1967 : Comédie versus tokusatsu - Articles - Manganimation.net, Manga Anime, news & reviews
Network
     

↓

17/02/2013 | Ryuurei

1967 : Comédie versus tokusatsu


En 1967, de plus en plus de séries du genre comédie et de tranche de vie sont diffusées, alors que le boom des séries tokusatsu continue de prospérer.

À partir du mois de janvier, la série, Gokû no Daibôken du studio Mushi Pro commence sur la chaîne Fuji TV. Il en va de même avec la série Pyunpyun Maru du studio Tôei Dôga sur la chaîne NET. Réalisateur en chef de Gokû Daibôken, Gisaburô Sugii (Touch, Glass no kamen...) souhaitait faire rire avec l'absurde. En prenant la place de Tetsuwan Atom, Gokû no Daibôken donnait l'impression de changer d'ère, en passant de la science fiction à la comédie.

 

Générique d'ouverture de Gokû no Daibôken

 

Composé de 39 épisodes, Gokû no Daibôken raconte de manière satirique les exploits du célèbre roi des singes dans son voyage vers l'Occident. La série est une adaptation du manga Boku no Songokû de Osamu Tezuka, lui même une adaptation du roman chinois Xi Yóujì (Saiyûki, Le voyage en Occident).

Il existe un épisode pilote de Gokû no Daibôken, cependant le contenu était proche du film d'animation Saiyûki du studio Tôei Dôga (sorti en 1960). Après avoir apporté des modifications, Sugii Gisaburô expliquait à Osamu Tezuka qu'il ne s'agissait plus vraiment de son travail, ce à quoi Tezuka lui répondit de faire comme bon lui semble.
Au début, la série enregistrait un record d'audience s'élevant jusqu'à 30,7% pour l'épisode du 18 février 1967. Cependant, au printemps, la série Ôgon Bat, alors diffusée sur une chaîne concurente, fit chuter l'audience de Gokû no Daibôken. De même avec Pyunpyun Maru, malgré les efforts en présentant la série comme un jidaigeki, c'est à dire à caractère historique, l'audience n'a pas été meilleure et elle se termine après 12 épisodes au lieu de 26. Comme elles allaient finir parmi les plus grandes séries du genre comédie, ce fut dommage d'en avoir coupé la production. En sachant que le genre tranche de vie typiquement japonaise allait s'implanter après la diffusion de Obake no Q-tarô. En prenant en compte avec habilité l'influence des séries tokusatsu, le nombre de série tranche de vie augmentait, ainsi plusieurs studios prirent le relai, avec des séries comme Kaminari Bôya Pikkiri Bii du studio Hôsô Dôga, Chibikko Kaijû Yadamon du studio P Pro ou encore Oraa Guzura dado! du studio Tatsunoko.

 

TitreStudioCréateurs / RéalisateurDiffusionNb
Ep
Gokû no Daibôken
悟空の大冒険
Mushi Pro Osamu Tezuka,
Gisaburô Sugii
07/01/1967 au 30/09/1967 39
Hitachi Documentary Subarashii Sekai Ryokô : Alaska no Tabi "Dai 5 Hyôgaki"
すばらしい世界旅行 アラスカの旅「第五氷河期」
Nihon Eizô Kiroku Center Masahiro Mori, Renzô Kinoshita 29/01/1967 au 05/02/1967 2
Ôgon Bat
黄金バット
Daichi Ichi Dôga  Takeo Nagamatsu 01/04/1967 au 23/3/1968 52
Kaminari-bôya Pikkari-Bii
かみなりぼうやピッカリ・ビー
Children's Corner, Hôsô Dôga  Murotani Tsunezou 01/04/1967 au 30/03/1968 54
Ribon no Kishi
リボンの騎士
Mushi Pro Osamu Tezuka, Chikao Fujii, Kanji Akahori 02/04/1967 au 07/04/1968 52
Perman
パーマン
Studio Zero, Tokyo Movie Fujio Fujiko 02/04/1967 au 14/04/1968 55
Mach GoGoGo
マッハGoGoGo
Tatsunoko Pro Tatsuo Yoshida, Hiroshi Sasagawa 02/04/1967 au 31/03/1968 52
King Kong & 001/7 Tom Thumb
キングコング・001/7親指トム
TÔEI Dôga / Videocraft Yoshifumi Hatano 05/04/1967 au 04/10/1967 24
Pyunpyun Maru
ピュンピュン丸
TV Dôga  Jirô Tsunoda 03/07/1967 au 30/03/1970 26
Don Kikko
ドンキッコ
P. Prod  Shotarô Ishinomori, Kôichi Ishiguro 07/09/1967 au 25/01/1968 21
Bôken Shônen Shadar
冒険少年シャダー
Nihon Housou Eiga  Okamoto Kôki 18/09/1967 au 16/03/1968 156
Chibikko Kaijû Yadamon
ちびっこ怪獣ヤダモン
P. Prod  Ushio Sôji 02/10/1967 au 25/03/1968 26
Skiers 5
スカイヤーズ5
TCJ Noburu Kawasaki, Tarô Koizumi, Takashi Ishikawa 04/10/1967 au 27/12/1967 12
Oraa Guzura Dado
おらぁグズラだど
Tatsunoko Pro  Sasagawa Hiroshi 18/09/1967 au 16/03/1968 156

 Tableau des séries diffusées en 1967

 

Ribon no Kishi et Mach GoGoGo

À partir du mois d'avril, c'est au tour de Ribon no Kishi (Princesse Saphir) et de Mach GoGoGo (Speed Racer) de faire parler d'eux.

La première est produite par Mushi Pro et est devenue un immense succès auprès des filles, notamment grâce à son héroïne déguisée en garçon. Il s'agit une fois encore d'une adaptation d'un manga de Osamu Tezuka, prépublié à partir de 1953 dans le Shôjo Club. Il faudra attendre 1964 pour qu'un shôjo manga soit publié par une femme, Machiko Satonaka.

 

Ribon no Kishi

Ribon no Kishi


Un premier pilote fut réalisé en novembre 1966, avec un développement scénaristique similaire à celui du manga. Et bien entendu, la version télévisée comprend un grand nombre d'ajout, comme par exemple la reine des neiges qui dirige l'armée des pays du nord, ainsi qu'une intrigue dramatique. Selon Mary Hawkesworth dans l'ouvrage Signs : Journal of Women in Culture and Society, Ribon no Kishi est comparable au film Blanche-Neige et les sept nains des studios Disney en ce qui concerne son style d'animation et sa colorisation. Par la suite, Ribon ni Kishi influencera beaucoup Riyoko Ikeda et son célèbre Versaille no Bara (La rose de Versailles / Lady Oscar).

Bien qu'élevée comme un prince, Saphir est avant tout une jeune fille. Afin d'empêcher le Duc Duralumon d'accéder au trône et d'oppresser les gens, le roi a gardé secrète la véritable nature de son enfant. Cependant, à sa naissance, un petit ange du nom de Choppy a donné deux cœurs à Saphir. Un bleu pour un garçon, un rose pour une fille, et il se doit de récupérer le bleu, mais Saphir refuse de perdre ce dernier. Ainsi s'ensuivent les aventures de Saphir et de Choppy à travers le royaume pour vaincre sorcière et armée de révolutionnaires.

 


Générique d'ouverture de Ribon no Kishi


Quant à Mach GoGoGo, produit par le studio Tatsunoko, elle est à l'origine des courses de bolides toutes plus folles les unes que les autres. Dans le manga, Tatsuo Yoshida a apporté plusieurs caractéristiques issues des cartoons américains : les personnages, la manière dont se déroule une action et les détails apportés à la mécanique. Elle est également la première série en couleurs du studio.

Dans Mach GoGoGo, nous suivons les aventures de Gô Mifune, un jeune coureur automobile qui a pour ambition de devenir professionnel à bord de son bolide Mach-gô.

 

Mach GoGoGo - Speed Racer

Mach GoGoGo


Même avant la publication de Mach GoGoGo, Tatsuo Yoshida et Ippei Kuri avaient déjà publié des manga de courses de voitures : Pilot Ace en 1960, Hayabusa Q en 1961 ou encore Speed Bun-chan en 1962. Mais c'est surtout Pilot Ace qui a permis de lancer le projet Mach GoGoGo. Cependant ils n'ont pas fait une adaptation de Pilot Ace, mais en ont seulement repris quelques éléments. Quant à la série, c'est le scénariste Jinzô Toriumi qui participe à l'élaboration de 28 épisodes, et 15 de plus en tant que co-scénariste, sur les 52 épisodes composant la série. Toriumi était déjà connu sur Tetsuwan Atom, mais c'est au sein du studio Tatsunoko qu'il dévoile son potentiel.

Durant la production de la série, Tatsuo Yoshida aurait été inspiré par deux films américains. Viva Las Vegas, une comédie musicale avec Elvis Presley. La couleur blanche de la voiture est un hommage au célèbre costume blanc du chanteur. Quant au deuxième film, il s'agit de Goldfinger, issu de la saga James Bond. En effet, l'Aston Martin de 007 est bourrée de gadget, comme le bolide de Mifune. Par ailleurs, le nom de Mifune provient du célèbre acteur japonais Toshiro Mifune (Rashômon, Les sept samouraïs).



Les fruits des collaborations avec les pays étrangers

Durant la même année, des productions spécifiques naissent issues des collaborations avec les pays étrangers. Par exemple le studio Tôei Dôga tente sa chance avec le studio américain Video Craft. Ainsi, suite à un épisode spécial en deux parties intitulé Sekai no Ôja King Kong Taikai (The King Kong Show) diffusée à la fin de l'année 1966, ils produisent les séries intitulées King Kong & 001/7 Oyayubi Tom. Le nouveau studio Dai'ichi Dôga (fondé par des personnes en charge du studio Tôei Dôga et TCJ) collabore avec une chaîne de diffusion coréenne et produisent la série Ôgon Bat. C'était un projet influencé par les relations diplomatiques entre le Japon et la Corée du Sud. Après quoi, les deux pays n'ont jamais cessé de travailler ensemble.

 

Oyayubi Tom

001/7 Oyayubi Tom



L'influence du tokusatsu sur les séries d'animation

Lorsque nous regardons l'épisode 53 de Haris no Kaze (dont nous vous parlions la semaine dernière), nous pouvons y voir des scènes de bagarres entre le protagoniste Ishida Kunimatsu et son petit frère. Ce genre de scène est issu des séries de tokusatsu, celles avec des gros monstres, et dans le cas précis de l'épisode 53, il s'agissait de Kaijû Godora et Kaijin Amerug. La première comprend des monstres reptiliens, la seconde, des monstres anthropomorphes, comme l'étaient respectivement Godzilla et King Kong. Un autre exemple avec l'épisode 51 de Mahô Tsukai Sally, où la puissance de sa magie provient notamment de la rencontre avec la défunte mère de Yoshiko. Fière du lien que les deux filles partagent entre-elles, elle décide de changer la forme des nuages. En demandant quelle forme elle pouvait donner aux nuages, Sally répond que le petit-frère de Yoshiko adore les gros monstres. Le lendemain matin, nous pouvons voir des nuages en forme de monstres au dessus de la tête des enfants.

Ces deux épisodes sont représentatifs de ce boom du tokusatsu. Alors qu'elles n'ont pourtant aucun rapport, l'influence de ce boom se ressentait. En ciblant les enfants, les séries d'animation et de tokusatsu ne pouvaient être considérées que comme rivales. Chacune avait ses points forts et ses points faibles. Bien entendu, la plus grande différence réside dans l'emploi du matériel pour mettre l'ensemble en mouvement. Par exemple, dans le cas où apparaissent des êtres vivants issus de l'imaginaire et de la mécanique, cela peut apparaître comme un point faible pour l'animation puisqu'ils y sont représentés avec de simples traits et des couleurs, alors que le tokusatsu est composé d'objets sculptés et modelés, allant des costumes de monstres à des miniatures. Le point fort de l'animation composée de celluloïd était surtout la caricature et l'usage des symboles dans le but de parodier.

En ce qui concerne la diminution du nombre de séries d'animation de science-fiction, nous ne pouvons ignorer l'influence du tokusatsu. Les enfants n'avaient pas de besoin particulier concernant la science-fiction, le genre continuait avec la mode des monstres géants, en d'autres termes, le genre est simplement passé de l'animation vers de la prise de vue réelle.

Si nous prenons les séries du genre comédie et de tranche de vie, telles Obake no Q-tarô et Osamatsu-kun, elles prospéraient malgré ce passage. Les séries Oraa Guzura Dado! et Chibikko Kaijû Yadamon étaient les plus représentatives de l'année 1967, car elles jouaient beaucoup sur la caricature, en laissant de coté la qualité et le sérieux que l'on peut retrouver dans le tokusatsu. Dans la série Pyunpyun Maru, il n'y a pas de rôle majeur, cependant les épisodes 3, 7 et 17 font apparaître des monstres géants.

 

Oraa Guzura dado & Yadamon

Oraa Guzura dado! et Yadamon


D'autres part, bien que nous les présentons comme de la prise de vue réelle, il est aussi possible de ressentir l'influence du manga et de l'animation dans les séries tokusatsu, avec par exemple Kaijû Booska, produite par le studio Tsuburaya Production, dont les métamorphoses de Booska étaient réalisées avec des grandes peluches. Cependant, selon les témoignages de l'équipe de production, c'est l'épisode 15 de la série Ultra Q qui a joué un rôle dans la création de Booska.

De la même manière, en ce qui concerne le tokusatsu, nous pouvons retrouver d'autres exemples avec les séries d'animation Marude Dameo et Ninja Hattori-kun, ou encore dans Ninja Kaijû Jippô avec le compagnon de Hattori qui a la forme d'un monstre. En d'autres termes, l'année 1967 représente les relations qu'entretenait l'animation du genre tranche de vie dans un univers de fantasy avec les séries tokusatsu. Dépassant les clivages, la série Comet-san (un théâtre de marionette) s’est démarquée en proposant un mélange de tous les genres, alliant prise de vue réelle et animation, démontrant ainsi que la dichotomie tokusatsu/animation n’était pas une fatalité.

 

Générique d'ouverture de Kaijû Booska

Sources

http://animestyle.jp/2012/07/02/609/
Animage – Édition spéciale sur les épisodes pilotes – Septembre 1978
Beautiful, Borrowed, and Bent: “Boys’ Love” as Girls’ Love in Shôjo Manga, James Welker, Signs, Vol. 31, No. 3, New Feminist Theories of Visual Culture (Spring 2006)
http://www.scifijapan.com/articles/2008/04/20/racers-start-your-engines/
http://www.pelleas.net/reviews/#1
http://goldenani.blogspot.fr/2013/01/1967-best-year-for-coming-out-second.html

 

Merci a Emilie et fmr pour les corrections !


Sur le forum : http://www.forum-manga.net/showthread.php?64-50-ans-d-histoire-des-s%C3%A9ries-d%E2%80%99animation-japonaises

Commentaires

Aucun commentaire

Ajouter un commentaire

Par quel quatuor est dessiné Card Captor Sakura ?



Se connecter

Pôle Emploi

recrutement
Tout le monde en parle

Please RT