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03/02/2013 | Ryuurei

1965 : Et ainsi débutent les séries hautes en couleur


En 1965, le nombre de séries produites passe à 13, sans compter l'épisode spécial de Shin Takarajima diffusé le 3 janvier. C'est également les débuts des séries colorisées avec Jungle Taitei et Dolphin Ôji. La même année survient l'Affaire W3, qui amène peu à peu Tezuka dans la période la plus sombre de sa vie. Et pour finir, nous présenterons Uchû Ace, la toute première série du studio Tatsunoko.

Concernant le programme Mushi Pro Land dont nous vous parlions la semaine dernière, celui-ci n'a finalement duré qu'une semaine. Durant ce programme fut diffusé le premier épisode de Shin Takarajima, mais ne donna lieu à aucune suite. Shin Takarajima devint finalement le premier épisode spécial de l'histoire de l'animation japonaise.

 

Shin Takarajima

 

TitreStudioCréateurs / RéalisateurDiffusionNb
Ep
Mirai kara kita Super Jetter
未来からきた少年スーパージェッター
TCJ Fumio Hisamatsu,
Haruyuki Kawajima
07/01/1965 au 20/01/1966 52
Uchû Patrol Hopper
宇宙パトロールホッパ
Tôei Dôga Tetsuji Fukamori 01/02/1965 au 29/11/1965 44
Dolphin Ôji
ドルフィン王子
TV Dôga Kazuhiko Okabe, Sachihiko Kitagawa, Taku Sugiyama 04/04/1965 au 18/04/1965 3
Uchûjin Pipi
宇宙人ピピ
TV Dôga Sakyô Komatsu 08/04/1965 au 31/03/1966 52
Uchuu Shônen Soran
宇宙少年ソラン
TCJ Kazuya Fukumoto,
Yoshikatsu Miyakoshi
04/05/1965 au 28/03/1967 96
Uchû Ace
宇宙エース
Tatsunoko Production Tatsuo Yoshida,
Hiroshi Sasagawa
08/05/1965 au 28/04/1966 52
Kaitô Pride
怪盗プライド
TV Dôga Kazuhiko Okabe 31/05/1965 au 14/11/1965 105
Yûsei Shônen Papii
遊星少年パピイ
TCJ Shôichirô Yoshikura,
Hideoki Inoue
03/06/1965 au 27/05/1966 52
Wonder 3
W3
Mushi Pro Osamu Tezuka,
Taku Sugiyama
06/06/1965 au 27/06/1966 52
Obake no Q-Tarô
オバケのQ太郎
Tôkyô Movie Fujio Fujiko,
Masaaki Ôsumi
29/08/1965 au 28/06/1967 96
Jungle Taitei
ジャングル大帝
Mushi Pro Osamu Tezuka,
Yamamoto Eiichi
06/10/1965 au 28/09/1966 52
Hustle Punch
ハッスルパンチ
Tôei Dôga Yasuji Mori 01/11/1965 au 25/04/1966 26
Tatakae! Osper
戦え!オスパー
Nihon Hôsô Eiga Kôichi Yamano,
Takashi Ina
14/12/1965 au 31/10/1967 52

Tableau des séries diffusées en 1965

 

Une petite histoire de la couleur à la télévision japonaise

De nos jours, nous ne concevons plus vraiment un film ou une série d'animation sans ses couleurs. Ainsi même dans la cinématographie en général, l'utilisation du noir et blanc relève maintenant d'un choix esthétique, si ce n'est pour situer une scène dans le passé. Et il en va de même dans l'animation actuelle.

Qu'en est-il de la couleur à la télévision japonaise ? Et plus particulièrement dans l'histoire des séries d'animation ?

Dans l'article de l'année 1963, nous vous parlions déjà d'un essai colorisé, appelé Mogura no Adventure, diffusé en 1958. Sauf que les premiers postes de télévision couleur japonais étaient vendus à partir de juillet 1960. Du coup, pratiquement personne n'a pu voir ce test, si ce n'est en noir et blanc, à l'exception des foyers ayant importé une télévision de cette capacité, et que l'antenne fut suffisamment importante pour recevoir le dit programme. Mais il était tout à fait possible de produire des programmes en couleurs.
Dès novembre 1962, NHK Educational TV diffuse Ginza no Sanzoku (Le bandit de Ginza), un programme mêlant à la fois prises de vue réelles et animation.

 

Ginza no Sanzoku

Tôkyô no Sanzoku, remake de Ginza no Sanzoku



Toujours dans ce même article sur l'année 1963, nous parlions également séries types théâtres de marionnettes avec Pinocchio no Bôken et Ciscorn Ôji, diffusées respectivement en octobre et en décembre. Etant réalisées à la manière d'une animation en stop-motion, il est évident qu'elles étaient à l'origine en couleurs. Cependant, les journaux de cette époque n'en témoignaient que comme des productions en noir et blanc, probablement à cause du nombre encore peu élevé des postes de télévision couleur dans les foyers.

Un an plus tard, c'est au tour de l'épisode 56 de Tetsuwan Atom. Bien qu'il fut produit en couleurs, ce dernier fut finalement diffusé en noir et blanc. Cependant, l'épisode dans sa version colorisée est réutilisé avec les épisodes 46 et 71 pour le film Uchû no Yûsha. Il en a été de même avec le premier épisode de Shônen Ninja Kaze no Fujimaru.

Après bien des essais, ce n'est qu'en 1965 avec Jungle Taitei, le célèbre Roi Léo de Osamu Tezuka, que les séries d'animation colorisées prennent leur envol. La série est même sponsorisée par les industries électriques Sanyô, qui cherchaient à démocratiser les postes de télévision couleur. Afin de produire cette série, le studio Mushi Pro a détaché une équipe provenant de celle de Tetsuwan Atom. La réalisation est alors prise en charge par Yamamoto Eiichi, qui agissait indépendamment du contrôle assuré par Tezuka, ce qui n'était pas pour autant une mauvaise chose, puisque la série est rapidement devenue une production expérimentale novatrice. Par ailleurs, Shingo Araki (UFO Robot Grendizer/Goldorak, Versailles no Bara/Lady Oscar, Saint Seiya/Les chevaliers du zodiaque) fera ses débuts d'intervalliste sur cette série.

 

Générique d'ouverture et de fin de Jungle Taitei

 

Première partie du XXè siècle, dans un bâteau se dirigeant vers l'Europe, nait un lionceau Leo, fils posthume de Panja l'Empereur de la Jungle. Après le naufrage du navire, Leo réussit à rejoindre la jungle où il récupère la place de souverain de son père. Un jour, le jeune hériter rencontre Ken'ichi et sous l'influence de l'humain, Leo décide de réformer la terrible et si imparfaite loi de la jungle.

Cependant la réalité fut tout autre. À l'instar de Tetsuwan Atom, détenant le titre de première série à défaut de Mittsu no Hanashi, Jungle Taitei détient le titre de première série colorisée à la place de Dolphin Ôji. En effet, Dolphin Ôji fut diffusé à partir du 4 avril 1965, soit 6 mois avant Jungle Taitei, mais ne dura seulement trois semaines. La « série » n'est alors considérée que comme un essai. La série fut produite par TV Dôga, un studio créé en 1963 par la chaîne Fuji TV et le producteur de spot publicitaire Tôkyô Kôhei. À cette époque, il semblerait qu'une série devait durer au minimum un an pour être une réussite. Cela n'empêchera pas Dolphin Ôji d'obtenir une nouvelle version en 1966, intitulée Ganbare! Marin Kid, puis une suite à succés en 1969 avec Kaitei Shônen Kid. Mais nous y reviendrons plus tard.

 

L'affaire Wonder 3

Parmi les autres productions de l'année 1965, nous avons W3 (Wonder 3), produite par Mushi Pro sur une histoire originale de science-fiction créée par Osamu Tezuka. Par la suite, Tezuka publie la version manga en 3 volumes.

Bokko un lapin, Bukko un cheval et Nokko un canard sont en fait des couvertures pour des agents extra-terrestres envoyés sur Terre pour déterminer si cette planète doit être détruite ou non pour le bien de l'univers. Ils deviennent ami avec Shin'ichi Hoshi dont le frère Kô'ichi appartient à une agence anti-ciminalité nommée Phoenix. Les deux frères arrivent à persuader les 3 animaux qu'ils peuvent faire mieux qu'observer les problèmes : améliorer la vie en combattant les maux.

 

W3 - Wonder 3

W3 - Wonder 3

 

Les deux versions n'ont d'ailleurs pas la même fin. Et pour cause, divers soucis sont survenus au sein du studio Mushi Pro lors de la production de la série. Lorsque le studio décidait de faire une nouvelle série, un autre studio avait déjà connaissance du projet. Tezuka avait des doutes à propos d'un espion au sein même du studio. C'était devenu un sujet de discussion entre les employés et il a été décidé d'en renvoyer quelques-uns.

Pour palier ce problème, Tezuka décide finalement de publier une version manga dans le Shônen Magazine, tout en continuant la production de la série. Malheureusement, après seulement 6 chapitres, la publication est interrompue et le manga doit passer dans un autre mangashi, le Shônen Sunday. Cette histoire est connue sous le nom de "Affaire W3". Les raisons de ce changement étaient notamment les circonstances au sein du studio Mushi Pro et les relations de deux agences publicitaires tels que le groupe Lotte, alors sponsor de la série W3 et le groupe Morinaga, sponsor de la série Uchû Shônen Soran. À la fin du tome 3 de W3, nous pouvons lire les excuses de Tezuka dûes aux troubles occasionnés avec Kôdansha. Les effets de cette affaire furent sans pareil. Les publications des manga 8-Man de Hirai Kazumasa, et Haris no Kaze de Tetsuya Chiba furent interrompues pendant un long moment. L'éditeur en chef de Shônen Magazine dû démisionner, et même si Tezuka proposait une histoire courte, Kôdansha la refusait. Aucun manga de Tezuka ne paraîtra dans le Magazine pendant 9 ans, poussant ce dernier à s'aventurer dans le monde du gekiga (bande-dessinée à caractère dramatique, à ne pas confondre avec le manga, même si elle s'y apparente dans la forme).

 

Tatsunoko Pro lance Uchû Ace !

À partir du mois de mai, c'est au tour de la série Uchû Ace, première série du studio Tatsunoko, d'être diffusée. Le slogan autour de cette série à cette époque était : "Un rêve à destination des enfants du monde entier". Uchû Ace était à l'origine un manga de Ippei Kuri, publié dans le Shônen Book de la Shûeisha. Ippei Kuri était en fait le nom de plume qu'utilisait Toyoharu Yoshida pour signer l'ensemble des images originales réalisées pour le studio.

 

Générique d'ouverture de Uchû Ace

 

Le Dr. Tatsunoko et sa fille Asari vont étudier la radiation sous la mer et découvrent un coquillage géant qui en serait la cause. A l'intérieur, ils découvrent un message stipulant que la planète Parlum serait au bord de l'extinction et que Ace, un survivant, a été envoyé avec ce message. Tout à coup, la perle se craquelle et un jeune homme en sort : c'est lui Ace, et avec ses supers pouvoirs, il pourra protéger la terre contre les envahisseurs, à l'aide de ses amis Asari, Ibo le robot chien et Yadokari le journaliste.

Le studio Tatsunoko a été créé en 1962 par Tatsuo, Kenji et Toyoharu Yoshida, trois frères mangaka bien décidés à poser leur empreinte dans le monde de l'animation.

 

Les frères Yoshida de Tatsunoko Production

De gauche à droite, Ippei Kuri, Tatsuo Yoshida et Kenji Yoshida

 

Au début, Uchû Ace était censé être la troisième production de la Tôei. Le studio Tatsunoko avait prévu de sponsoriser l'oeuvre originale, et de ne participer qu'à une partie du projet en sous-traitance. Cependant la production fut interrompue à cause de problèmes de droit. Cette histoire a finalement incité les frères Yoshida à franchir une nouvelle étape dans la formation de leur studio en produisant leur propre série. Pour réaliser Uchû Ace, Tatsuo Yoshida engage Hiroshi Sasagawa, en sachant qu'il a été formé au studio Tôei, sans compter son passé de premier assistant de Osamu Tezuka. Il avait également dessiné les storyboards de 2 épisodes de Tetsuwan Atom.

Au bout du compte, Tôei Douga produit de son coté Uchû Patrol Hopper pour remplacer le projet Uchû Ace.

À la même période, le studio TCJ produit trois séries : Mirai kara kita Shônen Super Jetter, Uchû Shônen Soran et Yûsei Shônen Papii, en faisant participer des jeunes auteurs de science-fiction à l'écriture des scénarios. Chacune de ses séries avait dès le début de sa production, un début et une fin. Avec Tetsuwan Atom comme chef de file, ce n'est que durant cette année 1965 que débute véritablement le boom des séries de science-fiction avec des jeunes héros.

 

Super Jetter ; Soran ; Papii

Super Jetter, Soran et Papii

 

Comme vous pouvez le constater, à partir de 1965 nous ne faisons plus dans l'exhaustivité, les séries étant de plus en plus nombreuses, il nous faut dès maintenant placer une limite. Les séries ne sont pas choisies en fonction de leurs appréciations, mais en fonction de ce qu'elles ont à raconter comme informations et anecdotes, et toujours selon les articles sur le site de Anime Style.

 

Article précédent : 1964 : Des nouveaux studios entrent en scène
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Sources :

http://animestyle.jp/2012/06/18/322/
http://ja.wikipedia.org/wiki/W3事件
http://www.tatsunoko.co.jp/works/archive/space_ace.html
http://mcsammy.fc2web.com/TokyonoSanzoku/toukyounosannzoku.html
http://letsanime.blogspot.fr/2008/04/here-comes-prince-planet.html
http://goldenani.blogspot.fr/2013/01/1965-year-of-anime-firsts.html
Ouvrage de Tatsunoko Pro. Exhibition
Tome 3 de Wonder 3


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