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10/02/2013 | Ryuurei

1966 : L'origine du Magical Girl


Avec l'année 1966, nous allons tenter d'en apprendre un peu plus sur l'origine des séries pour filles, avec Mahô Tsukai Sally, qui est à la fois le point de départ du genre Magical Girl. Durant cette même année, plusieurs nouveaux genres ont fait leurs apparitions, mais malgré cela, les diffuseurs parlaient déjà du début de la fin de l'animation télévisée. À travers quelques explications sur les relations entre studios de production et chaînes télévisée, nous comprendrons les raisons de tels propos.

 

TitreStudioCréateurs / RéalisateurDiffusionNb
Ep
Osomatsu-kun
おそ松くん
Studio Zero,
Childrens Corner
Fujio Akatsuka 05/02/1966 au 04/03/1967 99
Rainbow Sentai Robin
レインボー戦隊ロビン
Tôei Dôga Tatsumi Umashima 23/04/1966 au 24/03/1967 48
Kaizoku Ôji
海賊王子
Tôei Dôga Shôtarô Ishinomori,
Yoshio Kuroda
02/05/1966 au 28/11/1966 31
Haris no kaze
ハリスの旋風
P Prod Tetsuya Chiba
Yoshiyuki Shindô
05/05/1966 au 31/08/1967 70
Yûsei Kamen
遊星仮面
TCJ Takaharu Kusunoki 03/06/1966 au 21/02/1967 39
Monoshiri Daigaku Ashita no Calendar
ものしり大学明日のカレンダー
Otogi Prod   01/07/1966 au 02/08/1970 1274
Robotan
ロボタン
Daiko Kenji Morita 04/10/1966 au 27/09/1968 103
Jungel Tatei Susume Leo
ジャングル大帝 進めレオ!
Tezuka Pro Osamu Tezuka,
Rintarô
05/10/1966 au 29/03/1967 26
Ganbare! Marine Kid
がんばれ!マリンキッド
TV Dôga Kazuhiko Okabe, Sachihiko Kitagawa, Taku Sugiyama 06/10/1966 au 29/12/1966 13
Tobidase! Bacchiri
とびだせ!バッチリ
Nihon Hôsô Eiga Kôki Okamoto 14/11/1966 au 15/04/1967 162
Mahô Tsukai Sally
魔法使いサリー
Tôei Dôga Mitsuteru Yokoyama,
Toshio Katsuta,
Hiroshi Ikeda
05/12/1966 au 30/12/1968 92

 

À l'origine du Magical Girl

En 1966, les séries pour filles prennent leur envol avec Mahô Tsukai Sally. Si la série fut diffusée au Québec sous le nom de Minifée, nous n'avons eu droit qu'au remake de 1989, sous le nom de Sally la petite sorcière. À l'origine, il s'agissait d'un manga de Mitsuteru Yokoyama prépublié dans le magazine Ribon de la Shueisha, pour seulement un tome.

Sally, princesse d'Astoria le royaume des sorcières, souhaite visiter le monde des humains. Désobéissant à sa mère, elle se rendra sur Terre, où elle rencontre Yoshiko et Sumire, avec qui elle devient rapidement amie, même si ces dernières ont des doutes quant à ses pouvoirs magiques. La première épreuve de Sally consiste à sauver ses deux nouvelles amies tenues prisonnières par deux voleurs dans un magasin de jouets. Le père de Sally découvre la supercherie de sa fille, et décide d'envoyer Cub, son petit-frère, pour la convaincre de revenir à la maison.

 

Mahou Tsukai Sally

Cub, Sally, Yoshiko et Sumire

 

Initialement, le manga s'appelait Mahô Tsukai Sunny, mais après 5 chapitres, le nom changea car cela posait problème avec la marque Sony lors de la production de la série.
Son adaptation télévisée fut réalisée par Toshio Katsuta et Hiroshi Ikeda au sein du studio Tôei Dôga. La prépublication du manga et la production de la série ont pour ainsi dire commencé en même temps. L'essence même du manga provient de la diffusion japonaise de la série américaine Ma sorcière bien-aimée, sur les écrans à partir du mois de février. C'est aussi à partir de ce moment que Osamu Tezuka fut encouragé à produire l'adaptation de Ribon no Kishi (Princesse Saphir). Pour le studio Tôei Dôga, c'était un souhait que de vouloir amener une nouvelle branche de l'animation avec des séries pour filles. Les 17 premiers épisodes sont en noir et blanc, et tout le reste en couleur. L'épisode 18 est d'ailleurs le premier épisode couleur diffusé sur la chaîne NET. Bien entendu, Mahô Tsukai Sally est également à l'origine des séries du genre Magical Girl. Notamment du contexte de la princesse issue d'un royaume magique, transportée au beau milieu de la société humaine, qui sera repris dans Mahô Tsukai Chappy en 1972 et Majokko Meg-chan en 1974, et bien entendu dans la plus célèbre d'entre elles, Mahô no Princess Minky Momo (Gigi). Comme l'indique Patricia Duffield (Animerica Extra Vol. 3, No. 11, Octobre 2000), ce contexte serait la métaphore parfaite d'un enfant devenant adulte.

Cependant, si la série est la première du genre, ce n'est pas le cas en ce qui concerne le manga. Toujours dans le magazine Ribon, Himitsu no Akko-chan de Fujio Akatsuka est le premier manga de Magical Girl. Ce dernier fut publié entre juillet 1962 et septembre 1965, mais ne sera adapté à la TV que plus tard, en 1969. Cependant, le genre n'est pas abordé de la même manière, puisque Akko n'est qu'une fillette ordinaire à qui on a donné des pouvoirs magiques.
Malgré cela, c'est avec la série Mahô Tsukai Sally que les codes du magical girl furent établis, pour la plupart encore utilisés de nos jours. L'héroïne ne doit révéler ses pouvoirs à quiconque, même si Sally le fait dès le premier épisode... Pour changer de forme, elle doit citer une incantation en se servant d'un bâton enchanté, si ce n'est un autre objet. Un genre de bestiole se trouve aux cotés de la jeune fille. Et enfin, une ou deux autres filles deviendront ses alliées, chacune ayant une personnalité bien distincte.

 


Générique d'ouverture en couleur de Mahô Tsukai Sally

 

La fin des séries d'animation japonaise !

Les séries d'animation entrent dans leur quatrième année, et des nouveaux genres apparaissent les uns après les autres. La série Haris no Kaze, adaptée du manga de Tetsuya Chiba est la première dont le cadre principal de l'action se situe à l'école, bien que ces dernières années nous avons une abondance de série se passant dans un lycée. Haris no Kaze fut produit par le studio P Pro. Elle est également la première du genre sport, avec des défis lancés entre les clubs, provoqué par Kunimatsu Ishida, le héros de l'histoire.

Kunimatsu est l'aîné de la famille Ishida. Mais ce dernier s'est fait expulser de plusieurs écoles de la ville de Shizuoka, à cause de son caractère quelque peu violent. Les Ishida durent déménager leur entreprise familiale de ramen jusqu'à Tôkyô. Un jour, le voici qu'il s'attaque à Gôzô Iwanami, un professeur d'une école nommée Haris. Le principal ayant eu vent de cette affaire, recommande l'entrée de Kunimatsu dans l'école afin qu'on lui enseigne la discipline. Le jeune garçon se retrouve dans la classe du professeur Iwanami, bien que ce dernier soit contre. Mais le principal n'est pas de l'avis du professeur Iwanami quant aux troubles provoqués par Kunimatsu.

 

Haris no Kaze

Haris no Kaze, du sport, du sport et encore du sport !

 

Voici quelques infos en vrac concernant Haris no Kaze. Le personnage de Megane est devenu très populaire, au point d'influencer Tetsuya Chiba qui le fera apparaître assez souvent dans son manga. De plus, au début de la diffusion, le héros fut critiqué à cause de son caractère impétueux, mais grâce à cela, l'audience était élevé et a permis à P Pro. de produire plus d'épisodes que prévu. Au début de la diffusion, le Shônen Magazine, dans lequel était publié Haris no Kaze, indiquait qu'en temps normal, un épisode utilise 3000 celluloïds, cependant l'épisode 1 de Haris en a utilisé 5000. De nos jours, il existe une édition DVD de la série, mais l'épisode 64 n'a plus de son, mais des sous-titres ont été ajoutés.

 

Produite par le studio Childrens Corner, Osamatsu-kun, adaptée du manga de Fujio Akatsuka, est la première du genre comédie. Elle a été réalisée sur le modèle 2 épisodes en 1 issus de la série Obake no Q-tarô diffusée l'année précédente. Osamatsu-kun est une sorte de parodie de la vie courante japonaise.

D'autres parts, les studios Tôei Dôga et TCJ produisaient respectivement Rainbow Sentai Robin et Yûsei Kamen, deux nouvelles séries de science-fiction, dans la lignée du célèbre trio de l'année 1965. Ces deux séries mettent en scène un jeune héros métis, issu d'une famille déchirée par une guerre entre deux immenses planètes. Par leurs thèmes, ces deux séries délivrent un message aux enfants en leurs faisant prendre conscience de la situation mondiale avec le bombardement au nord du Vietnam et les tensions de la Guerre Froide.

 

Rainbow Sentai Robin et Yûsei Kamen

Rainbow Sentai Robin et Yûsei Kamen



L'année 1966, c'est aussi l'année du Kaijû Boom, le boom des monstres. Tsuburaya Production, connu pour les célèbres films de Godzilla, produit la série Ultra Q. Celle-ci est diffusée à partir du mois de janvier sur la chaîne TBS. La série est devenue si populaire que son taux d'audience était sur un même pied d'égalité avec celui de la série W3. En l'espace de trois ans, les séries de monstres (que nous appellerons dorénavant série tokusatsu) sont devenues les grandes rivales des séries d'animation. C'est pour cette raison que le 31 décembre 1966, après quatre années de bons et loyaux services, la série Tetsuwan Atom se termine. Cet événement symbolique indique le début de la fin des séries d'animation.

 

Les relations entre les studios de production et les chaînes de télévision

Les débuts des séries d'animation étaient clairement marqués par les relations entre les studios de productions et les chaînes de télévision. Par exemple, les studios Mushi Pro, P Pro et Tatsunoko étaient affiliés à Fuji TV, Tôkyô Movie était chez TBS et Tôei Dôga était chez NET (devenu la chaîne TV Asahi). En principe, la chaîne qui diffuse la première série d'un studio est  plus ou moins liée avec et il semblerait qu'une sorte d'accord commun naisse entre les deux, afin de diffuser les séries suivantes. Et puis cela permet aux studios de maintenir une certain stabilité, à condition d'obtenir des résultats. Plusieurs circonstances pouvaient entraîner la formation d'un accord. Comme par exemple le cas où la chaîne offre une place aux seins de son entreprise pour établir un studio. Ou encore le cas de la Tôei Dôga, qui diffuse ses séries sur la même chaîne (donc NET) que la compagnie mère de la Tôei. L'exception se trouvait du côté du studio TCJ, puisque les séries étaient diffusés à la fois sur Fuji TV et TBS, ce qui était chose rare. Il y avait aussi les compagnies publicitaires, Dentsû était affilié à Fuji TV, et celle de Asahi Tsûshinsha avec TBS.

Parmi les plus grandes chaînes situées dans la capitale, Nihon TV a été la plus tardive concernant la diffusion de séries d'animation. Les raisons de son incapacité à entrer sur le marché des séries sont les suivantes : À l'origine, Nihon TV avait des programmes sur le baseball et le catch, des émissions de variétés, et en fait, la chaîne ne diffusait aucune séries japonaises, ni en prise de vues réelles, ni d'animation. Cependant, elle diffusait des émissions américaines populaires telles que Disneyland, de 1958 à 1972, et Mickey Mouse Club de 1959 à 1968. Nihon TV ne ressentait donc pas de besoin urgent de diffuser des séries d'animation japonaises, ou tout du moins, la chaîne hésitait. Tout d'abord parce qu'elle n'avait établi aucun lien concret avec un studio, puisque de toute façon, tous les studios étaient déjà affiliés à une autre chaîne. Raison pour laquelle le studio Nihon Hôsô Eiga a été établi, au sein même de l'entreprise Nihon TV.
En 1962, Yamato Teruo, le président du studio à cette époque, répondait à une interview du magazine Eiga en insistant sur la production d'animation et que deux années étaient nécessaire pour mener à bien leur projet. La chaîne aurait dû commencer à diffuser Tatakae! Osper à partir de 1964, mais comme les membres de la production de la série Big X y participait, la production de Osper fut retardée.

 


Générique d'ouverture de Tatakae! Osper


Ce n'est qu'après cinq années, avec la fin des accords passés entre les studios et les chaînes, qu'ils ont commencé à se faire des affaires d'une chaîne à l'autre. Par exemple, Fuji TV a diffusé la série Gegege no Kitarô produite par la Tôei, Yomiuri TV a diffusé Kyojin no Hoshi de Tôkyô Movie, tout cela dès 1968. Ces circonstances sont dûes aux nouvelles conditions d'administration mise en place par les studios, à l'élargissement des chaînes de télévisions, notamment à Ôsaka avec Mainichi Hôsô, Yomiuri TV et Asahi Hôsô, entre autres, ainsi qu'à l'influence du boom des séries tokusatsu. Ces circonstances ont pu donner l'impression d'une très grande désorganisation dans le milieu de l'animation, et la fin de Tetsuwan Atom a fait accroître l'idée que l'ère de la série d'animation était déjà en train de s'effondrer.

 

Article précédent : 1965 : Et ainsi débutent des séries hautes en couleur

 

Sources :

http://animestyle.jp/2012/06/25/509/
http://www.mindspring.com/~theduffields/resume/articles/features/witches.htm
http://ja.wikipedia.org/wiki/魔法使いサリー
http://ja.wikipedia.org/wiki/ハリスの旋風
http://goldenani.blogspot.fr/2013/01/1966-reflecting-economic-expansion-in.html


Commentaires

2013-02-13 04:25:15 | Ryuurei

Concernant Mahou Tsukai Sally, j'avais déjà noté ce changement de NB à couleurs : "Les 17 premiers épisodes sont en noir et blanc, et tout le reste en couleur."

et Le roi Léo a commencé directement en couleurs, mais j'en ai parlé la semaine précédente.

2013-02-11 02:38:07 | pattosai

Toujours sympa cette ballade dans l'histoire des anime. Dans les petites précisions, Akko-chan est connu en France sous le nom de Caroline.

Et je ne suis plus sûr mais il me semble que Sally a été le première série à avoir connu un changement Noir/Blanc --> couleurs, le Roi léo ayant directement débuté en Noir et Blanc)

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Il a des cheveux blonds, un survêtement orange, il mange des ramen et veut devenir hokage quand il sera grand, il s'appelle ... ?



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