Kazuma Kondô & Jinsei Kataoka - DEADMAN WONDERLAND (Japan Expo Sud 2015) - Interviews - Manganimation.net, Manga Anime, news & reviews
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26/08/2015 | Rukawa

Kazuma Kondô & Jinsei Kataoka - DEADMAN WONDERLAND (Japan Expo Sud 2015)


Couple d'auteurs du manga Deadman Wonderland.

L'interview s'articule en deux parties, la première concernant le couple de mangaka Jinsei Kataoka & Kazuma Kondô, et parlera de leurs autres oeuvres ; la seconde vise principalement les fans de Deadman Wonderland, avec des questions précises sur l'oeuvre, ce qui veut dire que cela va spoiler à fond.

Interview réalisée en coopération avec le site Manga Mag. Vous pouvez lire leur version miroir ici.

Kazuma Kondô & Jinsei Kataoka faisant le Specium Ray d'Ultraman

Pouvez-vous nous donner quelques détails sur vous ?
Kazuma Kondô : J'ai participé à l'aventure Deadman Wonderland. J'aime particulièrement les jeux vidéo, les manga, les jouets et tout ce qui tourne autour. Ce que je déteste par dessus tout, ce sont les dates de rendu !
Jinsei Kataoka : J'ai aussi participé à l'aventure Deadman Wonderland. Ce que j'aime par-dessus tout, c'est dormir et écouter mes artistes préférés. Ce que je n'aime pas du tout… Hum… la course et le sport ! J'ai voulu devenir mangaka dès l'âge de 3 ans donc ce rêve a mis beaucoup de temps avant de se réaliser. *rire*.
Il a commencé à prendre forme à l'âge de 15 ans quand j'ai participé au Prix Tezuka et obtenu une distinction avec MONSTER?.

Quelles sont vos influences en ce qui concerne le dessin et quid du scénario ?
KK : Nous avons des goûts assez similaires, nous apprécions tous deux Kazuhiro Fujita, l'auteur de Ushio to Tora, Hiroshi Takashige, l'auteur de Spriggan, et aussi Masamune Shirow.
JK : Ce qui m'a poussé à améliorer mon trait, c'est d'avoir vu des planches originales de Masakazu Katsura. Cela m'avait marqué au point de me motiver à changer mon style.

Kazuma Kondô vous avez été assistant de Yoshiyuki Sadamoto sur le manga de Neon Genesis Evangelion, qu'avez-vous tiré de cette collaboration ?
KK : C'est bien dommage mais je n'avais pas encore un niveau assez élevé pour pouvoir comprendre tout ce qu'il m'apprenait. Il m'a expliqué le découpage des cases et autres choses que j'avais encore du mal à saisir et maintenant, je me dis que j'aurais peut-être dû travailler un peu plus sur ces aspects.

Est-ce qu'il y a un titre que vous suivez avec avidité encore aujourd'hui ?
JK : Nous suivons les oeuvres de Naoki Urasawa avec beaucoup d'intérêt, notamment Master Keaton.
KK : Il y a aussi Jabberwocky de Masato Hisa.

Concernant LivingStone, d'où vous est venu l'idée de la série ?
JK : L'idée est venue de Tomohiro Maekawa, un scénariste travaillant aussi sur des pièces de théâtre que je trouve géniales. Au départ, c'était une petite pièce de théâtre qu'il a voulu étendre via un manga. Il en parlé à son éditeur et nous a proposé un travail intéressant autour de l'âme et des formes qu'elle peut prendre.

Pour Eureka seveN, l'anime est arrivée avant donc comment s'est passé le travail sur l'adaptation ? Dans quel mesure avez-vous impliqué avec le staff de l'anime et notamment le scénariste, Dai Satô ?
KK : Même si la série a débuté avant le manga, nous avons commencé à travailler ensemble en amont. Evidemment, à un moment, les séries ont commencé à dévier et on ne savait plus trop quoi faire. C'est à ce moment que Ken'ichi Yoshida est venu nous aider. Il nous a ainsi présenté Dai Satô qui nous a aidé et depuis, nous avons toujours de très bons rapports.

Pouvez-vous nous parler de vos projets dans un avenir proche ?
KK : On a décidé qu'on allait faire quelque chose mais pour le moment, ce n'est pas vraiment possible d'en parler !

Dessins de Kazuma Kondô & Jinsei Kataoka réalisé pendant la Japan Expo Sud

A présent, pour les fans de Deadman Wonderland, voici quelques réponses à des questions que vous vous posez peut-être.

/!\ SPOIL WARNING /!\

Contrairement à Eureka seveN, dans le cas de Deadman Wonderland, l'adaptation est venue après le succès du manga. Avez-vous eu un droit de regard ?
KK : Nous avons donné un maximum de libertés au studio d'animation pour qu'il puisse faire la meilleure adaptation possible. 

Mais il y a eu pas mal de censure, non ?
JK : Oui, c'est vraiment dommage, surtout que le réalisateur avait repris beaucoup de dessins et les avait rectifié pour augmenter la qualité. On ne peut que déplorer le choix de la chaîne de télé vis à vis de la diffusion télévisuelle qui n'a pas su mettre en avant l'excellent travail de l'équipe responsable de l'adaptation animée.

Vous avez sorti un volume hors-série yonkoma, un format souvent utilisé pour l'humour, ce n'était pas difficile de faire basculer vos personnages dans cet univers ?
JK : C'est Kondô-kun qui a tout fait sur ce volume unique, je n'ai pas été impliquée du tout !
KK : Pour ma part, je n'ai aucun souci à faire passer les personnages dans un contexte plus humoristique. En fait, toutes les idées présentes dans le yonkoma viennent de scènes que l'on aurait voulu inclure dans la série originale mais comme l'histoire devenait de plus en plus sérieuse, ce n'était pas possible. 

Combien de temps pensiez-vous que la série durerait ?
KK : Au départ, nous pensions que la série ne ferait pas plus de trois tomes et donc juste une année.

Est-ce vraiment nécessaire de décimer la classe complète de Ganta au départ ? Il aurait pu être envoyé en prison pour moins que ça non ?
KK : Notre but, c'était surtout de choquer plus qu'il ne le fallait le lecteur et il faut croire que ça a marché pour de nombreuses personnes. L'idée, c'était aussi d'accrocher le lecteur interpelé, en bien ou en mal, pour la suite.

L'histoire est très axée sur les manipulations génétiques et l'expérimentation scientifique. Qu'est-ce qui vous intéresse le plus dans ce thème ? Quelles sont vos références du genre ? 
JK : Tout ce qui concerne les manipulations génétiques et les expérimentations scientifiques vient de moi. J'aime beaucoup ce sujet, c'est un thème qui m'a toujours passionné. En ce qui concerne mes références, je ne pourrais pas vous donner de référence particulière parce qu'il y a trop de choses que j'utilise. 

Dans quelle mesure le lieu était-il important ?
KK : En fait, nous avons voulu parler de privation de libertés mais aussi du manque de prise d'initiative. Pour cela, il fallait que nos personnages soient en prison d'une manière ou d'une autre. Cependant, les utilisations de l'univers carcéral que nous connaissions ne nous intéressaient pas particulièrement et nous semblaient même assez fades.
J'ai donc eu l'idée d'en faire un parc d'attractions pour contraster l'idée de liberté.

Pourquoi avoir choisi le sang comme vecteur principal du pouvoir ? 
KK : L'un des points important de Deadman Wonderland était l'utilisation du sang comme arme. Cependant, j'ai réfléchi pour y apporter une touche supplémentaire. En fait, il y avait un double avantage à utiliser le sang et non pas autre chose. D'abord, on n'en possède une quantité limitée et lorsque l'on perd trop de sang, l'anémie n'est pas loin. La puissance n'est donc plus seulement un avantage mais aussi un risque pour son utilisateur. Ensuite, c'est quelque chose de liquide qui peut donc se modéliser en de nombreuses choses tranchantes.

Comment vous avez choisi les pouvoirs de chaque personnage ?
JK : C'est très simple, en fait, il fallait que ça soit classe graphiquement sinon, ça ne valait pas le coup !

Quelle est la scène que vous avez préféré dessiner et pourquoi ?
JK : Même s'il y avait beaucoup de personnages et de scènes fortes, j'ai particulièrement apprécié dessiner celles avec Genkaku, le bonze aux cheveux rouges qui jouait de sa guitare. D'ailleurs, quand Kondô-kun a créé le personnage, il avait dessiné un prêtre mais j'ai trouvé plus cool d'en faire un bonze.
KK : Pour moi, c'est la scène où Senji sort plein de lames et commence à se battre contre les jumeaux. C'est vraiment la classe !

Le rôle de Makina change beaucoup : de chef des gardes, et donc potentielle big boss, elle devient un personnage de soutien. Pourquoi lui avoir coupé les ailes, elle qui était promise à un si bel avenir ?
KK : En réalité, nous ne lui avons pas vraiment coupé les ailes mais nous avons été très loin dans son personnage. C'est quelqu'un de très intéressant car c'est une femme forte physiquement mais aussi psychologiquement.
JK : C'est quelqu'un qui a un fort sens de la justice donc, quand elle s‘est rendu compte que les deadmen étaient réunis et que leurs pouvoirs étaient utilisés pour un simple tournoi, un jeu de massacre, elle a voulu les libérer de leurs péchés. Cela ne veut absolument pas dire les faire sortir de prison car ils doivent encore payer pour les crimes mais ils ne doivent pas subir des sévices. Ce qu'elle veut pour les prisonniers, c'est surtout l'absolution.

L'ancien directeur est un personnage démoniaque, Ganta est un héros dans la plus pure tradition du genre et Shirô est un peu entre les deux selon la situation. Quel type de personnages avez-vous préféré créer et pourquoi?
JK : Pour ma part, j'aime bien les personnages qui ont un double visage. Travailler, mettre en scène ce genre de personnages mais aussi dévoiler pourquoi ils sont devenus comme ça est particulièrement intéressant d'un point de vue narratif.

De nombreux personnages ont une backstory assez triste qui aurait pu donner des flashbacks sympas. Vous n'avez pas eu envie d'en insérer un peu plus ?
KK : Un par un, ça n'a pas l'air de faire beaucoup mais quand on regarde dans l'ensemble de Deadman Wonderland, il en a quand même pas mal donc en rajouter d'avantage, ça aurait probablement été un peu lourd.

La relation entre Ganta et Shirô est très ambigüe. Pour vous, ils sont plutôt amants ou plutôt frère et soeur ?
JK : Ce qui était plutôt intéressant dans le cas de ces deux personnages, c'était d'en faire des âmes soeurs. Ils peuvent donc difficilement se séparer. C'est pour cela que l'on a cette impression d'ambigüité. Amants, frères et soeurs, tout est un peu mélangé. 

Pouvez-vous nous parler un peu de la fin de Deadman Wonderland, très réussie et surtout conclusive, ce qui n'est pas le cas de beaucoup d'oeuvre. Selon vous, quels sont les ingrédients d'une bonne fin ?
KK : La fin de Deadman Wonderland, nous l'avions décidé dès le début du manga et nous l'avons gardée en tête pendant toute l'écriture de la série. Pour nous, une bonne fin est une fin qui se termine bien.
JK : Il faut que les personnages aillent de l'avant mais aussi que le lecteur se dise que ça en vaut la peine malgré toute la détresse et tous les malheurs de la vie.

Kazuma Kondô & Jinsei Kataoka faisant une JoJo's pose.

Traduction : Emmanuel Bochew
Remerciements :
Seilin
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Il a des cheveux blonds, un survêtement orange, il mange des ramen et veut devenir hokage quand il sera grand, il s'appelle ... ?



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