Michiko Suwa x Hiroyuki Yamaga (Connichi 2011) - Interviews - Manganimation.net, Manga Anime, news & reviews
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06/07/2012 | Rukawa

Michiko Suwa x Hiroyuki Yamaga (Connichi 2011)


Interview réalisée à la Connichi 2011, avec Michiko Suwa, producteur de Meitantei Conan pour TMS et Hiroyuki Yamaga, président du studio Gainax.

 

Vous êtes tous deux des producteurs d'animation, pouvez vous nous en dire un peu plus sur vous ?
Michiko Suwa
: Je m'appelle Michihiko Suwa et je suis producteur pour une société japonaise basé à Ôsaka, Yomuiri TV, qui produit de l'animation.
J'ai commencé en 1986 sur Robottan, et aujourd'hui je suis producteur sur la série Meitantei Conan qui en est à sa quinzième année d’existence.
Quand je suis rentré dans le milieu, j'ai été engagé dans une société télévisée, j'ai travaillé sur des émissions de variété, pour la case de 11 heure du soir. Cela avait beaucoup de succès. A l'occasion d'un changement de case horaire, j'ai été muté dans un autre poste, et je suis ainsi arrivé au poste de producteur d'animation.
J'ai toujours dis que j'aimais les manga et c'est pour cette raison que je voulais travailler dans ce milieu. J'ai personnellement une collection de 3000 tomes de manga, donc je suis content de m'être retrouvé là.
Hiroyuki Yamaga : Je m'appelle Hiroyuki Yamaga et je suis le président de la Gainax. L'année prochaine, cela fera 30 ans que je serai dans le métier. J'ai commencé sur le tout premier Macross. Au début je ne connaissais rien. Ce qui me surprennait, c'est que tout était fait à la main et non avec une machine. Cela m'avait étonné.

Quelle ambiance régnait à la Gainax lors de la réalisation de Honeamise no Tsubasa ?
Y
: Nous étions tous des étudiants, mais professionnels car payés. Cependant nous étions tous des amateurs dans l'âme. Mais en fait ce n'était pas une bonne chose, car ce n'était pas une ambiance très productive, chacun faisait un peu ce qu'il voulait. Ce n'était pas une super ambiance bien au contraire. Mais ce qui a fait germer l'oeuvre, c'est que personne ne faisait cela pour sa carrière, mais le faisait avec ses tripes.

Le rôle de producteur est méconnu des fans occidentaux d'animation, en quoi cela consiste et quelles peuvent être les différences entre une société de production et un producteur pour studio d'animation ?
S
: En ce qui concerne les séries TV, il y a en vérité deux types de producteurs, celui de réalisation et celui de diffusion. Mon rôle est le second, producteur de diffusion : je m'occupe de la marge de prise en compte des différents sponsors sur la création, je n'ai pas de recherche de sponsors à faire, mais je suis plutôt chargé de trouver un bon équilibre dans la liberté de gérer la part de chacun, qu'ils puissent faire leur travail correctement.
Y : Chez nous au studio Gainax, notre travail est assez différent de celui de producteur pour une chaîne TV. Nous nous basons plus par rapport aux DVD vendus. La manière de rentrer les fonds sont différents, nous pensons d'abord à combien il faut vendre de DVD. C'est cette différence d'objectif qui faite qu'il faut bien coordonner avant de commencer.

La différence entre vous deux, c'est aussi la longueur des séries que vous produisez, Mr. Suwa produit de longue séries quand Mr. Yamaga en produit des plus courtes de l’ordre de 13 ou 26 épisode. Est-ce que travailler sur une série longue rapporte plus de sécurité ?
S
: On m'a posé exactement la même question au Danemark !
En l'occurrence, ce ne sont pas des choses vraiment comparables, que la série soit courte ou longue, la pression reste la même. Quand nous pensons à une série de 6 mois, nous réfléchissons un maximum pour que ce soit intéressant, puis il faut veiller sur le taux d'audience s'il est satisfaisant, et tâcher à ce que les sponsors soient là. Donc lorsqu'il y a un renouvellement, c'est parce l'audience a été au rendez-vous et que les sponsors ont suivi. Nous raisonnons rarement sur le fait que la série doit être longue ou courte.
Dans le cas d'un film, il faut regarder tout de suite les entrées. Tout à l'heure Mr. Yamaga disait qu'il regardait les ventes de DVD, nous faisons à peu près pareil à ce niveau. Même si c'est l’approche est différente.
Y : Moi je n'ai pas d'expérience sur les séries longues, donc je ne peux pas trop en parler.

Comment se décide l'arrêt une série ? Par exemple Inu Yasha a eu 2 séries, la première est longue et fait 176 épisode et couvre une trentaine de tomes, alors que la seconde a compressé une dizaine de tomes en 26 épisodes.
S
: Pour la première série, après avoir vu les taux d'audiences à la baisse, nous avions décidé un an avant d'arrêter la série.
Pour la seconde série, à l'origine, nous nous étions projetés sur 50 épisodes mais les coûts de production auraient été trop importants. Il a donc été décidé de n'en faire que 26 épisodes. C’était une bonne chose car si nous avons pu faire une suite, c'est à cause du bon potentiel de la série.

Dantalian no shoka se termine dans la semaine, et l'histoire n’a que peu avancé, est-ce qu'une suite est prévue ?
Y
: Nous ne savons pas encore, nous ne pouvons pas encore dire si c'est bon, pour le moment.

On dit souvent que le moe est un recentrage de l'industrie sur son public core, pour résister à la crise que l'animation traverse depuis quelques années. Qu'en pensez vous ?
Y
: Je ne comprend pas trop pourquoi tout le monde fait ça, car cela ne se vend pas si bien que cela. J'ai vraiment du mal à comprendre pourquoi ça se poursuit !

Pourtant des séries récentes moe comme K-on! ont récemment fait un carton au niveau des ventes de Blu-ray et DVD ...
Y
: Non, K-on! n'est pas du moe. K-on! est une oeuvre assez fraîche avec des jolies jeunes filles. Le public attend des trucs comme une histoire d'amour, sans obligatoirement attendre quelque chose de plus, mais voilà c'est tout.

Et donc dans Dantalian no shoka, il n'y a pas de pointe de moe dedans ?
Y
: Dans le cas de Dantalian no Shoka, il y a eu de fortes discussions avec Kadokawa. Nous, Gainax, ne voulions pas donner ce relent de moe qui se trouve dans l'oeuvre originale.
Dans le roman de Dantalian, l'oeuvre est centré sur Dalian, la jeune fille. Pour éviter d'en faire une oeuvre moe et le rendre plus agréable, nous avons décider d'inverser et nous avons mis Huey, le garçon, en héros. Cela a surpris les lecteurs du roman.
Pour en revenir sur cette histoire de DVD, il ne faut pas oublier que notre but est d’en vendre. Au Japon, il y a environ 10 000 fans de moe. Tous n'achètent pas tous les blu-rays du marché, seulement 2000-3000 par série. Il faut viser le fandome total, soit 30 000 personnes. Mais nous visons aussi un public féminin, sans pour autant oublier les autres. Il faut réaliser cet équilibre pour entrer dans nos frais.

Comment s'est monté le cross-over Lupin et Conan ? Qui a eu l'idée de faire rencontrer ces deux héros ?
S
: Il faut dire que j'avais déjà travaillé sur Lupin III, et j'ai toujours eu envie d’en refaire un. Le télé-diffuseur était le même, le studio d'animation était le même, mais l'éditeur du manga était différent. J’en avais déjà parlé a Gôshô Aoyama, et à d’autres personnes il y a longtemps. C’était difficile de faire ce qu’on voulait, Mr. Aoyama habite à Ôsaka, et le studio ailleurs. Mais heureusement, Mr. Aoyama est un grand fan de Lupin, cela a facilité les choses. Le véritable problème était la création d'un scénario pour équilibrer les 2 partis, pour pas qu'un empiète sur l'univers de l'autre.

Le titre est "versus", et pourtant ils s'entraident...
S
: Oui, Lupin est un voleur, et Conan est un détective, mais comme ce sont des personnages emblématiques, alors aucun des deux ne pouvaient perdre. Ce ne sont pas les personnages mais leur fonction qui s'affrontent. C'est ce qui faut avoir en tête. Dans mon concept de base, c’est le voleur contre le détective et non Lupin contre Conan.

De bons jeunes animateurs comme Hiroyuki Imaishi, Atsushi Nishigori et Sushio viennent de quitter le studio, que pouvez vous dire ce qui concerne l'avenir de la Gainax ? Pensez vous pouvoir produire sur le moyen terme une oeuvre originale ?
Y
: Oui c'est vrai, toute l'équipe de Gurren-Lagann est partie. Mais c'est souvent le cas chez nous, c'est tout à fait normal. Aujourd'hui l'avenir de Gainax est incarnée par Shouji Saeki. Il souhaite faire une oeuvre originale mais je ne peux pas en dire plus. C'est vrai que notre studio produit une oeuvre originale à peu près tous les 5 ans, mais cela ne sera pas pour 2012.

A propos du festival de Yonago, quel est son but ?
Y
: C'est pour revenir à ce qu'on faisait à la base, trouver des créateurs, un peu comme Daicon.

Ces derniers temps, il y a eu beaucoup de remake, Evangelion, Terra e ..., Hokuto no Ken, Glass no Kamen, celui d’Uchuu Senkan Yamato vient d'être annoncé, et une rumeur Lupin III persistante, est-ce une crise de créativité ?
Y
: Faire un remake n'est pas une bonne chose car c'est une réinterprétation de ce qui existe déjà et qui a déjà été développé. C'est pour cette raison que je voulais pas faire de remake d'Evangelion. C'est d'ailleurs la raison à laquelle Hideaki Anno est parti créer son studio Khara, parce que je lui ai clairement dis non. Même si des remakes sont d'excellente qualité, cela reste un remake et une expression d'un monde déjà connu. C'est dommage de gâcher un tel potentiel et de ne pas l'utiliser pour créer une nouvelle histoire.
S : J'ai déjà produit un remake, celui de Yatterman. Du point de vu d'une chaîne de TV c'est plus facile de trouver des sponsors pour une série déjà existante, qui a déjà une certaine popularité. Cela permet d'assurer un minimum de part d'audience. Mais c'est vrai que ce n'est pas une trop bonne chose de se baser que sur les succès passées. Pour l'instant je ne compte pas et ne pense pas faire de remake.

Pour City Hunter, pensez-vous qu’un jour nous aurons bientôt un nouveau projet, un film ou un TV special ?
S
: Pas pour le moment, mais la série a bientôt 25 ans, il y a des choses à faire en effet.


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