Norihiro Hayashida, producteur Tôei Animation (Connichi 2016) - Interviews - Manganimation.net, Manga Anime, news & reviews
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16/10/2016 | Rukawa

Norihiro Hayashida, producteur Tôei Animation (Connichi 2016)


Norihiro Hayashida est le producteur de Dragon Ball Z Fukkatsu no F pour le compte de Tôei Animation.
Avant de rejoindre le studio le plus emblématique de l'animation japonaise, il était un des producteurs pour de la case horraire noitaminA, des anime diffusés le jeudi soir à 24h45.
Présent en Allemagne pour la projection du film à Berlin et à Kassel, durant la Connichi, il a bien voulu nous accorder une interview.

Norihiro Hayashida, producteur Tôei AnimationPouvez-vous expliquer le rôle de producteur d'anime ?
Le producteur d'anime est chargé de s'occuper du budget alloué à l'anime, le répartir convenablement, avec l'appui du réalisateur et de son équipe. Tous veulent faire le meilleur produit possible, quitte à travailler des heures supplémentaires, mais le producteur est celui qui prend les décisions quand il faut arrêter. Seul le producteur est en mesure de faire cela.
L'important est de savoir gérer le temps et le budget imparti. Il doit savoir exactement quand il faut savoir arrêter l'anime et jusqu'à quel point l'argent peut être utilisé. C'est lui qui définit les limites à ne pas dépasser, car il faut garder à l'esprit que des corrections peuvent se faire, il faut donc toujours garder de l'argent pour plus tard, pour le produit final.
Il s'occupe également du planning et de le faire respecter et de gagner du temps.
Il choisit également le staff principal, le réalisateur, le compositeur, ainsi que le directeur de l'animation

Comment êtes-vous entré dans l'industrie de l'animation et êtes arrivé dans le rôle de producteur ?
En fait j'ai été très chanceux, je suis arrivé directement à la production. Evidemment à mes débuts, j'ai fait aussi le travail d'un assistant. Cela fait déjà plus d'une quinzaine d'années, j'étais dans une entreprise filiale qui s'occupait de l'animation.

Quelles sont les différences entre être producteur de film d'animation et de séries TV ? Y-a-t-il une façon de procéder différente ?
Sur une série TV, on a le pouvoir de changer les choses en fonction de l'audience et ainsi répondre aux spectateurs. Sur un film d'animation, on a droit qu'à une seule chance. C'est la plus grosse différence.

Vous étiez affilé à des programmes qui ont été diffusés dans la case noitanimA avec par exemple, Hatarakiman, Nodame Cantabile ou encore Hakaba Kitarô. Comment se déterminait les programmes à produire ?
Je me rendais dans un mangakissa où il y a énormément de manga à disposition, et lisais le premier tome de toutes les séries disponibles.
Quand j'en trouvais une vraiment intéressante, je lisais le reste et me disais « Hatarakiman, c'est vraiment pas mal, j'ai envie de le produire ». Pareil pour Moyashimon ou Nodame Cantabile.
En ce qui concerne Terra e, c'est autre chose, c'est un film d'animation que j'avais déjà vu plus jeune. J'avais beaucoup apprécié, et je me suis dit que ce serait bien d'en faire une série TV.

Les débuts de noitaminA ont été marqué très shoujo, avec par exemple Nana, Nodame Cantabile ou encore Honey and Clover... aujourd'hui la ligne éditoriale semble assez différente...
Des séries comme Nodame Cantabile ou Hatarakiman peuvent être vu indifféremment par un homme, des enfants ou des parents. Ce ne sont pas des séries qui visent que les jeunes filles.
Il s'avère que ces séries sont publiées dans des magazines pour filles, mais je pense que l'histoire n'a rien d'exclusivement shoujo.

Comment êtes-vous arrivé chez Tôei Animation et sur le projet du nouveau film de Dragon Ball Z Fukkatsu no F ?
A l'origine, j'étais entré chez Tôei Animation comme directeur des ventes à l'étranger. Quand Dragon Ball Z Kai était en cours de production, ils avaient besoin de quelqu'un pour être en charge la suite de la série pour la saga Buu. J'ai levé la main et dit « Je veux bien le faire », puis dans la suite logique, j'ai été en charge du second film.
Pendant Kami to Kami, j'étais encore directeur des ventes à l'étranger.

Affiche de Dragon Ball Z Fukkatsu no F

La première surprise du film, c'est son réalisateur, Tadayoshi Yamamuro, l'un des trois character designers de Dragon Ball Z. C'est son premier projet de réalisation, il n'a même pas été directeur d'épisode. Pourquoi ce choix ?
Dans le monde de l'animation, la progression se fait par étape : on commence par travailler en tant qu'intervalliste où on dessine des intervalles, puis animateur-clef, où on dessine des poses-clef, puis directeur de l'animation, où on est le "chef" de l'animation. Ce n'est à partir du moment où on devient directeur de l'animation qu'on a une possibilité d'occuper la position de réalisateur.
Tadayoshi Yamamuro avait toujours dit qu'il voulait être réalisateur, mais il n'avait encore jamais eu d'opportunité. Vu que cela faisait longtemps qu'il était directeur de l'animateur, nous avons donc décidé de lui donner sa chance.
Il avait cependant déjà dirigé l'opening d'un jeu Dragon Ball Z, ainsi que les opening et ending de Dragon Ball Z Kai.

Le second film est bien plus fan-service que le premier, il y a beaucoup plus de clins d'oeil.
Chaque personnage de la série a beaucoup de fans, Gokû a ses fans, Vegeta a ses fans, Piccolo a ses fans etc... Les précédents films ne se focalisaient que sur Gokû ou Vegeta ou un ennemi. Les autres personnages étaient à part, mais ils ont leurs fans aussi. Cette fois, nous avons voulu faire plaisir à tout le monde et donner un moment de gloire à chaque personnage.
Dans l'histoire originale de Toriyama-sensei il y avait 1000 ennemis d'un côté, et de l'autre le groupe des gentils avec Gokû, Vegeta, Gohan, Piccolo et Krilin. Ainsi, avec le réalisateur, nous les avons répartis de façon à ce que tout le monde ait sa propre scène de combat.

La franchise Dragon Ball Z est assez bankable, pourquoi Tôei Animation n'a pas tenté de faire un rendez-vous annuel avec un film par an, comme le font d'autres monuments de l'animation japonaise comme Crayon Shinchan ou Meitantei Conan ?
Le soucis, c'est que Tôei Animation a déjà plusieurs séries qu'elle produit en continue : One Piece, PreCure et actuellement Dragon Ball Super aussi, évidemment. C'est très difficile de produire un nouveau film, nous n'avons pas assez de staff.
Mais Dragon Ball est aussi l'oeuvre de Toriyama-sensei. Il faut le contacter et lui donner une idée intéressante pour le motiver.

Et donc vous l'officialisez quand le troisième film ?
Moi aussi j'aimerai le savoir ! *sourire*
Personnellement, je pense que l'idéal serait d'avoir une nouvelle histoire créée par Toriyama-sensei. Cela prend donc du temps. Tant qu'il y a des fans japonais et étrangers qui montreront qu'ils ont apprécié les films, peut-être que Toriyama-sensei voudra écrire quelque chose d'intéressant pour faire un troisième film.
Cependant, en ce moment Toriyama-sensei est occupé avec Dragon Ball Super, où il dessine aussi les nouveaux principaux personnages. Cela prend du temps.

Tôei Animation a initié une tendance où les films d'animation de shounen manga sont conçus avec le mangaka au scenario. En quoi pensez-vous que cela tire le niveau vers le haut ?
Avec les mangaka à l'histoire, le débit des répliques est tel que les personnages sont plus vivants, et je pense que l'histoire a plus de tension.

Vous n'êtes pas producteur sur Dragon Ball Super. Vu que le début de la série reprend les films, n'aurait-il pas été un choix logique d'y participer ?
Comme vous pouvez le voir, je suis devant vous, à l'étranger, en train de promouvoir le film. Un producteur de série TV ne peut pas se permettre ce genre de chose, il est tout le temps à la tâche. Il faut donc séparer, il est impossible de faire de faire les deux choses en même temps.

La plupart des animateurs expérimentés travaillent plutôt sur la franchise PreCure que Dragon Ball Super. Est-ce parce que les animateurs préfèrent dessiner des petites filles mignonnes ?
Chacun ont leurs préférences, il y en a qui aiment bien dessiner aussi Dragon Ball, et d'autres qui préfèrent dessiner des jolies filles.
Actuellement il n'y a plus beaucoup d'animateurs habitués à travailler sur Dragon Ball. La franchise PreCure existe depuis plus de 10 ans, ils sont habitués à dessiner ce genre, donc pour eux c'est beaucoup plus aisé. Les animateurs expérimentés ne vont pas tous sur PreCure, il y en a aussi sur One Piece. Ils peuvent aussi passer d'une série à une autre.

Depuis une dizaine d'année, il y a eu beaucoup de remake. Est-ce une crise de créativité du Japon ?
C'est un peu comme DC Comic et Marvel, on prend toujours ce qui marche déjà, et il faut faire plaisir aux fans qui le demandent.
Cependant, je ne pense pas qu'il n'y ait plus de créativité, il y a et aura toujours de nouvelles oeuvres de qualité qui existent. Il faut prendre le temps de trouver le prochain succès. One Piece, pour en arriver au niveau actuel, cela a pris 10 ans.
J'aimerais bien produire quelque chose ayant un héros très fort ou une héroïne très forte. Personnellement j'aime beaucoup ceux des comics américains. Cependant, je ne suis pas porté sur les oeuvres destinées aux filles.

 

Dragon Ball Z Fukkatsu no F © Bird Studio/Shûeisha, 2015 Dragon Ball Z Production Committee

Interprète : Fabrice Renault
Remerciements : Michel Decomain (Kazé Allemagne), Heike Lehr (Connichi)


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Il a des cheveux blonds, un survêtement orange, il mange des ramen et veut devenir hokage quand il sera grand, il s'appelle ... ?



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