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12/02/2012 | Ryuurei

Atsushi Kaneko au Festival International de la BD d'Angoulême


Atsushi Kaneko, auteur des seinen manga Bambi et SOIL, était présent lors de la 39e édition du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême. Bambi et SOIL, sont très différents, autant sur le plan de la conception par leur format éditoriaux, que sur l'ambiance tantôt violente et oppressante dans le cas de Bambi et véritablement étrange dans SOIL. Cependant une idée subsiste, l'ambiance « noire », née du genre des romans noirs des années 1920, appelé encore « hard boiled » par les puristes, très présent dans chacun d'eux.

Bambi SOIL

À l'occasion du festival, Atsushi Kaneko participait à deux conférences. La première décrivait donc cette ambiance noire dans la bande dessinée, aux cotés de deux autres auteurs américains, Brian Azzarello (100 Bullets ; Firstwave) et Viktor Kalvachev (Blue Estate ; PHERONE), assuré par l'interprète Sylvain Lesage.

Vous constaterez l'absence de réponses de la part de Viktor Kalvachev, non pas parce qu'il ne disait rien, mais ses réponses concordaient très souvent avec celles de Brian Azzarello. Quand vous lisez Azzarello, vous lisez à peu de chose près Kalvachev, il n'est donc pas nécessaire de retaper 2 fois la même chose.

La deuxième conférence, essentiellement sur le travail d'Atsushi Kaneko, a été réalisé caméra en main, histoire de pas en perdre une miette.

 

Rencontre internationale : « Disparitions inexpliquées, récits éclatés, super-héros et anti-héros. Comment écrire le polar aujourd'hui ? » à l'Espace Franquin, le samedi 28 janvier 2012


Sylvain Lesage : Comment définissez-vous le polar ?


Atsushi Kaneko : Dans mon cas, par les ombrages, l'omniprésence du noir, la folie, une interstice et le quotidien. Dans SOIL, il y a des enfants vivant leur quotidien, mais aussi un autre univers.


Viktor Kalvachev : Par l'approche linéaire. Quand je crée mes personnages, je m'assure qu'ils aient à la fois la lumière et l'ombre (NDLR : On peut également penser à un coté du bien, et un autre sombre). Par des choses inattendus. Mais le polar c'est également de ne pas sentir de trahison.


 

Brian Azzarello : Il s'agit de vivre dans une erreur.


SL : Concernant la trajectoire des œuvres de Mr. Atsushi Kaneko, elle est différente de la violence habituelle du polar. Il y a une violence presque assumé et ouverte. Alors que dans SOIL, il y a une violence sourde, en fond. Y a t-il un rapport personnel à la violence ?


AK : Oui, dans Bambi, il s'agit d'une parodie des violences que l'on retrouve dans les comics américains, inscrit dans un univers japonais. On pourrait en rire, il faut le voir comme un divertissement. Dans SOIL, la violence est caché dans le décors japonais urbain. J'utilise la violence pour parodier.

(même type de question pour BA et VK)


BA : Dans Firstwave, Batman est une parodie. Il y a un mauvais ressenti, car c'est une affreuse raison que de porter un costume quand ses parents sont tués. Ici il ne fait que débuter, c'est un bleu. Alors que Doc Savage c'est le premier super-héros de l'humanité. Cette idée des super-héros est une parodie en soi.

 

Firstwave


VK : Oui, on ne sait pas si il faut en rire ou bien en pleurer. Dans mon cas, je n'aime pas les scènes violentes. Je triche afin de vous faire ressentir de la peur, en vous la suggérant dans votre imagination.

 

SL : Comment travaillez-vous la violence pour qu'elle se projette dans le dessin ?


BA : Il n'y a pas de règle strict. Parfois on la démontre, ou parce que c'est efficace, on peut mettre d'abord la pression et d'un coup elle éclate comme quand on vous balance un coup de poing en pleine figure.


AK : Dans SOIL, lorsque je représente la violence, j'utilise quelque chose de repoussant, ou alors du désir. Afin que le lecteur reste perplexe, ou parfois avec un sentiment contraire.


SL : Avez-vous des problèmes avec les éditeurs à cause de cette violence ?


AK : Vis à vis de la violence, je n'ai aucune limite. Je suis libre de faire tout ce dont j'ai envie. Du coté des lecteurs, je fais en sorte qu'il soit troublé, perplexe. Alors que dans Bambi, on peut dire que « vivre est violent en soi ».

 

Bambi Bambi


SL : Ou s'arrêter alors ?


BA : On s'en fiche. (NDLR : on peut penser que tout le monde était d'accord sur ce point)


SL : En ce qui concerne la construction narrative, qu'avez vous à nous dire ?


BA : Les projets sont assez différents, mais on doit se pencher aussi du coté du business. La manière dont on amène l'histoire est que tant qu'il y a des gens pour nous lire, alors on peut faire ce dont on a envie, et tout va bien.


AK : Avant de réaliser Bambi, j'avais envie de faire quelque chose d'assez éloigné du format « manga ».Ici, pas d'intrigue à l'avance, l'histoire progresse selon les lecteurs, et par la même le personnage agit selon l'intrigue. Même si j'avais la fin de l'histoire en tête, je voulais faire quelque chose qui ressemble à du polar ordinaire. Il y avait cette accumulation précise et en même temps une destruction programmé.

 

VK : Pour moi, l'histoire est facile à comprendre. Au fur et à mesure on se moquait du personnage principal. On est loin du polar au final. Ici le héros est un geek. Il est très difficile de garder une vue d'ensemble.


SL : (à VK et BA) Pourquoi plusieurs dessinateurs ?


VK : J'aime plein de style. Je voulais que les lecteurs ressentent ce changement pour comprendre le déroulement de l'histoire, et chacun d'eux a un style très ancrés dans son intrigue.

 

Blue EstateBlue Estate


BA : Pour être franc, sur le marché américain, un artiste étranger qui sait raconter, le fera mieux qu'un américain.


SL : Que pouvez-vous nous dire sur vos influences ?


BA : Quand je parle des français, je cite souvent qu'ils ont une manière visuelle de transmettre un message. Comme par exemple Peter Pan de Loisel.


AK : Je ne lis pas de manga. Quand j'étais plus jeune, j'étais intéressé par le punk rock et les comics. Au niveau du cinéma, j'apprécie les films noirs, mais aussi les films de David Lynch. J'apprécie aussi beaucoup les films de yakusa de Suzuki Seijun.


Suzuki Seijun Tokyo Drifter


SL : (à AK) Comptez-vous faire des projets collaboratifs avec des auteurs américains ?


AK : Cela ne m'intéresse pas, je préfère tout contrôler, notamment parce que j'ai déjà exercé comme réalisateur pour le cinéma.


SL : En quoi la musique joue un rôle dans l'art et l'intrigue ?


AK : Pour l'art, il faut attendre un déclic qui se fait le plus souvent par la musique. Quand je réfléchis à une histoire, j'ai d'abord une musique en tête, qui me fera penser à un genre en particulier et par la suite son contexte.


BA : Dans mon cas, la musique ne m'apporte plus grand chose. Cela va apparaître absolument prétentieux, mais je me parle à moi même, et avec mes personnages. Mais je ne le suis pas pour autant...

 

Table ronde : « Atsushi Kaneko » au Forum du Nouveau Monde, le dimanche 29 janvier 2012

 


Atsushi Kaneko - Conference Angouleme 2012 Partie 01

 


Atsushi Kaneko - Conference Angouleme 2012 Partie 02

 

N'hésitez pas à découvrir tout ces titres !

SOIL aux éditions Ankama : http://www.ankama-editions.com/fr/catalog/books/157-soil-1.html

Firstwave : http://www.ankama-shop.com/fr/h8-livres/1127-first-wave-tome-1

Blue Estate : http://www.ankama-shop.com/fr/h8-livres/945-blue-estate-tome-1

Bambi aux éditions IMHO : http://www.imho.fr/_atsushi-kaneko_


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