Hiroyuki Yamaga & Yoshiyuki Sadamoto (Connichi 2016) - Interviews - Manganimation.net, Manga Anime, news & reviews
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27/11/2016 | Rukawa

Hiroyuki Yamaga & Yoshiyuki Sadamoto (Connichi 2016)


La Connichi a son marronier, Hiroyuki Yamaga, président de la Gainax, plus un invité mystère. Cette année c'était Yoshiyuki Sadamoto, venu en Allemagne pour s'inspirer des cosplay pour faire de nouveau designs bien cool.

Yoshiyuki Sadamoto & Hiroyuki Yamaga

Comme chaque année, nous attendons avec impatience des nouvelles du film Aoki Uru, que pouvez-vous nous dire à ce sujet ?
Hiroyuki Yamaga : Eh bien, le timing ne s'est pas bien passé pour cette année. L'année dernière, nous avons dû nous remettre à travailler dessus de zéro. Je vais me mettre à écrire le scénario au début de l'année prochaine. Et j'ai envie qu'au printemps de l'année prochaine nous puissions commencer à mettre en place une équipe de dessinateurs qui travailleront dessus au studio.

Pourquoi cela ne s'est pas bien passé ?
HY : Parce que je n'avais pas écrit de scénario. C'est difficile de vendre quelque chose sans scénario.

Qu'en est-il du manga que Yoshiyuki Sadamoto devait dessiner ?
HY : Oui, c'est toujours prévu. Mais rien n'a encore commencé.
Yoshiyuki Sadamoto : En effet. *sourire*

Vous ne voulez pas le lancer en avance, pour faire la promotion du film ?
HY : La meilleure solution est de faire du cross-média, de le démarrer peu avant la sortie du film. C'est la solution la plus efficace. Pour Evangelion aussi, le manga a été dessiné peu de temps avant la série.

D'ailleurs à propos du manga Evangelion, pourquoi avoir fait cette fin, qui est encore différente par rapport à l'anime ?
YS : Pourquoi ? La raison... Quand j'ai commencé à dessiner le manga, la série Evangelion n'était pas encore terminée. Le manga et la série ont commencé à peu près en même temps...
Hideaki Anno, le réalisateur, est du genre à faire quelque chose sans prendre de décisions, mais moi je devais décider de quelque chose pour le faire. Donc, dès que j'ai commencé la première page, j'avais déjà la fin en tête. Donc, c'est difficile de répondre à une telle question. Dès le début j'avais cette fin en tête.
Disons que j'ai fait le manga en me basant sur ce que je croyais être cette série.
Il y a un père, un fils appelé par ce père qui lui dit de monter dans un robot ; et comme il y avait cette histoire comme quoi le père et le fils ne s'étaient pas parlé depuis très longtemps... J'ai voulu développer un peu plus sur qui était vraiment ce père, et qu'il n'y avait pas de mère.
Quand on me demande si je voulais changer par rapport à l'oeuvre originale, ce n'est pas du tout cela. C'est juste que, dès que j'ai commencé, j'avais cette fin à l'esprit. Les phrases sont les mêmes dans les pages du début et celle de la fin. Elles sont liées.
HY : En voilà une réponse précieuse. C'est une histoire précieuse qui est rarement connue.

Si vous êtes ici à la Connichi, nous pouvons présumer que la production du nouveau film d'Evangelion n'est pas très avancée. Que pouvez-vous nous dire à ce sujet, devez-vous rendre de nouveaux designs ?
YS : Personne ne m'a contacté à ce sujet. J'ignore encore si je vais travailler dessus.

Sur les films, plusieurs directeurs de l'animation se sont succédés. Est-ce que le style de ces différents directeurs de l'animation, en particulier Takeshi Honda, ont eu une influence pour retravailler votre design ?
YS : C'est moi qui ai commencé à faire les designs, donc ils ne m'ont influencé en rien. *rires*
Une fois le design fait, j'ai juste donné mes dessins et le réalisateur en a discuté avec le directeur de l'animation.
Takeshi Honda a fait le générique de la série TV. C'est l'un de ceux qui font partie d'Evangelion depuis le début et c’est un très bon animateur, et j'étais content d'apprendre qu'il était à ce poste sur le troisième film. Cependant, il n'a pas vraiment donné d'avis sur mes designs car ce qui l'intéresse vraiment ce sont les mechas et il était co-designer sur les mechas et non sur les personnages.

Le studio Gainax s'agrandit chaque année, vous avez ouvert une branche dans la région de Fukushima, comment les activités de ce studio se sont-elles développées depuis plus d'un an de vie ?
HY : Cela fait deux ans maintenant, et beaucoup de projets s'y sont développés. Plein de petits travaux comme des publicités.

A propos de Gainax West, le nouveau studio à Kobe, pourquoi ce choix ? S'agit-il d'un choix économique, ou bien cherchiez-vous à capter des talents dans la région qui ne se déplaceraient pas jusqu'à Tôkyô ?
HY : Le mot "West" sert un peu de réponse, car je pense qu'il y a des travaux à faire qui ne soient pas centralisés sur Tôkyô uniquement. Cela bouge également à Tôkyô, mais nous avons choisi Kobe car là-bas dans le Kansai il y a également beaucoup d'animateurs, et aussi du travail, et énormément de population. Donc, en étant dans le Kansai, nous pouvons faire des travaux qui ne peuvent se faire en restant à Tôkyô. Nous avons donc commencé par ouvrir des bureaux à Kobe, mais actuellement nous cherchons aussi à ouvrir un studio à Kyôtô.

Instant culture : Tôkyô veut dire "Capitale de l'Est".

Fonctionnera-t-il de la même façon que celui de Yonago ?
HY : Yonago a été le premier studio que nous avons fondé en ce sens, un petit studio dans une petite ville, et il travaille sur beaucoup de projets actuellement.
A Tôkyô nous ne pouvons faire que des travaux sur des projets basés à Tôkyô.
En France c'est un peu pareil, non ? A Paris il n'y a que des travaux qui peuvent être faits à Paris, n'est-ce pas ? Si un bureau s'ouvre à Marseille, on pourra y faire des projets concernant la région de Marseille.

Dans combien de temps sera-t-il opérationnel ?
HY : Nous avons enfin trouvé un lieu pour le studio. Nous sommes en train de faire au plus vite pour démarrer.

Des séries comme Mahoromatic ou Kore ga watashi no goshujin-sama étaient des oeuvres de commande. On n'a pas eu de série TV Gainax en 2016. Le studio Gainax ne reçoit plus de commande ?
HY : Bah nous sommes en train de préparer Akubi wo suru ni wa wake ga aru. Nous avons eu des réunions avec des sponsors et la série va très bientôt se faire. Ce sera très vraisemblablement une série TV de 13 épisodes, rien n'est encore vraiment décidé concernant la chaîne.

Est-ce la seule série TV anime prévue ?
HY : Il y a d'autres choses de prévues à Fukushima également, mais c'est encore à l'état de projets. Rien de concret.

Depuis septembre, Fukushima Gainax a annoncé quelques projets, voir cette news Fukushima Gainax : des projets en pagaille.

Il y avait quelques projets internationaux de Gainax comme Ninja Soccer et Gold Ring. Aucun n'a avancé vers le format anime. Qu'en est-il aujourd'hui de l'ambition internationale du studio ?
HY : Nous en avons encore. Tous ces projets sont en différentes phases de développement.

Vous semblez avoir du mal à financer les projets que vous annoncez comme Akubi ou Aoki Uru. Hors ces dernières années le crowdfunding a permis de financer des projets atypiques dans l'animation japonaise comme Kick Heart de Masaaki Yuasa ou Little Witch Academy chez Trigger. Pensez-vous que cela pourrait être une alternative pour lever des fonds ? Votre studio a de nombreux fans au Japon et en Occident qui pourraient répondre présents.
HY : Je pense que c'est une bonne alternative. Et j'aimerais essayer cela un jour. *rires*
Cependant, même si nous utilisions le crowdfunding, il y a une limite maximale de 30.000.000 à 50.000.000 yens, ce qui est insuffisant pour faire une série complète.

Et donc, de combien avez-vous besoin pour une série tv ou un film d'animation ?
HY : Pour une série, entre 80.000.000 et 200.000.000 yens.

Depuis l'année dernière vous vous êtes remis à publier des doujinshi. C'est une belle surprise. Les illustrations sont très travaillées, pourquoi sortir cela en doujinshi et pas attendre d'en faire plus et sortir un nouvel artbook ?
YS : Un artbook reste quelque chose de professionnel, et mes doujinshi sont faits par simple plaisir, même si cela reste des illustrations très poussées.
HY : C'est un peu comme un champion olympique de natation qui va nager à la mer pendant les vacances. *rires*
YS : *rires*
Au niveau des copyrights, le milieu du doujinshi reste un milieu gris, ni blanc ni noir, et je peux y dessiner plutôt librement sans mettre personne en colère.
Ici par exemple, je voulais dessiner Nadia, dont je ne possède pas les droits ; et donc je n'ai pas le droit de la dessiner. Cependant, en tant que hobby comme le doujinshi, cela reste acceptable.
*Sadamoto tend ses bras comme s'il était menotté*
Par contre, si j'amène mes doujinshi dans une librairie pour être vendus, je me ferai arrêter comme ça. *rires*
Vous l'avez acheté au Comiket le vôtre ?

4000 yens sur Mandarake…
YS : *rires* C'est cher !
Au Comiket, il coûtait 500 yens. J'aurais pu le vendre moins cher, mais c'était plus simple pour ne pas rendre de monnaie.

D'ailleurs c'est qui ces personnages, en haut à droite ?
YS : Des jeunes filles mignonnes dessinées à la légère.

Ah oui, des camarades de classe de Shinji qu'on ne voit pas.
YS : Oui. *rires*

Une rumeur dit que vous deviez être le premier réalisateur sur Nadia. Est-ce vrai ?
YS : C'était le cas lors des préparatifs.
HY : Il a décliné, et Anno a pris sa place.
YS : Je devais être réalisateur et character-designer, mais je suis resté simple character-designer. Une fois que je ne pouvais plus le faire, Anno a bien voulu prendre ma place.

Dans le doujinshi, on peut voir une jolie voiture. Vous avez été invité par Shinji Higuchi à participer à la production du film live de Shingeki no Kyojin, en charge du design des véhicules. On connaît votre passion pour les voitures, pour autant, était-ce une bonne surprise de se voir proposer autre chose que la conception de personnages ?
YS : En effet, j'étais en charge du design de véhicules, mais ce n'était pas vraiment une bonne surprise. Cependant Shinji Higuchi est un ami avec qui j'ai travaillé pendant longtemps. Il m'a demandé de l'aider sur ce projet et je suis tout de même honoré d'avoir pu le faire.

Vos travaux en tant qu'animateur sont très appréciés et respectés. N'envisagez-vous jamais de reprendre ?
YS : Si j'ai le temps et un projet intéressant, cela ne me déplaira pas.

A partir de quel moment de la production fait-on appel à un character-designer ?
HY : Les cas où le character-designer intervient une fois que le scénario est écrit sont rares. En fait le plus souvent, il commence à travailler alors qu'aucun poste n'a encore été clairement défini.
Quand le character-designer commence à travailler, on ne sait pas encore quel genre de personnages vont apparaître, quels seront leurs rôles, etc... Cela arrive souvent.
Donc au début, il reçoit juste des indications du genre : le héros est un jeune garçon… il a un air gentil ou méchant... Des choses très basiques. Puis il commence à travailler sur les attitudes. En gros, il a souvent du mal à comprendre avec si peu et demande toujours plus de détails. *rires*
Mais personnellement, je pense que c'est justement parce qu'il travaille avec si peu que tout part de là. Il va faire des sketchs qui vont plaire, qui vont donner des idées et qui vont aider à bâtir quelque chose. C'est en voyant ces personnages sur le papier, leur attitude, que cela va nous aider à décider. Je pense que c'est important d'avoir des dessins, n'importe quel dessin, parfois même sans aucune indication, pour nous aider à nous faire une meilleure idée. Même si parfois le character-designer trouve cela très irritant de travailler ainsi.
YS : Vous connaissez Evangelion ; par exemple, concernant Asuka, j'ai reçu du réalisateur ces simples mots : nom "Asuka" ; "enjouée" ; "14 ans". C'est tout. *rires*
Il a donc fallu que je réfléchisse à ce qu'il voulait comme personnage, que je pose des questions. Par exemple je lui ai fait un costume rouge car elle est enjouée et en dessinant plusieurs sketchs que je soumettais, à chaque fois le réalisateur me disait « C'est un peu différent », « Pas comme ça », sans me donner d'autres précisions. Il me disait ce qui n'allait pas ou ce qu'il fallait faire une fois que les sketchs étaient faits au lieu de me dire exactement dès le début ce qu'il voulait.

Baser la création de Asuka avec "Rouge" (Akai) et "Enjouée" (Akarui) est un jeu de mot japonais. Akarui veut également dire claire. Bon, elle est passée d'enjouée à colérique mais passons.

HY : Au Japon, on appelle cela "ato dashi janken". C'est-à-dire que l'on sort son geste avec un peu de retard une fois que les autres ont dévoilé leur geste, ce qui fait qu'on gagne tout le temps.
Dans un anime, le rôle d'un character-designer, comme pour un directeur d'animation, cela n'est pas seulement de dessiner. Il fait un peu le même travail que des acteurs dans un film. Sans même parler du script, selon les acteurs et les outils utilisés, le résultat n'est pas le même. Donc, le character-designer ne fait pas seulement que dessiner, il doit trouver les personnages, les créer de façon à ce que cela aille avec leur personnalité.

Il faut également penser à ne pas faire quelque chose de trop compliqué pour les animateurs, non ?
YS : Notre métier est de faire en sorte qu’il soit facile à dessiner pour les animateurs, il faut que ce soit dessinable par des jeunes et que ce soit des dessins qui leur plaisent, qu'ils peuvent dessiner, et des dessins que les jeunes spectateurs d'aujourd'hui aiment.
Par exemple, si je dessine un personnage très réaliste comme le fait Katsuhiro Ôtomo, ce n'est pas quelque chose que les gens du studio dessinent en s'amusant.
C'est pourquoi l'un des points importants est aussi d'avoir un staff capable de suivre sur les dessins préparatoires.
Voilà donc pourquoi je viens à ce genre d'événements, voir les gens en cosplay dans le parc pour me faire une idée de ce qui plait aux fans « Ah, ils aiment porter ce genre de cosplay ». C'est avec ce genre d'informations que je m'inspire de ce que j'ai vu pour faire mes designs. Chacun a sa méthode mais c'est la mienne.
Je viens à ce genre de conventions pour étudier. Je suis toujours heureux de voir que mes personnages soient aimés par tant de fans. C'est toujours gratifiant de voir cela. Ce sont des designs qui appellent au cosplay.
Mais par exemple, il y a Mamoru Hosoda, réalisateur de Toki wo kakeru shoujo, qui insiste pour que les designs des personnages ne donnent pas lieu à des cosplays. Il demande à ce que les costumes soient les moins "anime" possibles pour que cela ne devienne pas des cosplays.

Le coeur du coach est avec nous !

Interprète : Fabrice Renault


Commentaires

2016-12-01 04:13:00 | Carl

Thank you very much for posting this interview from Connichi!

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