Nobuyoshi Habara (Japan Expo Sud 2016) - Interviews - Manganimation.net, Manga Anime, news & reviews
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31/03/2016 | Rukawa

Nobuyoshi Habara (Japan Expo Sud 2016)


Nobuyoshi Habara (Twitter) a commencé comme intervalliste sur la série de Minky Momo en 1982. Entouré de femmes, on lui a vite imposé tout ce qui est mechanical design sur la série, où de fil en aiguille, il s'est ensuite spécialisé sur le sujet, faisant des genga sur Orguss, God Mars, Zeta Gundam avant de devenir directeur de l'animation des mecha designer sur Dancougar en 1986 C'est sur le film God bless Dancougar qu'il a sa plus grosse promotion en devenant pour la première fois character designer l'année suivante. En 1991, il réalise Laina Kenrou Densetsu, un obscur OVA. Il faudra attendre 1996 pour le revoir à la réalisation avec Gekigander 3, un OVA dans la série de Nadesico, tous deux produits par Xebec, un studio qu'il a fondé un an auparavant. Il réalise ensuite DN Angel, Soukyou no Fafner et Broken Blade.

 

Concernant les animateurs de votre génération, beaucoup sont venus à faire ce métier grâce à Uchuu senkan Yamato. Vôtre déclic à vous a été UFO Robot Grendizer.
Quel petit truc en plus possède Grendizer, qui vous a charmé et donné envie d'être animateur ?
Oui en effet, il y a eu Grendizer mais aussi Mazinger Z. J'attendais impatiemment leurs diffusions chaque semaine. Chaque épisode avait une touche différente, et de temps en temps, il y avait des épisodes plus aboutis que d'autres. Je regardais alors les crédits et le nom de Kazuo Komatsubara revenait souvent. Ses épisodes m'impressionnaient. J'aimais déjà l'animation, mais cela a conforté mon idée de devenir animateur. Ce fut un honneur, une fois adulte de pouvoir travailler avec lui.
Par contre quand des épisodes étaient mal animés, ce n'était pas grave, j'oubliais ceux qui les avaient faits. *rires*

Justement, que pensez de la mouvance actuelle de fans de plus en plus intéressés par la belle animation ? En créant des MAD et en remplissant sakuga@wiki par exemple.
Oui, j'ai déjà vu les MAD de Norio Matsumoto et Toshiyuki Inoue. C'était bien fait.
En tant qu'animateur, mais aussi en tant d'amateur de belles animations, je comprends que des fans soient heureux de rendre hommage aux animateurs qu'ils apprécient. Les animateurs doivent être aussi content qu'on les reconnaisse à leur juste valeur.
J'aimerai qu'on fasse un MAD de moi également. *rires*
Je suis rentré dans le milieu de l'animation car j'étais fan de Kazuo Komatsubara. Maintenant que j'ai 32 ans de carrière, je rencontre des jeunes qui ont regardé mes anime et ont voulu à leur tour devenir animateur. Pour moi, le fait d'entendre cela, c'est la plus belle récompense qu'un animateur puisse recevoir.

La série Uchuu senkan Yamato 2199 a un système de production inhabituel par pack d'épisodes diffusé au cinéma, qui laisse un peu plus de temps aux animateurs pour s'appliquer.
Etait-ce une condition pour la réussite obligatoire de ce monument de l'animation japonaise ?
Cela a aidé en effet.
Nous avons pensé à ce système pour Broken Blade. Nous voulions inverser le processus habituel, nous avons donc fait une projection cinéma, puis sorti les DVD et ensuite terminé par une diffusion TV.
Cela avait plutôt bien marché. Nous nous sommes donc dit que nous pouvions réutiliser cette méthode pour Yamato. Par contre, nous avons fait quelque chose d'encore plus exceptionnel, les spectateurs qui allaient au cinéma pouvaient acheter le DVD à la sortie.

Vous avez dirigé l'épisode 9, qui a une thématique particulière à propos des robots, est-ce que l'idée vient de vous, ou bien c'était dans une liste et vous vous êtes dit « Je veux faire cet épisode-là ! » ?
Ah non, pas du tout, à l'origine ce devait être quelqu'un d'autre.
L'e-conte avait déjà été commencé, il est arrivé dans mes mains car je devais m'occuper du mechanical setting. J'ai apporté quelques modifications, pas parce que Mitsuru Hongo avait mal travaillé, mais pour que cela s'adapte mieux à ce que je pouvais faire. Yutaka Izubuchi, le réalisateur, m'a alors proposé de réaliser l'épisode 9.

Par contre, à l'origine, vous souhaitiez absolument faire la bataille contre Domel. Mais finalement, vous avez fait l'avant-bataille, l'épisode 19, celui où ils chantent Ghale Gamillon.
*rires*
En fait c'était dans le planning, le staff qui était en charge de l'épisode 9 était également celui prévu pour l'épisode 19 et non à celui d'après comme j'aurai voulu. Je suis cependant satisfait d'avoir réalisé le 19, j'aime aussi beaucoup cette scène où ils chantent l'hymne.
A la fin de l'épisode 19, on peut voir le visage de Domel. Je l'avais dessiné exactement comme dans la série originale de 1974, c'était un cut dessiné par Kazuhide Tomonaga. Je m'étais appliqué, je voulais le dessiner moi-même. Mais le directeur de l'animation n'avait pas trouvé ça bien et l'a corrigé et le dessin est totalement différent. *rires*
Cependant vous pouvez toujours voir ma version à l'épisode 18 dans la preview. Dans la preview c'est moi, mais dans l'épisode ce n'est plus moi *rires*.


De gauche à droite, la version originale datant de 1974 par Kazuhide Tomonaga,
l'hommage par Nobuyoshi Habara dans la preview de l'episode 18, et la correction de l'episode 19 par Seiji Kishimoto.

Penserez-vous être plus présent sur le remake de Yamato 2 ?
Eh bien oui, je travaillerais davantage sur Yamato 2202 puisque, en tant que réalisateur, je devrais superviser tous les épisodes. Comme vous le savez, la suite avait été nommé Saraba uchuu senkan Yamato et elle a été bien plus populaire que la première série. Refaire un nouvel adieu au Yamato va être très difficile et j'ai beaucoup de pressions sur mes épaules.

Le remake de la première série a eu quelques modifications, comme un Dessler plus humain et un casting plus riche en personnages. Que pensez-vous apporter à la seconde série en tant que réalisateur ?
C'est vrai que le Dessler de 2199 a pas mal changé par rapport à la première série. Je me suis plusieurs fois dit que j'aurai peut-être présenté certaines choses sous un angle de vue différent.
Maintenant que je suis en charge, plutôt que de rendre tel personnage plus humain ou développer son caractère, ce que j'aimerai, c'est rendre la série moins manichéenne. Je ferai de mon mieux.

A vos débuts, vous aviez été un peu forcé par le destin de vous mettre au mechanical design. Aujourd'hui il y a une tendance à la spécialisation et de moins en moins d'animateurs sont capables de faire du mecha design. Que pensez-vous de cette situation ?
Je pense que ceux qui dessinent des personnages sont aussi capables de dessiner des robots. S'il y a cette spécialisation, c'est certainement à cause du manque de temps. Les animateurs ne peuvent plus se permettre de passer trop de temps sur des plans. Donc ceux qui sont doués à dessiner des robots et qui sont capables de les dessiner vite vont le faire.
Il y a une énorme différence entre un dessinateur amateur et un professionnel.
Les amateurs peuvent se permettre de dessiner ce qu'ils aiment ; ils le font d'ailleurs toujours très bien. Cependant, quand ils deviennent professionnels, ils doivent être capable de dessiner précisément ce qu'il leur est demandé et pas forcément quelque chose qu'ils veulent dessiner. Mais si vous arrivez toujours à trouver du plaisir en dessinant le travail demandé et à trouver votre propre style, assurément, votre coeur se remplira de joie.

Vous avez occupé plusieurs postes, lequel a votre préférence ?
J'aime concevoir des personnages, c'est ce qui est le plus intéressant pour un dessinateur. Cependant, ce que je trouve le plus amusant à faire, ce sont les génériques. Tout est réalisé à partir de la musique, qui rythme les mouvements et il faut faire découvrir en une minute trente tout l'univers de l'anime. Et réaliser un opening ou un ending est une façon d'être présent chaque semaine. *rires*

Comment avez-vous vécu l'évolution des techniques, en passant de l'animation analogue à l'animation numérique ?
Je suis quelqu'un qui aime beaucoup la nouveauté, et les challenges qui viennent avec, donc je ne suis pas réfractaire à cela. La transition n'a pas été plus difficile que cela.

Les robots de Broken Blade étaient en 2D, mais 2 ans plus tard vous réalisez Fafner Exodus avec des robots en 3D. Verra-t-on encore un jour le studio Xebec refaire de l'animation de robots en 2D ?
Je ne sais pas si Xebec arrêtera de faire de l'animation des robots en 2D. Sur Broken Blade les robots étaient en 2D car cela rendait mieux. Mais pour l'instant faire des anime de robots en 2D n'est pas prévu par le studio.
Pour nous, la 3D est un gain de temps énorme. Vous voyez l'opening de Yamato 2199, quand le vaisseau traverse l'espace avec un changement d'angle ? Nous avons juste fait pivoter le Yamato : comme il était déjà modélisé, il glissait naturellement. Avec de l'animation traditionnelle, cela aurait pris beaucoup plus de temps.

Il y a de moins en moins d'anime de robots, est-ce un genre qui plaît moins au Japon ?
Je pense que c'est principalement une question économique. Avant, les sponsors, qui sont les créateurs de jouets, fabriquaient beaucoup jouets de robots. Donc ils produisaient beaucoup d'anime de robots.
Aujourd'hui, les robots se vendent moins, il y a donc moins de fabricants et la demande de création d'anime de robot est donc en baisse. Et quand il y a désaffection d'un genre, un autre genre prend sa place, et les producteurs préfèrent juste investir ailleurs.

En tant que vétéran, comment voyez-vous l'évolution de l'animation japonaise ?
Je ne sais pas ce que l'avenir donnera, mais pour moi, le plus important n'est pas la forme, mais le contenu. C'est vrai qu'à mes débuts, comme j'aime l'action, j'ai surtout travaillé sur des anime d'action. Aujourd'hui maintenant que j'ai 32 ans de carrière, j'aimerai revenir à quelque chose pour les enfants, qui transmettent des valeurs. J'ai ce sentiment de vouloir faire que quelque chose pour eux, vu que l'animation leur est avant tout destinée.
A mes débuts, je n'imaginais pas que cela me permettrait de voyager à l'étranger, de venir ici en France. Je ne savais pas que l'animation japonaise aurait un tel succès, que ce soit des séries sur lequel j'ai travaillé ou pas. Un des points forts, c'est qu'elle ait séduit un public international, l'animation japonaise est aujourd'hui reconnue dans le monde entier. C'est quelque chose que j'aimerai protéger. Lorsque les français ont vu Grendizer, il y a une trentaine d'année, cela a permis à la France et au Japon d'avoir un échange culturel qui est encore aujourd'hui présent. J'aimerai que les enfants aient le même engouement qu'à cette époque.

Uchuu senkan Yamato © Nishizaki Yoshinobu
Yamato 2199 © Nishizaki Yoshinobu / Uchuu senkan Yamato 2199 Committee Production

Interprète : Pierre Giner


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