans être très conforme à son style, j'ai rajouté quelques éléments en plus. Quand il les a vu sur mon bureau, il a dit « Regardez, ce jeune essaie de nous challenger ! ». *rires*
Il les aimait beaucoup et pensait que je faisais aussi bien que lui, donc a décidé de m'appeler « shishou » à partir de ce moment. *rires*
Mais c'était un peu de l'ironie, et pas parce que je suis spécialement talentueux. *rires*

Vous avez participez en tant  que character-designer à Millenium Actress de Satoshi Kon. Pouvez-vous dire comment s'est déroulée votre collaboration ?
Satoshi Kon était une personne exceptionnelle, en tant que réalisateur, il avait tellement de talent. En comparaison, les autres sont tous vraiment mauvais. *rires*
C'était un honneur de m'être fait remarquer par lui. C'était très difficile d'atteindre les objectifs qu'il visait, c'était un beau challenge de s'élever à ce niveau.
J'ai vraiment adoré travailler avec lui, nous avons eu une très bonne connexion. Tout le monde adhérait à ses idées et donc le staff se donnait donc à fond. Aller dans le même sens aide à faire un travail difficile.

Quelle empreinte a laissé Satoshi Kon sur votre carrière ?
Son influence a été grande. Je me suis mis à littéralement copier son travail sur Millenium Actress, son style dans le moindre détail. C'est à partir de là, que j'ai pensé qu'il faut vraiment que je forge mon propre style, car pour avancer, il faut arrêter de copier.

Votre approche de l'animation se tourne vers un dessin et des mouvements empreints de réalisme, un style marqué que l'on a remarqué dans votre scène du premier film Naruto. Qu'est-ce qui vous a influencé dans cette approche ?
A l'époque du collège, il y avait un magazine nommé Starlog au Japon, qui parlait de cinéma. Je n'avais pas encore vu le film à ce moment, mais il y avait des images de Superman. J'ai été impressionné par la carrure, je pense que c'est une des raisons qui me font fréquemment essayer de modéliser ce style réel à l'animation. Même s'il existe des techniques comme la rotoscopie qui permettent être très proche de la réalité, pour animer ce passage de Naruto, je me suis filmé moi-même et j'ai dessiné à partir de cette vidéo. *rires*

Votre nom est lié à la saga Evangelion depuis la série télévisée jusqu'à aujourd'hui, en particulier, pour l'animation des "Eva series". Les membres du staff soulignaient la difficulté du design de ces Eva, comment avez-vous approché leur animation ?
Oui, en effet il y avait beaucoup de boulots. Après coup, j'aurais souhaité que ce soit plus simple. *rires*
Aujourd'hui cela aurait été beaucoup plus simple et rapide en 3D, mais si on le fait en 3D, je ne pourrais pas dessiner dessus. *rires*
Mes collèges et moi avions sous-estimé la chose, mais comme nous avions déjà commencé, il fallait continuer, nous ne pouvions pas revenir en arrière. *rires*
Mais comme j'aime beaucoup dessiner du Evangelion, cela m'a tout de même séduit de le faire.

A propos des nouveaux films d'Evangelion, pour quelle raison êtes-vous passé du rôle de directeur de l'animation des mechas sur le premier film, puis à un rôle plus général de directeur de l'animation sur les suivants ?
A l'époque où le projet du remake a pris forme, on n'avait pas vraiment décidé que je ferais que du mecha ou si j'allais faire des personnages. Au début, j'ai eu entre les mains des corrections de l'Eva-01 et j'ai fait le boulot et j'ai continué à le faire sur des mechas. Cela peut être bizarre mais cela s'est déroulé ainsi. *rires*
Ensuite, sur le second, ils m'ont un peu obligé, même si cela faisait longtemps que je n'avais pas dessiné les personnages. J'aurai bien voulu rester dans la même position que dans le premier film, et ne dessiner que les mechas. En fait Yoshiyuki Sadamoto a dit à la production « Honda va le faire. » *rires*.

Yoshiyuki Sadamoto nous avait confié que vous étiez quelqu'un d'intéressé seulement par les mechas.
*rires*
Oui en effet.

Le projet Animator-Expo vous a vu collaborer avec Mahiro Maeda, pouvez nous dire comment ce projet a germé et comment avez-vous partagé la réalisation entre vous ?
Le projet était assez libre. L'idée originale venait de moi, j'ai pensé à une fille toute nue qui courait. Mahiro Maeda a fait le storyboard d'après mes idées et selon mes directives. J'ai ensuite été le directeur de l'animation.

Aujourd'hui votre nom apparait très rarement sur des séries TV, avec des exceptions comme Space Dandy ou Kill la Kill. Le système de production hebdomadaire n'est donc pas adapté à ce que vous souhaitez montrer quand vous animez ?
En effet. Le problème vient évidemment du système de production des anime qui sont diffusés hebdomadairement. Je peux travailler sur n'importe quel projet s'il me plaît, mais sur le rythme plus intense d'une série TV, le planning est parfois épuisant. Je reçois des offres pour deux, mais j'ai évidemment tendance à préférer à travailler sur un film qui laisse plus de temps pour travailler. Cela correspond bien plus à ce que je veux faire.

Vous avez été directeur de l'animation sur les deux tiers de Dennou Coil, avant de quitter la série. Pouvez nous expliquer les raisons de votre départ ?
*rires*
En fait je ne pouvais plus travailler dessus, mon contrat finissait avec Madhouse. Je n'étais plus disponible dès que la production d'Evangelion allait commençait. La production de Dennou Coil a pris bien plus de temps qu'il ne fallait donc je ne pouvais plus travailler dessus et je suis parti.

Ah ?  Une rumeur disait qu'en fait vous ne vous entendiez pas très bien avec Mitsuo Iso...
*rires*
Oui, c'est vrai. *rires*
Le timing m'arrangeait, j'étais bien content d'aller travailler sur Evangelion, j'ai pu respirer.

Quelle est la scène d'animation que vous avez dessiné dont vous êtes le plus fier ?
Il y a cette scène dans Momo e no tegami, avec le personnage principal, la fille, quand elle voit les monstres chez elle. C'est un moment comique que j'ai pris beaucoup de plaisir à dessiner.

 

Traduction : Kozue
Remerciements : OuRs256
Jeremy Grave (@theAnime)


Commentaires

Aucun commentaire

Ajouter un commentaire

Il a des cheveux blonds, un survêtement orange, il mange des ramen et veut devenir hokage quand il sera grand, il s'appelle ... ?



Se connecter

Pôle Emploi

recrutement
Please RT